RAAL La Louvière. Nostalgique et innovant !

Publié: 21 septembre 2017 dans Business club Centre Capital
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En janvier dernier, Salvatore Curaba surprend beaucoup de monde lors d’une cérémonie de vœux organisée par la ville de La Louvière et destinée à booster l’image de celle-ci. Après avoir quelque peu bousculé les édiles en stigmatisant cette image qui reste, selon lui, peu valorisante à bien des égards, il annonce ce jour-là sa volonté de créer un nouveau club de football et d’atteindre la division 1 le plus rapidement possible. Neuf mois plus tard, le pari est tenu, la RAAL La Louvière existe et entame le championnat en D3 amateurs. La nostalgie est présente dans ce nouveau club, soutenu par d’anciens joueurs emblématiques comme Frédéric Tilmant, Dimitri Delière ou encore Christian Vavadio. Mais la comparaison avec le glorieux passé du matricule 93 s’arrête là. La RAAL, version Curaba, veut ouvrir une nouvelle voie au football régional.  

Entrepreneur

Jeune cinquantenaire, Salvatore Curaba se définit comme un entrepreneur et non comme un homme d’affaires ! Il a toujours vécu dans la région du Centre à laquelle il reste viscéralement attaché. Habitant de Saint-Vaast, il a vécu ses meilleurs moments de footballeur à la RAAL et au Sporting de Charleroi, sans avoir passé toutefois le cap du professionnalisme. « Quand j’étais joueur en D1, j’étais informaticien à Charleroi. A cette époque, l’équipe n’était pas professionnelle. On travaillait, puis on allait s’entraîner. A 25 ans j’ai dû faire un choix lorsque l’on m’a demandé de devenir pro. J’ai décidé de continuer ma carrière dans l’informatique, en passant dans le secteur de la vente puis en allant travailler à Bruxelles. J’ai continué à jouer jusqu’à 30 ans et j’ai aussi obtenu mon diplôme d’entraîneur. »

En parallèle, Salvatore Curaba gravit les échelons dans la société suédoise qui l’emploie. Mais, à 35 ans, son rôle de Sales Manager ne lui convient plus ! Il quitte l’entreprise pour fonder EASI (acronyme anglais), sa société active dans le secteur de l’informatique des entreprises (logiciel de comptabilité, entre autres). Aujourd’hui, il est très fier de son choix audacieux car EASI, dont le siège est implanté dans la zone d’activités économiques de Nivelles Nord, est devenu un fleuron national.

« EASI est une véritable success story et aujourd’hui, je ne participe plus à aucun comité de direction. Je laisse la main à mes directeurs-actionnaires et ils me consultent uniquement s’ils en éprouvent le besoin. »

EASI en quelques chiffres significatifs c’est ; 180 personnes, un chiffre d’affaires annuel d’environ 25 millions € pour une marge bénéficiaire de plus ou moins 4 millions €. 49 des 180 collaborateurs sont aussi actionnaires de l’entreprise qui a été désignée trois fois consécutivement « meilleur employeur de l’année ».

Le siège d’EASI, à Nivelles

Retour au foot

Fort de son indéniable réussite professionnelle, Salvatore Curaba s’est donc fixé, avec le foot, un nouveau challenge. « Entre 35 et 50 ans, le football ne m’a plus intéressé du tout. Et quand j’ai été sollicité pour faire quelque chose à La Louvière, je me suis dit qu’il fallait bâtir un nouveau club, sur de nouvelles bases et en faire un modèle. En fait, j’ai eu envie simplement de recopier ce que j’ai mis en place chez EASI et qui fonctionne très bien. Le football, pas uniquement à La Louvière, est malade et je souhaite que la RAAL La Louvière donne un nouveau souffle à ce sport par son côté novateur. C’est un rêve et je vais tout faire pour y arriver, en me basant sur les 3 mots-clés que sont l’organisation, la transparence et l’éthique. »

Pour fonder la nouvelle RAAL après avoir racheté le matricule du Racing Charleroi Couillet Fleurus, le président Curaba a effectué de véritables interviews de recrutement, tant pour le staff que pour les joueurs de l’équipe première. « J’ai d’abord recruté des hommes qui ont les mêmes valeurs que moi, c’est-à-dire le respect, l’esprit d’équipe, la loyauté et l’égalité des êtres humains. On n’a pas de suite parlé salaire, y compris avec l’entraîneur Frédéric Taquin. On a réglé cela bien plus tard. »

Salvatore Curaba a mis au point un système de primes assez original pour le staff et les joueurs. Ils seront rémunérés tant en fonction des résultats (variables selon le classement de l’adversaire) que de l’assistance au match.

Socios et nouveau stade !

La RAAL La Louvière est ambitieuse au niveau sportif. A l’heure d’écrire ces lignes, elle est troisième du classement dans un championnat de D 3 Amateurs qui nous livrera de beaux derbys contre l’Entente binchoise, l’Entité Manageoise, le Stade Brainois ou encore le Royal Albert Quévy-Mons. « Pour que le nouveau modèle de club fonctionne, poursuit Slavatore Curaba, il ne doit pas s’appuyer sur un seul homme qui décide tout puisqu’il met l’argent sur la table. Il doit appartenir à une communauté de personnes, d’entrepreneurs, de citoyens et de supporters. Concrètement, nous avons fondé une SPRL d’un capital fixe d’1,5 million €. J’ai mis 500.000 €, EASI a mis 500.000 € et d’autres 100.000 € ou 50.000 €. Le capital variable est en cours de finalisation. Je recherche activement 30 investisseurs à 10.000 € (à ce jour, 20 ont souscrit) et 200 investisseurs à 1.000 € (environ 120  ont marqué leur accord). »

L’ambition affichée du nouveau club – qui comporte aussi une école de jeunes dont le responsable est également le T1 – est de réintégrer la division 1 le plus vite possible. Mais l’éventuel retour dans l’élite a pour corollaire la concrétisation d’un autre projet audacieux ; celui de la construction d’un nouveau stade. « Le stade communal du Tivoli ne correspond plus à ce que l’on peut attendre d’un stade moderne, conclut Savatore Curaba. On ne peut pas envisager la division 1 sans business seats, ni espace HORECA, par exemple. Si tout va bien, on parlera de la D1 dans 7 ou 8 ans, pas avant ! Mais c’est déjà maintenant qu’il faut réfléchir à un nouveau stade, contemporain et comportant, pourquoi pas, des galeries commerciales. Je commence à travailler sur ce projet dont toute la région du Centre pourrait être fière. Pourquoi pas, ici à LA Louvière, le plus beau stade de Wallonie ? »

 

                     Michel Bellefontaine (Photos : Alexandra Dupont, Salvatore Curaba et EASI)

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