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Caroline Decamps, nouvelle directrice générale de l’IDEA, en fonction depuis 2 mois, est l’interlocutrice privilégiée de Centre Capital. Consciente de l’importance des PME/TPE dans l’économie de sa zone de compétence, elle a souhaité que l’Intercommunale de Développement Economique et d’Aménagement du territoire s’affilie au Business Club afin d’appréhender au mieux les réalités de terrain. L’IDEA est la pièce maîtresse, avec d’autres partenaires, du Plan Stratégique Local visant à renforcer l’identité du bassin de vie « Cœur du Hainaut, centre d’énergies ». Si le concept n’a pas encore vraiment percolé auprès du grand public, il est désormais bien ancré dans la réalité politique, économique et sociale des régions Mons, Borinage et Centre, correspondant parfaitement à la zone couverte par l’IDEA.

Caroline Decamps et Patrice Thiry face aux PME de Centre Capital.

Caroline Decamps et Patrice Thiry face aux PME de Centre Capital.

Centre Capital. L’un des « core-business » de l’IDEA, c’est de créer et de développer des Zones d’Activité Economique (ZAE). Cet axe de votre travail est-il plus intense maintenant qu’auparavant ?

Caroline Decamps. Il est vrai que plusieurs de ces zones ont été inaugurées récemment dans le Centre et que des projets sont en cours de réalisation. Mais cela ne signifie pas que nous étions passifs dans ce domaine. Vous devez savoir que les projets d’Aménagement du territoire prennent énormément de temps avant d’être visibles sur le terrain. Pour sortir une ZAE de terre, il faut environ 10 ou 15 ans. Nous venons d’inaugurer Strépy Sud et Soignies/Braine-le-Comte dont les premières ébauches remontent à l’année 2.000. Il est donc primordial pour nous de réfléchir notre politique à moyen, voire à long terme. Le site sur lequel on se trouve, à l’arrière du LouvExpo, à La Louvière est la concrétisation d’une réflexion relativement neuve de la Wallonie et qui consiste à développer de nouveaux quartiers, dans les villes en y intégrant des entreprises. Ce site – qui accueillait jadis une boulonnerie – a été assaini par la SPAQUE, puis aménagé par nos soins en micro-zone urbaine. Il est un lieu d’implantation idéal pour La Maison de l’Entreprise qui est notre incubateur de PME/TPE.

C.C. Qu’en est-il de la commercialisation de la ZAE de Strépy ?

C.D. Elle vient juste de débuter et je pense que nous sommes armés pour affronter l’avenir avec sérénité. Cette zone fait 40 ha et les entreprises qui s’y implanteront devraient fournir de l’emploi à quelque 800 personnes. Elle a aussi bénéficié d’une grande attention au niveau environnemental et de la qualité des eaux. L’IDEA est en effet également un organisme agréé pour l’assainissement des eaux résiduelles urbaines. Strépy Sud devrait donc séduire les PME. D’une manière générale, on peut dire que l’IDEA accueille, sur les 3.600 ha de ses 52 ZAE, un total de 900 entreprises représentant environ 22.000 emplois. 50% des PME/TPE sont issues du tissu local et l’autre moitié est d’origine étrangère.

C.C. L’actualité louviéroise nous amène justement à évoquer les investisseurs étrangers. Une délégation de japonais a été reçue récemment par la ville de La Louvière et ses partenaires économiques dont l’IDEA et l’AWEX. Quel est le contexte de cette visite et peut-elle déboucher sur un intérêt concret ?

C.D. Les premiers contacts de l’intercommunale avec les japonais remontent à quelques années avec une mission organisée là-bas, en présence de mon prédécesseur, Jean-François Escarmelle. Cela avait permis d’accueillir chez nous une première entreprise nipponne. C’était NGK à Ghlin Baudour. Nous avons remarqué que le fait d’avoir une nationalité dans une ZAE crée des émules. Faire des visites où l’on rencontre des compatriotes partageant la même langue, les mêmes attentes et les mêmes valeurs ne peut être que positif. C’est ce même niveau relationnel que nous avons voulu retrouver, avec les services de la ville, emmenés par le bourgmestre Jacques Gobert et par l’échevin du développement économique, Olivier Destrebecq. Ce dernier, avec sa casquette de Député fédéral, avait au préalable invité l’Ambassadeur du Japon au carnaval. Le contact était établi et il s’est prolongé par une journée de travail avec une dizaine d’investisseurs potentiels qui ont visité, notamment, JTEKT TORSEN, une entreprise japonaise du zoning de Strépy. Les japonais occupent le troisième position (8%) en termes de nationalités des investisseurs étrangers sur les ZAE de l’IDEA, juste derrière les français et les américains (10%). Il n’est donc pas insensé de croire à une suite positive de ces visites. Dans le cas présent, l’initiative émane de l’une de nos communes associées mais, en général c’est l’OFI (Office of Foreign Investors) qui intervient en amont et qui sollicite ensuite les intercommunales pour des propositions de terrains.

C.C. On peut imaginer quand même une certaine concurrence sous-régionaliste lorsqu’il s’agit d’attirer chez soi des investisseurs. A-t-on des atouts qui peuvent faire la différence ?

