Archives de la catégorie ‘Entreprises’

Société spin-off de la Faculté Polytechnique de Mons, Acapela a été fondée, en 2003, par des ingénieurs du laboratoire spécialisé dans le traitement du signal. Au fil du temps, et suite à deux acquisitions, l’entreprise est devenue un groupe actif aujourd’hui en Belgique, en France et en Suède. Comme son nom l’indique, Acapela est un spécialiste des voix … de synthèse, des solutions vocales adaptées à de nombreux domaines.

Photo: Acapela group

Photo: Acapela group

Le siège du groupe est situé dans une maison de maître du boulevard Dolez, à Mons. Une vingtaine de personnes, principalement des ingénieurs et des informaticiens, y remettent en permanence l’ouvrage sur le métier. Dans ce secteur ultra-technologique, il est fortement déconseillé de se reposer sur ses deux oreilles ! La R&D est une obligation pour améliorer sans cesse les produits et pour trouver de nouvelles applications. A Stockholm, le staff comprend plutôt des linguistes et des commerciaux. A Toulouse, ce sont aussi des commerciaux et des spécialistes du marketing qui complètent le cadre du groupe, totalisant 42 ETP. Quelques personnes s’ajoutent en sous-traitance régulière lorsque des ressources spécifiques sont nécessaires, pour développer de nouvelles langues, par exemple.

Univers multilingue

30 langues, 100 voix et 1.000 clients à travers le monde, voilà pour quelques éléments concrets qui caractérisent Acapela dont le chiffre d’affaires est en progression lente mais régulière (un peu plus de 5 millions €). Thierry POSKIN, le directeur financier du groupe nous explique dans quels domaines sa société est à la pointe. « En fait, nous sommes utiles partout où on peut transformer un signal en voix. En Suède par exemple, nous sommes fortement impliqués dans le domaine du handicap visuel. Nous équipons les ordinateurs de personnes aveugles ou malvoyantes de l’un de nos systèmes qui permet de vocaliser l’ensemble des éléments à lire sur l’écran. Nous sommes aussi très actifs dans le secteur des transports où nous vocalisons des panneaux d’affichages. Nos messages vocaux informent les voyageurs de l’arrivée de leur train ou de l’embarquement dans leur avion. Autres applications ; les systèmes d’attentes dans les centraux téléphoniques ou encore les logiciels d’apprentissage des langues qui permettent de s’exercer et d’améliorer sa pratique. »

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Partout dans le monde

Acapela group n’a pas été impacté par la crise de 2008, en raison de sa diversification de secteurs et de son éclatement au niveau mondial. « On fournit des sociétés coréennes, israéliennes ou américaines. Par nos filiales, on est très présents en France et dans les pays scandinaves. On est aussi dans le domaine du handicap et de la revalidation qui est moins soumis aux aléas de la crise », nous confie Thierry POSKIN. « Mais attention, cela ne signifie nullement que notre voie soit toute tracée ! La technologie progresse sans cesse et nous devons impérativement être dans le mouvement. Nous avons déposé des brevets et nous travaillons sans relâche sur des améliorations de nos produits avec l’objectif de se rapprocher le plus possible de la voix naturelle. L’étape suivante sera de pouvoir donner de l’intonation. Pour l’instant, nous avons un système assez neutre. L’idée est de pouvoir à l’avenir interpréter un texte avec des intonations différentes en fonctions de certaines situations ; personne énervée, malheureuse, enjouée, … »  

Document: Acapela Group

Document: Acapela Group

Acapela Voice Factory

Acapela dispose de 3 canaux de distributions de ses produits, à travers le monde ; le canal classique par envoi de CD ou DVD, le canal informatique avec clés de sécurisation ou le SAS, le Service A Distance. Pour ce dernier cas, le client n’héberge ni le logiciel ni les voix mais il utilise le serveur d’Acapela qui vocalise selon la demande. La personnalisation est également un créneau important pour l’entreprise qui a développé Acapela Voice Factory, une solution haut de gamme qui permet aux clients de se distinguer de la concurrence en appliquant leur propre voix pour la diffusion des messages.

Impliqué dans la recherche

Acapela, qui doit évidemment suivre les évolutions technologiques des fournisseurs d’applications et de systèmes d’exploitation informatiques, est également très impliqué dans le domaine de la santé. Ses ingénieurs travaillent actuellement sur un projet de recherche visant à permettre à des personnes atteintes de maladies dégénératives, et qui perdent progressivement leur voix, de continuer à s’exprimer avec leur propre voix, vocalisée au préalable. L’effet psychologique de cette expression, via un PC ou une tablette, est énorme.

Acapela est aussi partenaire du très large projet européen labélisé ; I-Treasures. Thierry POSKIN. «  C’est un projet qui est visionnaire dans le sens où il va nous aider à développer des technologies. L’idée de base est la sauvegarde du Patrimoine Culturel et Immatériel de l’Humanité, soutenu par l’UNESCO. Nous travaillons sur des méthodologies pour pouvoir reproduire, par exemple, des chants ou des dialectes. Ce projet va se poursuivre jusqu’en 2017. »

                                                                               Michel BELLEFONTAINE  

Cet article a été publié dans le magazine économique « B 2 Hainaut » de Janvier 2015.   

Un louviérois sera-t-il désigné Manager de l’année 2014 ? Ce n’est pas impossible puisque Salvatore Curaba fait partie des 10 nominés pour ce prix de prestige, décerné par le magazine Trends-Tendances et la chaîne Canal Z. Manager-fondateur de la société d’informatique EASI, il est un candidat très sérieux. En 15 ans, son entreprise a connu un développement spectaculaire qui est loin d’être terminé. Portrait du golden boy de Saint-Vaast qui fut footballeur au Sporting de Charleroi, à la RAAL et à Leuven.

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Jeune cinquantenaire, Salvatore Curaba a toujours vécu dans la région du Centre à laquelle il reste viscéralement attaché. Il habite aujourd’hui à Saint-Vaast, non loin donc des terrains de la RAAL ou du Sporting de Charleroi où il connut ses meilleures moments de footballeur. Joueur moyen mais entrepreneur dans l’âme, il n’a jamais passé le cap du professionnalisme sportif. «  Quand j’étais joueur en D 1, j’étais informaticien à Charleroi. A cette époque, l’équipe n’était pas professionnelle. On travaillait, puis on allait s’entraîner. A 25 ans, j’ai du faire un choix. On m’a demandé de devenir pro. Mais bon, j’avais mon métier et j’ai décidé de continuer ma carrière dans l’informatique, en passant dans le secteur de la vente puis en allant travailler à Bruxelles. J’ai continué quand même à jouer au foot et j’ai même obtenu, à 30 ans, mon diplôme d’entraineur. Dans la société IBS proget, j’ai progressivement gravi les échelons, je suis devenu sales manager puis responsable du site de Bruxelles. »

Pas facile de créer … EASI !

