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Estinnes, c’est le poumon vert de la région du Centre et s’il est vrai que l’on y recense moins d’exploitations agricoles que par le passé, les villages de l’entité et leurs paysages restent incontestablement marqués du sceau de la ruralité. Mais si des fermes ont cessé leurs activités lors des dernières décennies, il se trouve encore aujourd’hui des passionnés qui contribuent à la survie d’une activité paysanne, toujours emblématique. C’est le cas de la famille MAES-DENEUFBOURG qui a investi, il y a quelques années, dans une nouvelle ferme.

Ferme Maes

Des cultures de l’autre côté de la route et une vache stylisée sur le fronton de l’étable, voilà résumée de manière très symbolique la vie de la famille MAES. Nous sommes à l’entrée du village de Peissant et c’est ici que Jean-Michel et son épouse, Janique, ont décidé de construire leurs installations (maison, granges, hangars, étable et ateliers), il y a plus de 8 ans. Issus l’un comme l’autre du milieu agricole, l’ex ferme familiale n’étant plus adaptée, c’est la solution du neuf qui a pris le dessus et permis l’extension des activités. De 10 ha et 15 bêtes en 1992, la ferme St-Martin est passée aujourd’hui à une centaine d’ha et environ 200 têtes de bétails. Terres et laitières, c’est le quotidien des MAES, passionnés par leur labeur et labours.

Jean-Michel Maes. « J’ai travaillé à l’extérieur auparavant parce que l’exploitation était petite chez mes parents. Mais mon but a toujours été de devenir exploitant indépendant. J’adore mon métier. C’est un métier qu’on ne peut faire que si on aime car il n’est pas facile. Si on doit compter ses heures, mieux vaut arrêter. C’est un métier qu’on fait avec passion. »

Son épouse, Janique, est dans le même état d’esprit. «  Je suis née là dedans et j’ai toujours tout aimé, aussi bien le nettoyage du bâtiment que celui de la literie des bêtes ou encore par exemple d’aller aux champs avec mon mari quand il en a besoin. J’aime faire un peu tout. La polyvalence me motive. »

Le bon sens paysan

Même s’il faut pouvoir tout faire dans une ferme, le travail est réparti dans le couple. Jean-Michel s’occupe ainsi des cultures, dispersées sur des terres allant d’Estinnes à Gottignies. Betteraves, céréales et maïs, pommes-de-terre, notamment, constituent la production actuelle qui évoluera peut-être.

« Nous n’avons pas une si grande exploitation que cela pour nous diversifier, nous dit Jean-Michel. Nous agrandir en reprenant des terres ? C’est envisageable, bien sûr. Mais pas dans l’immédiat car pour l’instant, les prix sont trop élevés. Ce sont des investissements trop lourds pour de la terre ! »

Particularité de la ferme, elle dispose d’un atelier de mécanique très complet.  « Oui, on fait quasi tout nous-mêmes. On fabrique même des pièces dont on a besoin. Toutes les réparations sont faites ici sauf maintenant pour les nouveaux tracteurs qui contiennent trop d’électronique. On doit alors passer par des garages spécialisés et équipés. »

Fermes Maes 2  Au nom du fils

A l’atelier, dans les champs ou à l’étable, Jean-Michel et Janique sont aidés ponctuellement par la famille, mais c’est surtout le fils qui s’implique dans l’exploitation  Du haut de ses 20 ans, Jérôme voit en effet son avenir dans la continuité de l’entreprise familiale, à la plus grand joie de ses parents. Jean-Michel. « Oui, il a fait l’école pour ça. Il a tous les diplômes nécessaires pour pouvoir reprendre l’affaire. Maintenant s’il faut l’aider, reprendre quelques chose par ici, on le fera. Quand on a quelqu’un pour reprendre une  ferme, à l’heure actuelle, il faut tout faire pour l’aider. Il est très amoureux de son métier aussi. » Janique confirme. « C’est pour lui qu’on est venu construire ici. Sinon on n’aurait pas envisagé les choses de la même manière. En construisant pour nous, on construit aussi le bonheur de notre fils. »

Meilleur beurre de Wallonie

Le bétail, c’est la partie de Janique. Et tous les animaux sont particulièrement bien soignés ! Ils disposent, par exemple, d’un nutritionniste chargé de gérer les rations hivernales. La traite est donc une activité récurrente pour Janique. Elle est également très occupée par la fabrication du beurre, un produit en vente directe à la ferme et qui fait sa renommée. Le beurre Saint-Martin, vient en effet d’être primé au « Coq de Cristal », un concours de produits de bouche, fermiers, agricoles et artisanaux, organisé par l’Agence Wallonne pour la Promotion d’une Agriculture de Qualité (APAQ-W). Janique est légitimement fière des pastilles qui ornent désormais ses emballages. « Pour 2013, on a été élu lauréat pour la catégorie du beurre salé. C’est une grande fierté pour moi, ça valorise mon travail, mon produit  et, au-delà, toute l’activité de notre ferme. »

                                                                        Michel BELLEFONTAINE

Une version plus courte de cet article a été publiée dans le magazine économique « B2Hainaut » de septembre 2013.

