« Fleur de lin », préservation du patrimoine et ouverture sur le monde

Publié: 19 novembre 2012 dans Portraits, Urbanisme - rénovation - patrimoine
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A Vellereille-Les-Brayeux, une maison de maître datant du début du siècle dernier trône fièrement sur une crête dominant la région du Centre. Nous sommes au numéro 2 de la rue du Chêneau, un endroit de grande classe que les propriétaires ont voulu partager en ouvrant, il y a deux ans, des chambres d’hôtes et un gîte. Ce genre d’infrastructure n’est pas encore très répandu dans cette région qui dispose pourtant d’indéniables atouts touristiques, folkloriques et patrimoniaux, à quelques kilomètres à la ronde. Mons et La Louvière sont à 15 km, la Thudinie à 10 km, Charleroi à peine plus loin et Binche à 3 km seulement. Et quelques mètres suffisent pour accéder – entre autres grâce au Ravel aménagé sur l’ancienne ligne de chemin de fer Binche-Erquelinnes – aux espaces naturels ; prairies, bois, sentiers et étangs.   

 

Le Bed & Breakfast « Fleur de lin » 4 épis, annoncé sur les grilles d’entrée laisse augurer un accueil chaleureux dans cette vaste propriété, ceinturée d’un parc très soigné. On comprend d’emblée que les maîtres des lieux, Marie-Odile et Vincent Cortembos, ont la main verte, le souci de l’esthétique et qu’ils cultivent leur futur sur les racines du passé. Le sapin du Caucase, plus que centenaire, qui surplombe les lieux, est le témoin bien vaillant de leur attachement à l’historique des bâtiments et à l’activité industrielle qui s’y développa jusqu’en 1935. Des rails encore bien visibles entre la route et une grange symbolisent parfaitement l’état d’esprit respectueux du patrimoine. « Nous avons tenu à conserver ces vestiges car ils illustrent très bien la vie qui régnait ici au début du siècle dernier », nous dit Vincent. « Nous sommes situés juste à côté de l’ancienne gare de Vellereille – Bonne espérance et notre propriété était le siège d’un marchand de lin. Il recevait et réexpédiait du lin par wagons grâce à l’embranchement qui se trouvait en face de notre entrée. Notre volonté de valoriser le patrimoine du site ne s’arrête pas là. Il y avait, un peu plus loin dans la rue, une verrerie ( la verrerie opale de Binche) spécialisée dans les verres colorés. Nous avons, dans notre cuisine, un mur entièrement bardé de ces verres et  je pense que ça doit être assez rare ».

  

 

Projet de famille

« Fleur de lin » dispose de deux chambres d’hôtes pouvant accueillir six personnes. Marie-Odile nous entraîne dans la visite. «  Nous sommes ici dans la plus grande chambre, la chambre Odile-Marie. Elle est idéale pour un couple avec enfants car elle comporte un coin salon et une petite chambre séparée. La deuxième chambre, la Cheminée, est plus petite et décorée avec d’autres tons. Mais quel que soit le choix, nous avons mis un point d’honneur à équiper nos chambres d’une excellente literie et d’une salle de bain confortable, comprenant une grande douche, une grande baignoire et tout l’équipement sanitaire nécessaire ».

La maison dispose aussi d’un gîte indépendant. Il s’agit de l’ancienne petite maison du contremaître, du temps de l’activité industrielle. Il permet d’accueillir 4 personnes qui peuvent profiter d’une cuisine, d’un salon, d’une terrasse extérieure, d’un jardinet et de deux chambres en mezzanine. Les prix d’hébergement vont de 105 € à 210 € la nuit, en fonction des chambres et du nombre d’hôtes. Le gîte, de 1 à 4 personnes, coûte 130 € la nuit.  

 A table !

Marie-Odile est végétarienne, ce qui ne l’empêche nullement de cuisiner des plats à base de viande en fonction des saisons (le faisan en période de chasse par exemple) et des desiderata des hôtes. « Nous faisons table d’hôtes, sur réservation et occasionnellement car nous ne souhaitons pas faire concurrence aux restaurants du coin. Quand nous organisons un repas, toute la famille s’y met. Je suis personnellement en cuisine, Vincent alimente … les conversations et se charge des bons vins. Les filles quant à elles, Coraline et Maureen, aident au service. Mais, chez nous, l’accent est surtout mis sur les petits-déjeuners. Je fais tout pour que le premier repas de la journée soit exceptionnel et inoubliable. Et lorsque les hôtes restent plusieurs jours, je sers des choses différentes ». Salé, sucré, pains de toutes sortes, confiture, chocolat, laitage, fruits et jus divers (dont un jus de pomme maison !), on peut vous certifier pour l’avoir vécu qu’il est impossible de ne pas être comblé par la table de Marie-Odile, aussi harmonieuse que bien achalandée.   

A pied, à vélo, … en Segway

Pour satisfaire la curiosité de leurs hôtes, Vincent et Marie-Odile organisent diverses sorties dans la région et peuvent faire appel, pour les amateurs de randonnées, à Brigitte Durand, une amie guide-nature. Ils proposent aussi la location de vélos et, plus original, de Segway. « Oui, nous proposons l’activité Segway, avec nos chambres. L’initiation est gratuite et l’apprentissage s’effectue rapidement. On peut pratiquer cette activité dès 14 ans et nous organisons d’habitude deux balades. Une d’une demi-heure autour de l’Abbaye de Bonne-Espérance et une autre, d’une heure, toujours avec un guide, jusque Binche et ses remparts. En fonction de la configuration des engins (bloqués à 6 km/h, ou pas) vous êtes considérés soit comme des piétons et vous pouvez donc aller sur les trottoirs, soit comme des cyclistes et, dans ce cas, vous devez porter un gilet fluorescent et un casque, circuler sur les voiries et respecter le code de la route ».   

 

État d’esprit  

Confronté, comme beaucoup, au stress de son métier de négociant en produits pétroliers, Vincent avait imaginé, dans un premier temps, concrétiser un projet de chambres d’hôtes dans le sud de la France, ou ailleurs au soleil, au moment de la retraite. Originaire d’Estinnes et convaincu par les potentialités d’une région qu’il affectionne particulièrement, il a finalement opté, en parfaite concertation familiale, pour l’implantation actuelle. La famille ne regrette nullement ce choix et envisage même de développer son offre, en aménageant, à moyen terme, l’espace de l’ancienne grange. Après deux ans de fonctionnement, « Fleur de lin » est une « success story », au-delà de l’aspect purement financier. Marie-Odile et Vincent confirment, en chœur, que l’épanouissement personnel récompense les efforts consentis pour créer et gérer au quotidien leur établissement d’accueil. « Etre gestionnaire de chambres d’hôtes, c’est d’abord avoir un état d’esprit ouvert sur les autres et sur le monde. A cet égard, nous sommes comblés puisque notre courte expérience nous a mis sur le chemin aussi bien de gens du cru que de voyageurs lointains. Que l’on accueille des montois, en séjour de noce, ou des argentins en visite en Europe, les contacts sont toujours chaleureux et enrichissants. Nous restons d’ailleurs en rapport avec nos hôtes, par mails ou courriers, et nous avons déjà des visiteurs fidèles, devenus de vrais amis. Nous donnons beaucoup pour notre projet mais c’est une belle expérience, de beaux échanges sans cesse renouvelés ».      

                                                                                                                 Michel Bellefontaine  

Crédit photos: Fleur de lin

Renseignements : www.fleurdelin.be

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