A 35 ans, plus du tout sur la même longueur d’onde que la boîte suédoise qui l’emploie, Salvatore Curaba prend alors la décision la plus importante de sa vie. Il quitte une situation confortable pour fonder son entreprise, EASI. Au vu de sa réussite, cela semble aujourd’hui évident mais le challenge était à l’époque vraiment très audacieux.

« Je vous avoue que j’ai été stressé pendant plusieurs années. On a injecté un capital important pour créer la société. J’ai fait un prêt hypothécaire pour lancer cette entreprise. Ce n’était pas facile. Maintenant, je suis évidemment très, très, très heureux du résultat. Après 15 ans, je suis très fier ! »

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Et il y a de quoi être fier, c’est incontestable ! Dans la zone d’activité économique de Nivelles Nord, la société EASI (acronyme anglais quelque peu alambiqué !) est un fleuron. Un modèle dans la conception des espaces de travail et d’accueil – du personnel comme des clients – mais également une référence économique, active dans 3 métiers de l’informatique.

« On a un logiciel de comptabilité, très performant et qui rencontre vraiment un succès intéressant. C’est une solution qui comporte beaucoup de fonctionnalités et qui est utilisée par des moyennes et grandes entreprises. Dans notre région, nous avons des clients de références comme Dragone ou Wanty, entre autres. A côté de cette activité, on a un autre système qui permet de gérer au mieux les e-mails des entreprises. C’est un secteur essentiel du business actuel et les PME y accordent logiquement une certaine importance. Notre troisième métier est de s’occuper de tout ce qui est infrastructures informatiques. Cela va de l’installation chez les clients à la gestion des serveurs, soit chez eux, soit directement dans notre Cloud. On parle beaucoup de Cloud dans l’univers de l’entreprise. Et EASI est active dans ce business-là, avec un Cloud installé en Belgique. »

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Vers l’international

Très orienté vers le service aux entreprises, EASI met actuellement la touche finale à un produit novateur de gestion des e-mails pour le grand public. L’ambition est élevée pour l’InboxZero qui sera lancé prochainement. La stratégie en cette matière, comme l’évaluation générale des objectifs de la société, seront sans doute abordés lors de l’un des séminaires résidentiels du comité de direction.

« Deux fois par an, pendant 2 jours, nous logeons à l’extérieur. Le comite de direction (du moins 6 membres de ce comité), se réunit en séminaire pour discuter, pour évaluer, ce qui a été fait et, surtout, pour voir ce qu’il est possible de faire pour développer la société. Le défi actuel est de réfléchir à notre développement vers l’international. On a de plus en plus envie d’aller vers l’extérieur. »

EASI emploie actuellement 130 personnes dans 5 implantations, en Belgique, en France et au Luxembourg. Son équipe est jeune, dynamique et fidélisée, entre autres, par un système de primes liées aux résultats. En 2013, le chiffre d’affaires de 23 millions d’€ a permis de dégager un bénéfice avant impôts de plus de 3 millions d’€. L’agrandissement du siège nivellois est l’un des importants chantiers de 2015 pour l’entreprise dont l’avenir semble lumineux.

                                                                                                                    Michel Bellefontaine

RubberGreen est une jeune société, implantée dans la Zone d’Activité Economique de Frameries, à quelques centaines de mètres de l’entreprise Bridgestone qui lui fournit une partie de sa matière première. Le fabricant japonais pratique en effet du rechapage de pneus d’avions et ce sont ces déchets de râpage qui intéressent la PME fondée par Olivier PRUD’HOMME en 2009. RubberGreen a fait du recyclage de caoutchouc sa spécialité et livre à ses clients des produits spécifiques à haute valeur ajoutée.

 

Au début de l’aventure, c’est le marché de tapis pour des logettes de vaches laitières qui était ciblé par l’entreprise. Un créneau très particulier qui n’a pas donné les résultats escomptés, notamment en période de crise du lait et donc de vaches maigres pour les exploitants. Loin de se décourager par un départ timide, les têtes pensantes ont développé ensuite d’autres produits, à base de caoutchouc de pneus de voiture, un matériau acheté sous forme de granulats et qui est disponible à foison. Aujourd’hui, RubberGreen conçoit, fabrique et vend des produits en caoutchouc recyclé dotés de nombreuses propriétés dûment testées. Olivier PRUD’HOMME, directeur exécutif. « On s’est spécialisé depuis 2 ans dans l’isolation acoustique et vibratoire, principalement pour les secteurs ferroviaire et de la construction. Nous avons aussi une grande expertise dans les protections structurelles de toitures. Nous travaillons pour des clients de références tels Bouygues, Eiffage ou encore, chez nous, pour De Lijn à Gand dont nous équipons les voies de tramways. »

Très présent à l’export

En tant que fabricant RubberGreen mène essentiellement ses activités en « business to business » et dispose d’un vaste réseau de distributeurs et de partenaires dans de nombreux pays. L’entreprise participe volontiers à des salons à l’étranger où elle bénéficie de l’appui qualifié de précieux de structures comme Hainaut Développement et l’AWEX. Le salon lillois de l’industrie ferroviaire (SIFER) est un must pour elle, d’autant plus qu’elle possède un bureau dans le Nord de la France. Les marchés en croissance du Middle East (Dubaï et Qatar) sont également dans le collimateur de la PME, très active à l’export (France, Espagne, Allemagne, Pologne, Algérie, Turquie, …).

Investissements

Les matériaux résilients à base de caoutchouc composite de RubberGreen ont été mis au point en interne mais avec l’aide d’universités, de services techniques et de partenaires divers. Le maintien de la qualité et l’innovation constituent des priorités pour son directeur. « Nous avons actuellement un projet en cours de labellisation à la Région wallonne, avec le pôle Mecatech et des partenaires industriels, dans le domaine ferroviaire. Chez nous, la R&D est permanente et, à court terme, nous envisageons l’embauche d’un ingénieur qui gèrera un service spécifique doté des moyens adaptés. Il complètera notre staff composé pour l’instant de 10 personnes, dont des ouvriers que nous avons formés et qui travaillent sur des outils de production conçus par nous-mêmes. Nous avons aussi un responsable commercial qui a une solide expérience dans notre domaine. Nos activités sont en bonne croissance et, si tout se poursuit comme espéré, nous devrions évoluer assez rapidement vers une équipe de 15-20 personnes.»