Jacquy Cange c’est un nom mais c’est aussi une marque désormais très connue, en Hainaut et bien au-delà. Si aujourd’hui Cange est synonyme de fromages de qualité, la réputation de l’artisan affineur de Stambruges ne s’est pas faite en un jour. Comme pour la maturation d’un fromage, sa notoriété est le fruit d’un travail de longue haleine et d’une remise en cause permanente. Aujourd’hui encore, Jacquy Cange ne se contente pas de gérer les acquis ! Il reste passionné par son métier, par son statut d’indépendant et par l’esprit d’entreprise qui l’habite.  

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La chance de Cange

Attiré par la gastronomie depuis sa plus tendre enfance, Jacquy Cange arrive tout à fait par hasard, et donc par chance, dans le domaine des fromages. En 1985, il achète un premier commerce itinérant et lance son épouse à l’assaut des marchés. Quelques mois plus tard, une nouvelle échoppe permet d’accroître son chiffre d’affaires et d’acquérir les locaux qu’il occupe toujours à Stambruges. « Je me suis installé ici un an après le début des activités. Petit à petit, nous avons progressé dans notre magasin et dans un autre, à Péruwelz. C’est à ce moment que je me suis intéressé à l’affinage car je me suis rendu compte que les produits que je vendais n’étaient pas ceux qui m’intéressaient comme gastronome. »

Avec son étiquette d’épicurien totalement assumé, Jacquy Cange décide alors de parcourir les fermes pour aller à la rencontre des producteurs. Il y va en toute humilité, pose des questions, écoute et prend des notes sur la manière dont les fabricants eux-mêmes envisagent l’évolution de leurs fromages. Il tente alors de mettre en œuvre, dans son atelier, les conditions optimales (humidité, ventilation, température, …) pour bonifier les produits jusqu’au top de leur dégustation. La voie de l’affinage s’ouvre à lui. Il ne la quittera plus.

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Les jeunes affineurs fromagers

Agé aujourd’hui de 58 ans, Jacquy Cange est titulaire d’un diplôme de restaurateur, obtenu en promotion sociale. Il cuisine depuis plus de 40 ans et adore cela. « J’aurais pu pratiquer n’importe quel métier de bouche. Ce que j’aime par dessus tout, et depuis ma plus tendre enfance, c’est l’harmonie, c’est l’association judicieuse des goûts, le food pairing comme on dit maintenant ! »

Jacquy Cange, c’est désormais une marque, chapeautée par la société « les jeunes affineurs fromagers » dont l’actionnariat est 100% familial et 100% wallon. La TPE compte 6 personnes dont des membres de la famille, mais pas les 2 fils, actifs dans d’autres secteurs, … pour l’instant !

L’atelier d’affinage du siège de Stambruges, où s’effectue aussi la vente au détail, fait 250 m² et Cange dispose également d’un camion-magasin. Sa société est active – à parts égales du chiffre d’affaires – dans 3 secteurs : la vente aux particuliers, aux restaurateurs et à l’export.

vitrine2013 (7)La vitrine de l’artisan 2013

Jacquy Cange vient d’obtenir le prix à l’export de « La vitrine de l’artisan », un concours national visant à promouvoir l’artisanat auprès du grand public et à susciter des vocations. Alors que les fromages qu’il affine proviennent principalement de Belgique, de France, d’Angleterre et d’Italie – des pays proches où le choix est important – ses produits finis se retrouvent sur des plateaux de restaurants bien éloignés de nos contrées. Grâce aux services de l’AWEX, dont il loue le professionnalisme depuis qu’il s’est tourné vers l’étranger, en 1998, Cange est présent à Singapour, aux USA ou encore au Japon. «  Ce prix est quelque-chose de merveilleux. J’en suis réellement fier car ce n’est pas un fromage qui a été désigné, ni même un homme seul, mais toute une équipe. Je considère que c’est la pérennité de notre travail depuis de longues années qui est saluée par le jury. »

Affinage créatif

L’affinage créatif est la spécialité de Jacquy Cange. Très tôt dans sa carrière, il décide de sortir des sentiers battus, d’évoluer, d’être imaginatif pour se démarquer de la concurrence. Le choix est judicieux et aujourd’hui Cange propose des fromages affinés au vin, à la bière, à l’alcool, farcis aux champignons, aux truffes, aux pâtes de fruits et à bien d’autres choses encore. En se basant sur des méthodes ancestrales, il a mis au point une technique qui le distingue des autres. «  Inspiration, imagination, découverte des produits, remise en question permanente, voilà ma méthode. A ce jour, j’ai une gamme d’environ 35 créations, et j’essaie d’en avoir une de plus chaque année. Pour 2013, je viens de créer un fromage inédit, dans le cadre d’un évènement culturel qui se déroulera fin septembre à Beloeil. Pour le reste, je travaille sur un panel de plus ou moins 350 fromages que je propose en rotation dans mon magasin, de sorte à respecter les saisons et à donner à mes clients l’envie d’avoir envie. »

Jacquy Cange se distingue donc aussi par son sens du marketing, même si celui-ci ne fonctionne pas dans toutes les circonstances. Un seul exemple; les restaurants. Il en sert aujourd’hui 150 (contre 300 dans les années 90 !), dont plus aucun en Flandre. Il le regrette mais constate un net repli identitaire de la communauté flamande.

