La réforme des pensions

Publié: 20 avril 2015 dans Business club Centre Capital
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L’invité de cette réunion du 24 mars est Daniel Bacquelaine, ministre fédéral des Pensions. Il est liégeois, vit à Beaufays, dans l’entité de Chaudfontaine dont il est bourgmestre en titre, depuis 1992. Depuis son entrée au gouvernement, il a délégué l’échevin Laurent Burton aux fonctions de bourgmestre. Il est médecin de formation, spécialiste en Mésothérapie ! 
Député fédéral depuis 1994, il a été chef de groupe MR à La Chambre et il est également le président de la fédération liégeoise du MR, depuis 2008.

Le ministre est accueilli par le député-bourgmestre Laurent Devin

Le ministre est accueilli par le député-bourgmestre Laurent Devin

L'occasion pour les membres de Centre Capital de découvrir le nouvel Office du Tourisme de Binche et les locaux de la Maison des Associations.

L’occasion pour les membres de Centre Capital de découvrir le nouvel Office du Tourisme de Binche et les locaux de la Maison des Associations.

Depuis 6 mois, Daniel Bacquelaine a intégré le gouvernement Michel 1er en qualité de ministre des Pensions. Il aura 63 ans en octobre prochain, ce qui signifie qu’il n’a pas encore atteint l’âge légal … de la retraite !

La pension, il nous en parle. Ou plutôt la réforme des pensions qui vient d’être engagée et qui est absolument indispensable. Il nous le précise par quelques chiffres mais aussi par une intéressante métaphore ! « Quand je présente la réforme des Pensions, avec un Power Point, je montre deux photos. La première, c’est celle de quelqu’un qui a 57 ans, au 20 ème siècle. J’ai choisi le personnage emblématique de Marie Curie. La deuxième photo est celle de quelqu’un qui a 57 en 2015, donc au 21ème siècle. C’est Sharon Stone. Je montre donc Marie Curie à 57 ans et je montre Sharon Stone à 57 ans. Puis, je demande à l’assemblée : selon vous, qui est la plus radioactive des deux ? Cette introduction permet de relativiser l’âge et surtout la capacité que l’on a d’être actif aujourd’hui plus longtemps que par le passé. » (*)

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Le ministre Bacquelaine développe ensuite les raisons d’être de la réforme et les grands axes de celle-ci. Voici les grandes lignes du contenu de son intervention.

La réforme est indispensable

La problématique des pensions intéresse chacun d’entre nous car nous y serons tous, un jour ou l’autre, confrontés. Le citoyen attend de son gouvernement qu’il lui assure un revenu de subsistance après s’être retiré du marché du travail. Tout pays doit faire face à cette interrogation, en la replaçant dans l’environnement plus large d’une politique de l’emploi proactive.
Le système des retraites connaît de nombreuses réformes dans toute l’Europe où l’âge légal est repoussé, généralement à 67 ans. Si la Belgique s’inscrit dans ce mouvement, il faut noter son important retard en ce qui concerne l’âge réel moyen de sortie du marché du travail (environ 59 ans) par rapport à la moyenne européenne (environ 64 ans).

Le diagnostic est chiffré

Une réforme du système des retraites est rendue indispensable par l’addition de divers facteurs :
L’allongement de l’espérance de vie entraîne dans son sillage une augmentation spectaculaire du budget pension. En 2006, il était de 25 milliards ; il a désormais franchi le cap des 41 milliards d’euros (2015).
L’arrivée à la retraite de la génération « papy-boom » accentue cette pression financière.
Dans le contexte socio-économique contraint qu’est le nôtre, la tendance se confirme que de moins en moins de travailleurs pourront financer la retraite de leurs aînés. En 2014, on recense 3,38 cotisants pour un retraité ; l’évolution démographique implique qu’ils ne devraient plus être que 2,04 cotisants pour un retraité à l’horizon 2060.

Le président, Olivier Destrebecq souhaite la bienvenue à Laura Ballez qui représente la société AVOMARC, coopérative d'activités.

Le président, Olivier Destrebecq, souhaite la bienvenue à Laura Ballez qui représente la société AVOMARC, coopérative d’activités.