La PME de Frameries se structure et construit peu à peu sa culture d’entreprise, son âme. Quasi seule en Belgique dans cette filière de recyclage, elle est à l’écoute des besoins de ses clients et prête à élargir son panel de produits. Elle envisage l’avenir avec optimisme, sérénité et clairvoyance. « En 2013, poursuit Olivier PRUD’HOMME, nous avons procédé à une augmentation de capital de la société pour préparer une phase d’investissement actuellement en cours. Nous sommes en train de moderniser notre usine et de nous mettre en conformité avec les normes incendie, entre autres. Nous installons aussi une nouvelle unité de production de moulages qui permettra une diversification des produits. Nous nous préparons à absorber des marchés de plus grande envergure. Nous ambitionnons prioritairement de consolider notre activité en atteignant la taille critique qui permettra de la pérenniser.»

                                                                                                                                                    Michel BELLEFONTAINE

Cet article a été publié dans la revue économique de la Province de Hainaut « B2Hainaut », d’octobre 2014.

En 2006, les co-fondateurs informaticiens de Venyo prennent un soin particulier à choisir pour leur société un nom … qui ne veut strictement rien dire ! Imaginée au départ pour développer un logiciel de gestion de la notoriété de contenus sur internet, l’objet social de l’entreprise est aujourd’hui tout autre. Et il est porteur d’espoir de croissance à l’international.

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La crise de 2008 et l’explosion de la bulle internet sonnent le glas de la mission initiale de Venyo, centrée donc sur l’informatique pure. Le logiciel de qualification de la pertinence de publications sur internet est abandonné et, pour les actionnaires de la société, deux options se présentent : tout arrêter ou trouver un autre créneau pour rebondir. La 2ème solution est retenue, comme nous l’explique Jean-Claude Streel, Business Development Manager de Venyo. « Le conseil d’administration de Venyo confie alors à Fabrice Cornet, fondateur de l’entreprise et actuel administrateur délégué, une mission prospective. Fort de ses compétences en informatique et d’une formation de pilote privé, il identifie bien vite l’aéronautique comme secteur d’avenir. Dans les 20 prochaines années, le nombre de personnes transportées en avion va doubler ce qui signifie que l’activité va croître dans tous les domaines liés à l’aviation. Pour bien comprendre le marché et ses enjeux, Fabrice Cornet passe alors son brevet de pilote de ligne. Et il découvre le bon filon à exploiter.»       

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Objectif Bourget 2013

Pour obtenir une licence de pilote professionnel, et pour la conserver, il faut passer quelques heures sur des simulateurs de vol. La surprise de Fabrice Cornet est de constater que les équipements utilisés par les centres de formation sont basés sur des technologies complètement dépassées, datant des années 70-80. Très conservateur, le milieu aérien ne s’est pas vraiment adapté aux évolutions pourtant importante de l’informatique. La bonne idée pour faire décoller Venyo est trouvée : concevoir, fabriquer et commercialiser des simulateurs de vol professionnels et novateurs. En 2009, le board de Venyo accorde le feu vert au projet avec pour objectif de présenter un prototype conceptuel (un démonstrateur) au salon du Bourget 2013, la grand-messe aéronautique biennale. Jean-Claude Streel. « Pendant 4 ans, une petite équipe a travaillé en toute discrétion et, comme prévu, nous nous sommes rendus au Bourget, en juin 2013. Nous étions sur un stand commun, cofinancé par l’AWEX, de Belgian Aerospace, le cluster aéronautique et spatial wallon. Nous y avons réalisé une première mondiale : apporter, installer et faire fonctionner un simulateur sur un salon. »

Où est le bon de commande ?

Dans le monde, 4 ou 5 fabricants proposent des simulateurs très lourds, très coûteux, qui ont besoin d’un socle imposant et qui sont très énergivores en électricité. Il est par conséquent impossible de les déplacer. La performance de Venyo – dont le prototype 001 est arrivé au Bourget par camion, a été installé en 3 heures et connecté sur une simple prise 220 volts – ne passe pas inaperçue. Un retour presse exceptionnel et surtout un accueil du secteur très positif confortent les responsables dans l’idée de passer à une phase de fabrication puis de vente de leur simulateur FTD (Flight Fixed Training Device), bluffant de réalisme. « Après l’expérience positive du Bourget, poursuit Jean-Claude Streel, nous avons travaillé pour présenter au salon anglais de Farnborough (le rendez-vous mondial de l’aéronautique, en alternance avec le salon français, NDLR) non plus un prototype conceptuel mais une unité de pré-industrialisation. Nous avons désormais un dossier complet (avec plans, résistance et qualité des matériaux, choix des fournisseurs, procédures, … ) qui doit nous permettre de reproduire notre simulateur en série. Cette année en Angleterre, une étape de plus a donc été franchie et des clients potentiels nous demandent désormais quand ils pourront passer commande du simulateur qu’ils attendent et espèrent depuis longtemps. »

Certification puis industrialisation

Le simulateur de Venyo est dédié au Boeing 737 NG. Le choix de ce type d’appareil est stratégique car il s’agit de l’avion mono-couloir et biréacteurs le plus vendu dans le monde. De plus, sa conception est la plus ancienne (en opposition aux Airbus dont les cockpits sont bourrés d’informatique). Simuler les vols sur ces Boeing est plus compliqué et Venyo, qui maîtrise un processus novateur dont le réalisme est salué par tous, se trouve ainsi dans une position de leader. Une position qui ne pourra se confirmer qu’après certification du simulateur par les 2 plus importantes autorités mondiales en la matière, l’EASA pour l’Europe, et la FAA pour l’Amérique. Jean-Claude Streel nous précise les prochaines phases. « Nous allons bientôt déposer notre dossier de certification auprès de la BCAA (Belgian Civil Aviation Authority) qui est le bras armé de l’EASA pour la Belgique. Nous pensons qu’il faudra environ 3 mois pour obtenir l’agrément officiel. Nous sommes optimistes car vous devez savoir que le BCAA a été intégré dès le départ dans notre projet. Nous les avons consultés, tout comme des pilotes, des instructeurs et des compagnies aériennes. Nous avons été très attentifs à nous entourer des meilleures compétences pour concevoir un produit qui corresponde aux attentes du marché. Notre objectif est ensuite d’ouvrir un bureau en Floride pour viser la certification américaine. »

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Projet industriel wallon

Si tout se poursuit comme prévu, le produit « made in Gosselies » entrera dans une phase de production et de vente dès 2015. Venyo envisage l’assemblage dans ses locaux de l’Aéropole de 30 simulateurs, en 2015 et 2016. Il faut compter environ 6 semaines de travail par simulateur qui ne sera mis en fabrication qu’après commande ferme (bill to order) par les 2 types de clients ciblés ; les compagnies aériennes et les centres de formations. Actuellement, Venyo compte 16 ETP et l’emploi pourrait monter à 30 personnes en régime de croisière. Et à cela, il conviendra d’ajouter l’emploi chez les sous-traitants, comme, par exemple, au sein de Lazzerini, à Strépy, qui fabrique les carénages décoratifs extérieurs en matériaux composites de la partie écrans du simulateur.