C.D. Je pense réellement que oui. Nous sommes par exemple les seuls en Wallonie à pouvoir proposer des terrains de plusieurs ha d’un seul tenant. Les PME en général demandent de 30 à 60 ares. Pour les plus grandes entreprises, cela peut aller de 3 ha à beaucoup plus. Google nous a acheté 90 ha ! Nous sommes également très attractifs en Wallonie pour les entreprises qui ont des besoins importants en eau. On ne le sait pas assez dans le monde des PME mais l’IDEA est aussi producteur-distributeur d’eau, uniquement à l’intention des industriels. Nous avons nos propres puits de captage, nos châteaux d’eau et notre réseau de distribution. Notre prix de vente est très compétitif par rapport à la Société Wallonne de Distribution d’Eau (SWDE). Notre objectif n’est pas de faire de rentabilité à tout crin sur la commercialisation de l’eau ou des terrains mais d’offrir des conditions attractives pour que les industries et PME s’installent ici.

C.C. Restons-en donc aux PME auxquelles vous proposez plusieurs services.

C.D. En effet, nous avons par exemple une cellule Infos PME qui aide les entreprises dans l’élaboration de leur business plan et dans la préparation de leur dossier de demande d’aide auprès du Gouvernement wallon (aide à l’investissement, à la formation, à l’emploi, à l’intégration des TIC, …). Cette cellule est intégrée à LME dont les missions sont détaillées par ailleurs et avec qui nous travaillons en totale complémentarité. Un autre exemple de cohésion dans l’action est celui de nos halls relais. Dès qu’une entreprise a quelque peu grandi au sein de l’incubateur LME, nous intervenons en lui proposant d’intégrer l’un de nos 18 halls relais. Nous y proposons des espaces bureaux locatifs mais également des espaces de productions pouvant accueillir des ateliers. Une PME peut y rester maximum 7 ans, avec des prix de location au m² très intéressants. Cette aide lui permet d’arriver à maturité et d’acquérir ensuite un terrain constructible pour son propre bâtiment.

C.C. Un autre gros dossier de ZAE vous occupe dans le Centre, celui du Gibet, à Manage.

C.D. Oui nous préparons là-bas une ZAE de 90 ha qui devrait être opérationnelle dans 2 ou 3 ans. Ce dossier est traité en étroite collaboration avec le PACO car la zone jouxte la voie d’eau. Le Gibet sera dédicacé aux secteurs de l’agroalimentaire et de l’éco-construction. Nous avons aussi l’idée d’y implanter une antenne du FOREM (synergie concertée), afin d’y spécialiser la main-d’œuvre. Nous pourrons ainsi proposer aux entreprises à la fois des terrains et le personnel adapté à leurs besoins.

C.C. Quel est le positionnement de l’IDEA au moment où l’Union Européenne s’apprête à voter sa programmation pluriannuelle 2014-2020 ?

C.D. Le Hainaut (et en particulier la zone couverte par l’IDEA) a bénéficié depuis 1994  des aides du FEDER; Objectif 1, Phasing out, Convergence. En principe, c’est maintenant l’ensemble de la Wallonie qui sera reconnue comme zone de transition en Europe. Concrètement, nous aurons moins d’aides, moins de primes à l’investissement qui nous permettaient de faire la différence. Notre espoir est de continuer à être attractif avec d’autres éléments, comme ceux cités plus haut. Au niveau du positionnement stratégique, je plaide depuis ma prise de fonction pour que nous allions au-delà des simples fiches-projets à remettre au Gouvernement. De plus en plus, l’Europe met l’accent sur des projets qui font partie d’un portefeuille et, in fine, d’un projet de territoire concerté. Avec notre diagnostic et nos actions « cœur du Hainaut », nous sommes sur la bonne voie. J’ai voulu regrouper l’ensemble des communes associées et les entreprises pour les aider à rédiger leurs projets et voir où sont les synergies possibles et cohérentes. Nous travaillons vraiment de manière complémentaire et ce sera, je n’en doute pas, la clé du succès.

C.C. Une question marrante mais non dénuée d’intérêt pour conclure. Avec son futur zoning géothermique, l’IDEA vient-elle de réinventer l’eau chaude ?

C.D. La question est amusante en effet et elle me permet d’aborder « Géothermia » qui est la zone d’activité économique située à Mons en bordure de l’autoroute E42. Il y a presque 30 ans, la Région wallonne a fait dans cette région de la prospection pétrolière, en forant 2 puits dans le borinage et 1 à Mons. Ils n’ont pas trouvé de pétrole mais de l’eau chaude. Sur cette base, l’IDEA a pris la balle au bond et a développé un réseau de chauffage urbain qui alimente aujourd’hui 300 logements, plusieurs écoles, 1 gare, 2 hôpitaux, 1 centre sportif, 1 piscine, … L’un des puits, celui de Ghlin, n’était pas exploité. Nous avons donc décidé d’équiper 40 ha de terrains à proximité de ce puits et de les raccorder à la géothermie. Cela nous permet de proposer aux entreprises un moyen efficace de faire face aux défis énergétiques. Donc, on ne réinvente pas l’eau chaude puisqu’on la gère depuis 30 ans, mais on la réinvente un peu quand même, au service des entreprises. Il n’y a pas encore eu d’annonce officielle mais je peux vous dire aujourd’hui que nous avons notre premier client pour cette ZAE. Il est … japonais et il s’agit d’AW Europe.

                                                                                         Propos recueillis par Michel Bellefontaine

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    IDEA, proche des PME | Une brique dans le Centre

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