La réforme et de ses modalités

Dans le strict respect de la concertation sociale, la réforme des pensions menée par le gouvernement doit se comprendre à l’aulne de 4 axes :
1. L’exigence de liberté a imposé le déplafonnement du montant des revenus liés à une activité professionnelle pour une personne ayant fait le choix de travailler après avoir dépassé l’âge légal. Désormais, et à côté de sa retraite, chacun peut travailler et percevoir un salaire qui ne saurait être limité. A côté de cette mesure, le gouvernement a proposé une pension à temps partiel, permettant un départ progressif vers la retraite du travailleur. Ce dernier peut ainsi mettre son expérience au service de la formation des jeunes à un coût de travail moindre, le tout au bénéfice de l’employeur.
2. Le gouvernement a souhaité une réforme qui soit également équitable. Ceci passe par la reconnaissance de fonctions lourdes et de carrières longues, permettant au travailleur de jouir d’un régime dérogatoire privilégié. L’équité tend aussi à une revalorisation de la pension minimale, grâce notamment au budget important contenu dans l’ « enveloppe bien-être » pour les années 2015 et 2016 (497,2 millions d’euros). Enfin, une attention particulière sera portée à l’harmonisation des statuts entre les indépendants et les salariés (exemple de la suppression de la bonification pour diplôme).
3. La réforme sera aussi responsable. Selon l’OCDE, le relèvement généralisé de l’âge légal de la retraite (pension anticipée – carrière longue – pension « classique ») permettra d’améliorer la viabilité de la dette à long terme. Une pension dite « mixte » sera mise en place pour permettre un panachage de la pension entre une carrière privée et publique. En outre, l’encouragement au recours des 2ème (pension complémentaire) et 3ème (épargne-pension, épargne à long-terme) piliers sera renforcé.
4. Enfin, la modernisation du système des retraites induit une meilleure lisibilité pour les travailleurs. Dans un premier temps, ces derniers pourront s’appuyer sur le site mypension.be qui permettra à son utilisateur de calculer le montant de pension perçu à un moment donné. Pour l’avenir, il sera mis en place une pension dite « à points ». Concrètement, le cumul des années de carrière permettront au travailleur d’augmenter son nombre de points, correspondant à la valorisation de l’effort consenti dans une logique de responsabilité individuelle. La valeur du point quant à elle dépendra de la conjoncture socio-économique.

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Le point sur la concrétisation de la réforme

Certaines mesures de la réforme ont d’ores et déjà été mises en œuvre :
– Travail autorisé après 65 ans sans limite de revenus
– Suppression du bonus pension
– Revalorisation de la pension minimum
– Suppression progressive de la bonification pour diplôme
– Calcul pension minimum (52 jours/an)
– Mise en place du Comité National des Pensions
– Suppression du complément de pension pour les travailleurs frontaliers

D’autres dispositions restent à réaliser, entre autres :
– Augmentation de l’âge légal
– Pension à temps partiel
– Pension anticipée : adaptation durée de carrière
– Réforme pour les contractuels des pouvoirs locaux
– Définition des critères relatifs aux fonctions lourdes et pénibles
– Adaptation de l’âge légal et de la durée de carrière
– Généralisation du 2ème pilier de pension
– Pension à points
– Cumul autorisé entre la pension pour inaptitude physique et allocation de remplacement
– Réforme pension de survie : relèvement de l’âge minimum

Le ministre Bacquelaine incarne la réforme

Après une logique période de rodage et d’appréhension de la matière, Daniel Bacquelaine est entré de plain-pied dans ses compétences. Son flegme et son humour « so british  » sont des atouts de communication dont il se sert pour expliquer … et convaincre !

« Quand Charles Michel m’a appelé, le 10 octobre dernier, pour me proposer la charge de ministre des Pensions, j’allais avoir 62 ans quelques jours plus tard. J’y ai rapidement vu un signe. On me demande de porter l’âge légal de la retraite, à 67 ans. Au terme de la législature, dans 5 ans, j’aurai justement 67 ans. Le compte est bon ! Je vais donc être l’exemple pratique du relèvement de l’âge de la pension légale. »

« Je dis ce que je fais et je fais ce que je dis » est en quelques sortes la devise que pourrait adopter Daniel Bacquelaine qui se dit également très intéressé par la matière dont il a la lourde charge. « Les Pensions, c’est bien sûr un dossier technique, statistique et hautement financier. Mais pas uniquement. C’est un domaine sociétal, voire même philosophique, car il se rapporte à beaucoup de notions comme le travail, le repos, les loisirs, l’implication dans la société, la solidarité, le sens de la vie, … Ce sont des dimensions d’ordre profondément humain. C’est pour moi un dossier très prenant. »

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Et le ministre de conclure.

« L’ensemble du dispositif doit permettre d’assurer la performance et la soutenabilité de notre sécurité sociale. Il nous faut pérenniser nos acquis sociaux à tout prix. Il s’agit d’assurer aux générations à venir la certitude d’une pension après avoir quitté le marché du travail. »

Renseignements, informations et calcul de sa future pension: http://www.mypension.be

(*) Les droits de diffusion des images de Sharon Stone étant inaccessibles à l’échelle de ce modeste blog – et même de Centre Capital – nous nous abstenons volontairement de toute reproduction. Pour Marie Curie, c’est autre chose mais comme les deux … font la paire !

                                                     Michel Bellefontaine (Photos: Michel Avaert)

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