Formation et fun !

La formation des pilotes et leur entrainement régulier est la 2ème activité de Venyo dont le centre de formation (Venyo Academy) est dûment agréé. Des formations MCC (Multi Crew Cooperation) y sont dispensées régulièrement et bientôt les 2 simulateurs certifiés (Bourget 001 et Farnborough 002) permettront à de nombreux pilotes d’effectuer à Gosselies les heures de vols virtuels dont ils ont besoin pour l’octroi et le maintien de leur licence professionnelle.

Pour répondre à une forte demande, Venyo va également reprendre, et intensifier, des sessions de vols destinées au grand public. Des « Fun Flights » seront organisés les WE et la communication ciblera prioritairement les entreprises qui voudront en faire un évènement. Une manière intéressante de supporter l’ambitieux projet industriel que la PME de l’Aéropole est sur le point de concrétiser, dans un marché en croissance et avec une distribution potentielle mondiale.

                                                                                                                           Michel BELLEFONTAINE

Une version plus courte de cet article a été publié dans le magazine économique « B 2 Hainaut » d’octobre 2014.

Le BNI est un réseau international de recommandations d’affaires. Il axe son développement sur un marketing de bouches à oreilles dont l’efficacité est avérée. Depuis un an et demi, un groupe BNI s’est constitué à Mons. Il rassemble près de 25 membres représentant des PME/TPE de tous secteurs d’activités. Les réunions hebdomadaires sont matinales. Le rendez-vous est fixé à 7h15, dans un endroit plutôt dédié aux loisirs !

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Le cadre est plutôt sympa et apaisant. Il pourrait laisser penser que la croisière va s’amuser ou que les lève-tôt vont se laisser porter par les flots. Rien de tout cela n’est au programme ! Nous sommes au club house de la capitainerie du port de plaisance du Grand Large, à Mons. Il est 7 h du matin, la journée de business va commencer par un convivial petit-déjeuner.

Benoît Hardy, le président du BNI Mons Premium est l’un des premiers sur place. « L’intérêt de se lever tôt, c’est que se réunir à cette heure-là permet de ne pas handicaper toute la journée. A 9 heures, tout le monde est au boulot, sur la route, peut rencontrer ses clients et faire son travail. »

Le BNI, pour Business Network International, est un réseau d’affaires né aux Etats-Unis mais qui possède des groupes partout dans le monde. L’organisation internationale gère les aspects administratifs, de communications et de formations, et fait en sorte que la structure, les modalités et le fonctionnement des assemblées locales soient identiques partout. L’élément central d’un BNI, c’est le réseau de chacun des membres et le travail par recommandations d’affaires. « A chaque réunion, nous précise Benoît Hardy, après s’être présenté, chaque membre est invité à dire qui il peut recommander. Le but est vraiment de profiter du réseau des autres. On fait du business entre nous, ça peut arriver, mais l’objectif n’est pas celui-là. L’ambition c’est de bénéficier du réseau des autres membres, de savoir que chaque personne du groupe est le commercial des autres et qu’il peut aller les représenter ailleurs. Pour aboutir à cela, il faut bien se connaître, raison pour laquelle nous nous voyons régulièrement. Au niveau pratique, le BNI fonctionne comme une PME, avec un comité directeur et avec une force de vente qui est le comité d’accueil. Celui-ci reçoit les invités, les place, les suit, voit s’ils veulent revenir et éventuellement s’affilier. Le BNI est une PME qui fonctionne très bien, en tous cas ici à Mons. »

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Le BNI Mons Premium se réunit dans une atmosphère très amicale chaque mercredi matin, de 7 à 9h., vacances comprises. Il organise aussi de temps à autres des évènements à retentissement plus large, souvent festifs, de manière à accroître sa notoriété, tout en renforçant la cohésion entre ses membres. Ses membres qui représentent des entreprises de secteurs différents afin d’éviter les situations de concurrence interne et les conflits d’intérêt. Des membres qui sont pour l’instant majoritairement masculins, sans que ce soit un choix délibéré. Delphine Deroubaix, de la société T-Interim, est l’une des membres très actives du groupe. « On est accueillie avec beaucoup d’enthousiasme et au contraire d’une volonté de ségrégation, nous cherchons des femmes entrepreneurs pour étoffer l’équipe composée effectivement, pour le moment, de plus d’hommes que de femmes. Mais les femmes ont tellement actives que cela ne pose pas de problèmes ! Personnellement, ce qui me motive c’est vraiment l’efficacité. On est là pour faire du business, c’est clair pour tout le monde. Et c’est efficace aussi dans le sens où ça se passe le matin et donc sans empiéter sur la journée classique de travail. »

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Les séances hebdomadaires de travail, organisées par un Comité qui change tous les 6 mois, sont particulièrement mobilisatrices. Un décompte des affaires réalisées grâce au réseau est tenu à jour à chaque réunion et un objectif est fixé pour chaque exercice. Depuis sa création, le BNI Mons Premium a généré pour ses membres un chiffre d’affaires total non négligeable d’environ 1 million 800 mille €. Pour 2014, l’indicateur de performance en est à 485.000 €, sur un objectif de 600.000. Autrement dit, le business club est vraiment efficace. Bertrand Wart, société D2Solutions et responsable du comité d’accueil, confirme. « C’est quelque chose d’efficace. Efficace par rapport à d’autres groupes dans lesquels je suis aussi, où on a des contacts, où on rencontre beaucoup de monde. La particularité du BNI est que les réunions sont structurées et bien cadrées. On sait qu’à chaque séance, on recevra des recommandations, des contacts et qu’on rencontrera d’autres membres du groupe qui sont aussi nos commerciaux puisqu’ils nous recommandent auprès de leurs propres réseaux. »

Alexis Desmyter, de la société BELISOL, est également un adhérent convaincu. « Je trouve que c’est très proactif. Cela bouge bien. C’est très concret. On est là pour faire du business, on ne s’en cache pas. On va droit au but et c’est donc très motivant pour mon entreprise »

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Après deux participations gratuites sur invitation, les nouveaux membres – qui doivent être acceptés au préalable par l’assemblée – s’acquittent de 150 € de frais d’inscription, puis de 870 € de cotisation annuelle. Un investissement d’entreprise vite amorti. Message bien compris par les deux sociétés qui viennent tout juste de renforcer les effectifs.

