Établissements ROGA. Trois générations de tailleurs de pierres

Publié: 12 janvier 2017 dans Portraits
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A Soignies, la pierre bleue est une fierté locale mais c’est aussi un vecteur économique qui fait vivre plusieurs familles. Il y a bien sûr les employés et ouvriers carriers mais également ceux qui travaillent en aval de l’extraction. Quelques sociétés de découpes et de finitions se trouvent à l’entrée de la ville, en venant du Roeulx. Parmi elles, les établissements ROGA. Trois personnes d’une même famille s’y partagent le boulot et perpétuent l’entreprise fondée par le grand-père de notre interlocuteur, David DELHALLE.

« ROGA, nous dit-il, c’est la contraction des prénoms Roger et Gabrielle. Mon grand-père a fondé la société à Gembloux puis est venu l’installer ici pour être plus proche des carrières de pierres bleues. Mon père, André, et son frère, Michel, l’ont rejoint ensuite et ils travaillent toujours à mes côtés. Nous assumons tout le travail à trois, avec des statuts d’indépendants. Mon papa – qui travaille à mi-temps – va avoir 68 ans, mon oncle en a 63 et moi bientôt 44. Au sein de la TPE, nous sommes bien sûr polyvalents. Nous passons de la débiteuse au polissage et de la taille à la finition. »

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Matériau multi-usages

Les Ets ROGA traitent principalement la pierre bleue qu’ils achètent aux carrières de « La Pierre Bleue Belge ». L’un des sites d’exploitation est à quelques centaines de mètres de leur atelier. De temps à autres, pour des produits spécifiques, ils se fournissent aussi aux Carrières du Hainaut, l’autre grosse société d’extraction sonégienne. La pierre est surtout utilisée dans le domaine de la construction.

« Nos clients sont essentiellement des entrepreneurs qui emploient nos pierres dans le bâtiment. Du seuil de fenêtre au couvre-mur, de la cheminée décorative au bac de douche ou à l’évier de cuisine, les applications sont nombreuses, tant en décoration ou revêtements intérieurs qu’en dalles pour l’extérieur, dans les jardins. Cette évolution vers une utilisation accrue de la pierre bleue est relativement récente et on la doit aux machines numériques qui permettent, par exemple, de creuser dans la masse plus facilement. On savait déjà le faire auparavant mais ça prenait plus de temps et c’était donc plus coûteux. »

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Le talent des tailleurs n’est pas ailleurs !  

David s’est formé au métier, comme apprenti durant 3 ans puis comme stagiaire, à Namur et Wavre, pendant 2 autres années. Amoureux de la matière, il a ensuite fréquenté l’Académie d’Anderlecht, dans la section sculpture. Le métier de tailleur de pierre a, pour beaucoup, une connotation artistique et, tous les 2 ans, des œuvres remarquables sont sculptées, devant le public, lors du symposium de la pierre bleue, organisé à Soignies au moment du festival « Août en éclats ».

Cela étant dit, le travail des tailleurs au quotidien, en dehors du domaine artistique, n’est pas de tout repos, comme nous le confirme David. « C’est vrai que c’est un métier qui nécessite une bonne santé. Outre le poids de la pierre, nous sommes soumis aux conditions météo, que ce soit à l’extérieur ou dans l’atelier. Et puis, il y a la poussière, même si bien entendu nous disposons d’aspirateurs spéciaux, de masques, de gants et de casques. »

David aime son métier et il encourage des jeunes à se lancer car il y a du travail dans le secteur. « C’est un boulot qui est créatif et varié, tous les jours. On fait quelque chose de nos mains, avec un matériau qui est toujours différent. De plus, et c’est important, on gère une matière de chez nous, qui vient de notre sol et qui est mondialement reconnue. On fait un travail utile et valorisant. »

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Pierre à défendre

David DELHALLE est un « ambassadeur de la pierre naturelle » et il est fier de ce label qu’il promeut auprès de ses clients. « Notre pierre doit être défendue face aux pierres chinoises ou autres qui sont 2 fois moins chères. C’est un problème, mais nous insistons toujours sur le fait que ce ne sont pas des matériaux de même qualité. Les pierres importées se détériorent plus vite et, chez nous, de nombreux chantiers ont dû être refaits. »

A part cette concurrence étrangère, David ne se plaint pas trop de la conjoncture. « A notre niveau, nous restons très artisanal. Nous faisons beaucoup de travaux à la main ou avec de petites machines. Nous n’avons pas encore fait le pas vers une machine numérique car cela représente un coût trop important par rapport à notre marché. Pour l’instant, on s’en sort et notre chiffre d’affaires est globalement assez stable d’une année à l’autre. Notre souci pour le moment, ce sont les marges bénéficiaires car le prix de la pierre augmente chaque année et c’est très difficile pour nous, voire impossible, de répercuter cette hausse sur nos clients qui sont surtout des entrepreneurs. Nous en sortons car nous n’avons pas trop de charges mais je vais devoir envisager de prendre un ouvrier et là ce ne sera pas simple ! »

Faire carrière dans la pierre !

Entreprise de … taille modeste, ROGA devra donc prochainement embaucher pour assurer sa pérennité. David a déjà testé l’un ou l’autre apprenti mais sans réel succès jusqu’à présent. Il place désormais ses espoirs, pour lui comme pour l’ensemble du secteur, dans le Pôle de la Pierre qui vient d’ouvrir à quelques encablures de son atelier. « Ce centre qui regroupe les diverses formations aux métiers de la pierre est une bonne chose pour nous. Les stagiaires y seront très bien formés et, comme il n’y a pas énormément de candidats, les chances d’embauche à la sortie sont grandes. Les entreprises comme la nôtre ont besoin de main-d’œuvre qualifiée, les carrières aussi. »

En résumé, les professions liées à la pierre sont des beaux métiers dans lesquels il est toujours possible … de faire carrière !

                                                                                                Michel BELLEFONTAINE

Cet article a été publié dans le magazine économique de la Province de Hainaut, le « B 2 Hainaut », de janvier 2017.

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commentaires
  1. VERACX dit :

    Bonjour Bonne Année 2017 ! je recherche des bac de pierres bleues pour des fleurs à poser sur terrasses. VERACX ETIENNE 0472/788.244 veracx@belgacom.net

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