                                                                                                                               Michel Bellefontaine

Les vignes d’Haulchin, au lieu-dit les Agaises, se développent depuis 12 ans. De 2 hectares au début de l’aventure, l’exploitation en est aujourd’hui à 18, représentant quelque 180.000 pieds, de chardonnay notamment mais aussi de pinot noir et de pinot meunier. Jusqu’à présent, c’est dans les installations de la ferme de la Tour, à quelques centaines de mètres de là, que toutes les opérations de vinification étaient effectuées. Un endroit désormais trop exigu, comme nous le confirme le propriétaire, également partenaire du vignoble, Etienne Delbeke.

 « Oui c’est vrai. Par rapport au nombre d’ha qui sont plantés et donc au nombre au nombre de bouteilles espérées, on était un peu à l’étroit dans les bâtiments de la ferme. D’autant plus que notre activité de pommes de terre est assez importante et qu’elle va continuer à l’être pendant encore de nombreuses années. La cohabitation entre les raisins et les pommes de terre devenait un peu difficile. »

Document : ArTEO sprl

Document : ArTEO sprl

Au bord des vignes

La construction de la nouvelle infrastructure a été entamée, au pied même des vignes, en juin dernier. L’emplacement du futur chai est idéal mais a nécessité entre autres d’importants travaux de stabilisation des fondations, en raison du sol très calcaire. Et ce n’est là que l’une des difficultés rencontrées. Raymond Leroy, fondateur du vignoble des Agaises. «  Au point de vue emplacement, ce n’était certainement pas le plus simple. C’est le plus joli, le plus merveilleux mais au niveau technique c’était très compliqué. Pour l’eau par exemple, on a dû faire des puits parce qu’on n’a pas d’eau courante. En ce qui concerne l’égouttage, on été contraints de prévoir un système pour envoyer l’eau décantée. Donc l’emplacement est magnifique mais il nous a posé pas mal de problèmes. »

Raymond Leroy, la passion contagieuse

Raymond Leroy, la passion contagieuse

Le chai en construction (11 sept. 2014)

Le chai en construction (11 sept. 2014)

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Les partenaires du vignoble des Agaises se sont entourés des meilleures compétences possibles pour concevoir puis mener à bien leur ambitieux projet, représentant un investissement conséquent. La société Wanty a traité les sols et ce sont à présent une quinzaine d’ouvriers de l’entreprise VERELST, spécialisée dans les bâtiments industriels, qui s’activent sur le site. «  On est dans les délais comme promis au client, nous précise Franck Comeyne, gestionnaire de projets pour VERELST S.A. On avait dit que le bâtiment serait fermé pour la fin septembre. On aura les châssis la 1ère semaine d’octobre et donc tout sera fermé pour l’hiver comme prévu. Nous avons eu quelques difficultés à produire les panneaux de parement en silex, en arrondis. Idem pour les châssis, également en arrondis. Ce n’était pas évident. Mais tout va bien. »  

Document : ArTEO sprl

Document : ArTEO sprl

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Un bel écrin pour le Ruffus

Surmontant les difficultés, le rôle des ouvriers est évidement de mettre en œuvre les consignes des architectes. C’est le bureau Arteo (Les Bons-Villers) qui a imaginé pour les Agaises un édifice à la fois pratique, parfaitement isolé et très esthétique. « Ici, nous explique Raymond Leroy, on aura tout ce qui est cuverie, pressoirs, matériel de vinification et ustensiles pour travailler la vigne. Il y aura également une partie commerciale. Etienne Delbeke poursuit la présentation. «  Le bâtiment est très bien isolé. Nous avions l’option éventuelle de faire une cave mais on a préféré rester de plain-pied. Par contre, on a voulu reproduire les mêmes conditions que dans une cave, champenoise par exemple, et on a donc été très vigilants en termes d’hygrométrie et d’isolation. Le chai sera très bien équipé. Nous aurons plus de 2.500 m², dont des bureaux de réception et de commercialisation, à l’étage. On aura vraiment tout, ici sur place au bord des vignes, pour produire le fameux Ruffus de A à Z. »

Document : ArTEO sprl

Document : ArTEO sprl

La cuvée seigneur Ruffus est un indéniable succès commercial puisque tout est vendu avant même d’être produit. Pour satisfaire la demande et rentabiliser l’investissement qui reste une aventure audacieuse, la vigne s’étendra à nouveau de quelques hectares dans les prochains mois. En attendant, le millésime 2014 – qui sera récolté dans une dizaine de jours – s’annonce prometteur, en qualité et en quantité. A déguster en juin prochain, lors des journées portes-ouvertes qui marqueront l’inauguration du nouveau bâtiment.         

                                                                                                               Michel Bellefontaine

Porté par l’académie universitaire Wallonie-Bruxelles, le CMMI, Centre de Microscopie et d’Imagerie Moléculaire, concrétise la volonté de 2 universités, l’ULB et l’UMONS, de mutualiser et de compléter leurs équipements en imagerie, de manière à augmenter leur potentiel de recherche et à offrir une plateforme attractive, tant pour les entreprises que pour les centres de recherches. Le CMMI est une success story dont l’idée a germé dans l’esprit des Pr. Robert MULLER (UMONS) et Michel GOLDMAN (ULB).

« Nous étions en voyage à l’étranger, explique Robert MULLER actuel directeur scientifique du CMMI, et on discutait comme le font régulièrement les scientifiques, de nos rêves et frustrations. On est assez rapidement arrivé à formuler le rêve suprême qui serait d’avoir une plateforme d’imagerie préclinique où on réunirait toutes les méthodologies modernes et toutes les compétences. »

Photo: CMMI

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Quelques années plus tard, ce rêve devient réalité. L’outil multidisciplinaire de pointe, dédié à la recherche biomédicale, est opérationnel depuis novembre 2011, au sein du Biopark Charleroi Bruxelles South dont il constitue l’un des emblèmes. L’investissement, tant pour les locaux que pour les équipements et l’engagement de personnel se monte à quelque 20 millions d’€, cofinancés à hauteur de 15 millions d’€ par le fonds européen FEDER et par la Wallonie.

Unique en Europe

Le CMMI est unique en Belgique et même en Europe car il regroupe, et c’est cela sa grande force, un maximum de technologies, d’équipements ultramodernes et de savoir-faire sur un même site. « Pour créer le CMMI – nous précise Dominique DEMONTE, directeur des partenariats – nous sommes partis du constat que si nous voulions être compétitifs en recherches dans le domaine biomédical, nous devions absolument avoir accès à des techniques d’imagerie nous permettant de faire ce que l’on appelle de l’imagerie fonctionnelle. Nous avons donc regroupé toute une série d’équipes actives dans l’imagerie et nous avons complété l’équipement existant par des acquisitions exceptionnelles, concrétisées grâce aux fonds FEDER. Cet argent nous a permis de constituer une masse critique et de structurer notre organisation, dans l’environnement particulièrement porteur du Biopark. »

Le CMMI emploie à ce jour quelque 70 personnes, dont 17 sont engagées via les fonds publiques. Les disciplines représentées au centre sont très larges puisqu’il est interuniversitaire et interfacultaire. Des physiciens, médecins, biologistes, chimistes, ingénieurs ou encore mathématiciens s’y côtoient chaque jour. L’interdisciplinarité est une importante vertu du CMMI.

Photo: CMMI

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In vivo… veritas !

Le CCMI offre un très large éventail d’instrumentations et de méthodologies adaptées, s’étendant de la microscopie électronique à l’imagerie in vivo. Il propose aux industriels et aux laboratoires académiques des outils et des services de qualité ainsi que des modules de formation spécifiques à l’utilisation de ses équipements. Le centre est formé de 2 grandes composantes que nous explique le Pr Serge Goldman, responsable de l’axe imagerie.

 «  Le CMMI comprend une composante d’évaluation préclinique in vivo et un autre in vitro. In vitro, c’est celle avec laquelle on évalue les tissus ex vivo. On effectue des prélèvements de tissus sur lesquels nous menons ensuite des investigations extrêmement précises. Nous travaillons également in vivo, c’est-à-dire que nous avons la capacité d’obtenir des images sur des animaux qui sont indemnes et simplement anesthésiés. L’avantage est de pouvoir obtenir des infos biochimiques sur le fonctionnement des organes et des tissus, sans devoir sacrifier l’animal, et de tester ensuite sur le même animal l’effet d’un médicament, par exemple, sur différentes périodes. » 

Photo: CMMI

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Un potentiel prometteur

Le CMMI travaille pour le monde académique mais aussi pour les entreprises. Il collabore avec une trentaine d’entre elles et, à ce titre, son implantation sur le Biopark est un sérieux atout. Ce n’est pas Dominique DEMONTE, également directeur du Biopark qui nous démentira. « Le Biopark est un écosystème dans la mesure où il représente la chaîne complète de l’innovation scientifique. Nous participons à la création d’entreprise et les aidons par la suite à se développer.»

Depuis sa création, le CMMI a mis en place 180 partenariats et plus de 200 publications scientifiques ont honoré ses travaux. Ce bulletin devrait encore s’embellir à l’avenir puisque le centre d’imagerie de Charleroi est désormais éligible aux importants programmes européens relatifs aux infrastructures de recherche. Sa crédibilité est inversement proportionnelle à la taille des cellules qu’il observe chaque jour.  

                                                                                                               Michel BELLEFONTAINE

Cet article a été publié dans le magazine économique « B2 Hainaut » de juin 2014

La société EURECayphas spécialisée dans les installations électriques pour entreprises s’installera prochainement sur la nouvelle extension Sud de la Zone d’Activités économiques de Strépy-Bracquegnies. C’est la première PME qui viendra s’implanter dans cet endroit stratégique, proche du Pont Canal et des autoroutes. Son dynamisme augure d’un avenir prometteur.

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EURECayphas a vu le jour en 2007, engagé son 1er employé en 2008 et aujourd’hui, ils sont 14 à faire tourner la PME dont le développement, d’après son gérant, Vincent Cayphas, se base sur un management très humain, sur les impératifs économiques incontournables et sur la volonté d’être en phase avec un environnement durable. EURECayphas est active dans le secteur électrique, mais de façon très large. « Cela va de la haute tension jusqu’aux réseaux informatiques, en passant par toutes les techniques que l’on peut trouver dans un bâtiment. Mais notre core-business, ce sont les entreprises qui s’installent sur les zonings. »

La jeune entreprise sera donc dans son univers de prédilection dans cette zone d’activité dite du Plat Marais, aménagée par l’IDEA. Concrétisé dans les prochains mois, son projet de déménagement est dans les cartons depuis déjà un certain temps. Vincent Cayphas. « On a démarré l’entreprise dans la maison familiale qui est devenue trop petite après quelques mois. On a alors déménagé une partie de nos installations à Leval et on a aussi des infrastructures à Morlanwelz. Actuellement, on essaie de livrer un maximum de marchandises chez les clients directement. C’est une perte de temps et d’énergie quasi tous les jours et le fait de pouvoir recentrer toute l’activité ici sur le site de Strépy, en une seule entité, va pouvoir augmenter la productivité de l’entreprise. »

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Vincent Cayphas espère bien sûr accroître son carnet de commande, voire l’emploi, en profitant de l’emplacement stratégique de la nouvelle installation et des futurs clients potentiels qui s’établiront aussi sur cette zone attrayante. A ce sujet, l’intercommunale IDEA annonce que 2 autres sociétés, actives elles-aussi dans le domaine de l’électricité industrielle, EGF et Progest, ont déposé une option pour l’achat d’un terrain.

Elles seront donc peut-être voisines du futur nouveau siège d’EURECayphas, conçu par le bureau Open architectes et construit par la société spécialisée Mathieu Gijbels. L’investissement global de l’entreprise s’élève à quelque 2 millions d’€, dont 250.000 d’aide publique wallonne. La construction, entamée il y a 2 mois, est déjà pratiquement achevée au niveau du gros œuvre. Non sans humour, c’est donc la dernière pierre commémorative, et non la première, qui a été dévoilée récemment, face au bâtiment qui sera assurément moderne, durable et high-tech et qui constituera une vitrine des savoir-faire de la PME . « Le bâtiment, on l’a voulu à notre image, nous précise encore Vincent Cayphas. Il est tourné vers le futur, écologique et super bien isolé. Il n’aura pas de chaudière mais une pompe à chaleur avec des forages géothermiques. Il comportera, de plus, un éclairage 100% LED et une ventilation avec récupération de chaleur. A titre de comparaison, on va avoir un compteur électrique semblable à celui d’un appartement. On aura, à mon avis, très peu de consommation car, pour couronner le tout, une installation photovoltaïque sera intégrée dans la façade du bâtiment. Dûment sécurisé, protégé, il bénéficiera aussi d’une domotique performante et possèdera une salle de réunion multimédia et polyvalente. »

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Le personnel d’EURECayphas, qui a démontré son esprit de corps à l’occasion de la cérémonie inaugurale, devrait intégrer son nouvel espace en août prochain. Ce sera là une étape importante dans le développement de la société qui accorde beaucoup d’importance aux relations sociales harmonieuses, comme nous le confirme le patron. « On a démarré nos activités en pleine crise économique avec un management que je qualifie de moderne. On a privilégié d’emblée la réduction du temps de travail. Chez EURECayphas, on ne travaille que 4 jours par semaine. Tout le personnel a donc des WE de 3 jours complets. De ce fait, on a diminué les coûts fixes et les déplacements. Nos équipes font 20% de km en moins chaque semaine pour les mêmes chantiers et, par conséquent, cela représente 20% de charges en moins pour l’entreprise. De plus, tous les temps morts pour l’entretien des véhicules et des machines sont planifiés les vendredis. On n’a donc aucun outil à l’arrêt pendant la semaine. Tous ces éléments aboutissent à un taux de productivité assez incroyable et à une motivation de nos équipes au-delà de tout espoir. Je dis souvent en interne qu’un travailleur heureux est un travailleur rentable. Chez nous, on a des travailleurs heureux, donc ….

                                                                                                                   Michel Bellefontaine

Batibouw est l’un des salons les plus importants du pays où tant nos matériaux que nos savoir-faire nationaux ou régionaux sont mis en vitrine. Le salon 2014, qui s’est achevé le 2 mars, a une fois encore permis aux Carrières du Hainaut, S.A. basée à Soignies, de se distinguer. L’entreprise, qui profite de ce rendez-vous incontournable pour valoriser la pierre bleue du Hainaut auprès des donneurs d’ordre publics, des entrepreneurs et des particuliers, a été récompensée de ses efforts par un prix, le « Batibouw Communication Award », dans la catégorie « meilleure présentation de produit ».

Le stand de Batibouw, primé par les professionnels (photo: Carrières du Hainaut)

Le stand de Batibouw, primé par les professionnels (photo: Carrières du Hainaut)

Attribués par un jury composé de professionnels des salons et de la communication, les « Communication Awards » visent à récompenser les exposants qui présentent leurs produits de manière adéquate, attirante pour les visiteurs d’un point de vue esthétique, tout en proposant également les informations appropriées. Pour les Carrières du Hainaut, ce prix couronne la stratégie d’image développée en profondeur depuis 2 ans autour d’une nouvelle identité graphique. Conception exclusive de l’architecte Vincent VAN DUYSEN, l’impressionnant stand a quelque peu évolué depuis sa première installation. Jan DEVROEY, Brand Manager des Carrières du Hainaut. «  Nous l’avons utilisé pour la première fois lors d’un salon à Courtrai en 2012. Pour cette édition de Batibouw, nous l’avons amélioré, notamment en l’allongeant de 5m et en y intégrant nos 3 nouveautés de finitions présentées en primeur : l’EnoPasso, un dallage à l’aspect vieilli et aux bords droits ; l’EnoSkin, une finition gris clair d’aspect légèrement graineux, adaptée pour les revêtements muraux ou pour les sols extérieurs ; et l’EnoTouch, une pierre d’un gris bleu profond destinée plutôt aux tables ou plans de travail. »

Photo: Carrières du Hainaut

Photo: Carrières du Hainaut

Le stand des Carrières du Hainaut est époustouflant au niveau visuel. Il l’est aussi dans les chiffres ! D’une hauteur totale de 4,5 m, il représente 16 tonnes d’acier pour la structure et près de 200 m² de surface au sol ou murale couverte de pierre bleue. Il faut 3 semi-remorques pour transporter les 330 pièces de pierre bleue exposées, pesant un total de près de 14 tonnes, et 7 jours sont nécessaires pour que 6 hommes assemblent le tout. Avec de telles données, on comprend pourquoi l’infrastructure est envisagée prioritairement sur les foires et salons belges. Jan DEVROEY. « Nous participons en effet à plusieurs salons car nous représentons un secteur traditionnel qui a besoin de montrer son dynamisme. Batibouw est intéressant pour toucher le particulier qui vient souvent ici avec un intérêt déjà marqué. En 2014, nous faisons 2 salons; Batibouw à Bruxelles et la Biennale Intérieur, en octobre à Courtrai, qui est un salon axé sur l’aménagement intérieur haut de gamme. »  

 

Une expertise pérennisée

Dans la mesure du possible, les Carrières du Hainaut prennent part également à quelques salons professionnels à l’étranger, soit en solo, soit par le biais de l’asbl Pierres et Marbres de Wallonie qui fédère les producteurs de pierres ornementales. Si la plupart des clients, pouvoirs publics ou particuliers, sont belges, le marché hors frontières n’est pas à négliger. Environ 1/4 de la production est vendue dans un rayon de 250 km autour de Soignies, berceau de l’entreprise.

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La société, dont l’actionnariat est détenu à 100% par les groupes financiers belges Verlinvest et Cobepa, est active dans l’extraction et la transformation de la pierre bleue du Hainaut (marque déposée) aux applications multiples et dans l’extraction de la roche calcaire destinée au granulat. Le chiffre d’affaires 2012 était de l’ordre de 50 millions d’€. Les Carrières du Hainaut ont célébré en 2013 leurs 125 ans d’existence. Environ 400 personnes y sont employées et la pérennité des métiers est assurée par le Centre de Formation aux Métiers de la Pierre naturelle (CEFOMEPI) à la création duquel l’entreprise a participé.

                                                                                                                                              Michel BELLEFONTAINE

Cet article a été publié dans le magazine économique  « B2 Hainaut » d’avril 2014.

Parmentier 3Très discret dans l’univers médiatique belge, Eric Parmentier est une personnalité qui mérite d’être découverte. Dûment secondé par son épouse, Véronique, qui gère les relations clientèles, il est le seul artisan spécialiste du couteau pliant de notre pays. Dans son garage-atelier d’Enghien, il conçoit et réalise chacun des éléments qui, une fois assemblés, formeront un ustensile à la fois élégant et fonctionnel. Intarissable sur son métier de passion, Eric est une sommité dans son domaine. Il nous explique son parcours et sa manière innovante de travailler dans un secteur pourtant traditionnel.

 

Eric et Véronique, dans leur atelier à Enghien (photo: MBe.)

Eric et Véronique, dans leur atelier à Enghien (photo: MBe.)

 

Eric Parmentier effectue des études d’ébénisterie, de charpenterie et d’isolation acoustique avant de poursuivre sa formation par 2 années pour pouvoir enseigner et autant pour maîtriser la gestion d’entreprise. Il y a 27 ans, il se lance ensuite comme menuisier ébéniste indépendant. Bien vite, il déchante car les contraintes lui semblent de plus en plus pesantes et les méthodes et matériaux de plus en plus industriels. Son métier n’est plus assez artisanal à son goût. « Pour retrouver ce besoin essentiel pour moi de créer et d’être au contact avec diverses matières, je me suis mis à fabriquer des petits couteaux. Quand j’étais scout, j’aimais les couteaux qui permettaient de jouer à l’aventurier dans les bois ou encore aux cowboys et aux indiens.

Pour mes premières fabrications, je récupérais du bois et des scies à ruban usées dans les scieries. » La famille et les amis l’encouragent à persévérer dans cette voie et le véritable démarrage s’opère quelques temps plus tard au Salon International du Couteau d’Art et de Collection, à Paris (SICAC). « J’y fais mes premiers pas comme simple amateur venant présenter mes couteaux que j’avais appelés des Recyclames, car je n’utilisais alors que des matériaux de récupération. Le côté récupération, recyclage, écologie était très en vogue. Grâce à ma position stratégique dans cette importante foire (près du bar et des toilettes !), je parviens à attirer le regard sur mes produits et c’est le déclic. Après avoir présenté mes pièces aux organisateurs, je suis placé dans la grande salle avec tous les autres professionnels. J’y suis depuis environ 14 ans »

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« La Passion des couteaux »

Un autre élément va accélérer la notoriété de l’artisan belge outre Quiévrain. A cette époque, le magazine « La Passion des couteaux » vient d’être repris et le nouveau rédacteur en chef cherche de nouveaux talents pour relancer l’édition. Eric se trouve au bon endroit, au bon moment. La maîtrise de son art fait le reste ; en 2 ans il intègre le top 10 de la coutellerie française.

Eric Parmentier est alors mentionné comme coutelier d’art, une appellation qui le flatte et le désole à la fois. « C’est vrai que mes couteaux étaient repris comme couteaux d’art, ce qui est valorisant, mais mon objectif à moi a toujours été de faire du fonctionnel. Faire du beau ET du pratique, c’est ça mon état d’esprit. J’ai donc commencé à chercher, puis à concevoir des mécanismes, j’ai déposé quelques brevets, j’ai inventé, j’ai amélioré, et peu à peu je suis sorti du lot. Quand je suis devenu pro à part entière, j’étais catalogué comme un électron libre puisque je ne venais d’aucune école spécialisée et que je travaillais avec mes propres méthodes. »

En bonne partie autodidacte, Eric doit beaucoup aussi à une rencontre avec celui qui deviendra son père spirituel, le coutelier français Alain Descy, décédé en 2011. « Dans le milieu, on était connu comme Tic et Tac puisqu’on faisait nous-mêmes nos mécanismes. Je dois énormément à Alain. Il m’a beaucoup appris et, malgré les 1.000 km de distance entre nous, nous avions vraiment le même esprit. »

Eric Parmentier fabrique ses couteaux de A à Z. De l’acier qu’il choisit méticuleusement parmi diverses qualités, à la moindre piécette de mécanisme, en passant bien sûr par les bois, tout est garanti Maison. Il lui faut 2 bonnes journées pour assembler l’un des 100 modèles de son catalogue, une gamme complétée chaque année de plus ou moins 5 nouveaux modèles.

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Connu dans un secteur … pointu !

Notre artisan coutelier n’a pas de site Internet, de peur d’être débordé de commandes et de perdre son âme créative. Pour des pièces dont le prix débute à environ 150 € et qui peut aller bien au-delà en fonction des désirs, la clientèle est très variée. « J’ai vraiment toutes sortes de clients et ce qui les unit, c’est simplement le désir de se faire plaisir en acquérant un bel objet utile. J’ai des clients qui sont des collectionneurs purs, d’autres qui sont des collectionneurs-utilisateurs, je fournis des services d’intervention, des groupes qui pratiquent l’escalade, un patron qui veut honorer un membre de son personnel qui part à la retraite, etc … J’occupe un marché de niche mais avec les forums Internet qui montrent et parlent de mes couteaux (exemple : http://www.pbase.com/lautla/neoczen_parmentier), je peux vendre partout dans le monde. Mon dernier couteau confectionné ici est parti au Bahreïn. »    

Comme un poinçon dans l’eau

Eric Parmentier, qui s’est auto formé à l’utilisation d’un logiciel de dessin de ces mécanismes, est en permanence à la recherche de l’innovation, que ce soit dans les matériaux utilisés, dans leur traitement ou dans les mécanismes. « Je n’ai pas de limite dans ma créativité et dans l’innovation. J’utilise les techniques du moment pour surprendre et séduire. » Sollicité de partout dans le monde, le hainuyer ne tient pas à disperser ses forces et on perçoit parfaitement que c’est dans son garage, parmi ses machines, qu’il se sent le mieux. Il participe néanmoins, avec Véronique, à 3 salons par an, à Gembloux, Thiers et Paris. Dans la capitale française, au rendez-vous international du SICAC (pour lequel il bénéficie de l’Aide provinciale à la Prospection des Marchés extérieurs), il est le seul belge parmi 130 couteliers du monde entier. Son poinçon en forme de poisson et qui fait référence au blason familial traçant l’origine du nom (un marin pêcheur, forgeron d’armes sur l’île de Noirmoutier) y est recherché car il symbolise la qualité et l’originalité façonnés par la passion.

                                                                                                                        Michel BELLEFONTAINE

Une version plus courte de cet article a été publié dans le magazine économique « B2Hainaut » d’avril 2014.