Jacquy  Cange évolue dans son métier depuis plus de 30 ans. Ses affaires vont bien, il a des projets en tête mais avoue être actuellement en stand bye quant à l’avenir. Son souhait le plus cher serait de pouvoir former un successeur. Il demeure en tous cas positif, enthousiaste et encourage les jeunes à oser. « Les jeunes doivent se lancer, et travailler beaucoup. L’esprit d’entreprise, c’est génial ! »

                                                                                   Michel BELLEFONTAINE

Cet article a été publié dans le magazine économique « B2Hainaut » d’octobre 2013.

Société dynamique de la région du Centre, Roosens Bétons est particulièrement innovante et soucieuse de l’environnement. Son site de Familleureux sera bientôt équipé de la plus grande installation de panneaux photovoltaïques de Wallonie et l’entreprise s’est associée à l’opération de l’ONG « Graine de vie », de manière à compenser ses émissions de CO², en plantant des arbres à Madagascar. En cette fin d’année 2013, Roosens Bétons se distingue également par un concept de micro-usine mobile qui vient d’être présenté à Paris et qui devrait rencontrer un certain succès dans des pays en voie de développement.  

Roosens innove sur le marché des blocs de bétons destinés à la construction depuis déjà longtemps. L’entreprise produit sa gamme en Belgique et dans son usine de Casablanca, au Maroc, proches de ses grands marchés. Elle est désormais sollicitée par des clients plus éloignés des sites de fabrication et qui souhaitent aussi utiliser ses produits dont les qualités sont avérées. Danny Roosens, administrateur délégué Roosens Bétons. « Au départ, le Stabobloc est un produit innovant pour lequel nous avons déposé des brevets. C’est un concept de maçonnerie qui permet, grâce à une forme spéciale, le dosage automatique de mortier. Lors de notre présence sur divers salons, en Belgique ou à l’étranger, nous étions souvent interpellés par des visiteurs voulant fabriquer eux-mêmes ces produits. Jusqu’ici, nous tentions de les guider le mieux possible mais jamais nous n’avions eu l’étincelle de se dire que l’on pourrait leur proposer l’usine qui permet de fabriquer nos produits. »

Environ sept mois ont été nécessaires pour trouver la solution et la mettre au point sur le site de Familleureux. Le résultat vient d’être présenté au salon Batimat, à Paris. Roosens propose des micro-usines nomades, accessibles financièrement et qui pourront être placées directement sur les lieux de construction.

Document:  Roosens Bétons SA

Document: Roosens Bétons SA

Durable et abordable

« Aujourd’hui, on propose un concept de micro-usine intégré dans un container maritime, poursuit Danny Roosens. On y a rassemblé toutes les pièces qui permettent de construire les blocs qui constitueront ensuite des habitations, des maisons de type unifamilial. Au niveau du coût, je voulais absolument une solution accessible, en raison des marchés visés. Je ne voulais pas dépasser les 100.000 € et nous sommes arrivés bien en-dessous, aux alentours des 80.000 € pour notre première solution clé en main (Quick­_300). Et puis, nous proposons une  micro-usine plus importante, un modèle supérieur (Quick_800) dont la capacité de production est de 3 habitations par jour. » 

Documents : Roosesn Bétons SA

Documents : Roosesn Bétons SA

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Modèle qui tournera lui aux alentours des 220.000 €. Pour assembler dans le Centre ses micro-usines, Roosens Bétons s’appuie sur des partenaires industriels, constructeurs de machines. De plus, au-delà d’une simple vente, l’entreprise s’engage à un véritable transfert de technologie puisque des formations sont prévues pour les futurs utilisateurs, potentiellement issus des pays en voie de développement, comme le confirme Danny Roosens. « Nous vendons également la formation pour utiliser la micro-usine et pour construire ensuite des habitations avec les blocs produits. C’est un élément important, très bien accueilli par les candidats baptiseurs dans des pays du continent africain, américain du Sud ou asiatique. »

Roosens au Congo

La première micro-usine partira en République Démocratique du Congo. D’autres contrats devraient être signés rapidement pour ce concept global clé en main plutôt séduisant et qui met en œuvre des matériaux durables. Danny Roosens insiste sur ce point qui lui tient à cœur. « Le produit béton est constitué, en grande partie, de matières naturelles (pierres et sable) que l’on peut trouver à proximité des chantiers dans de nombreux coins du monde. On a aussi besoin de ciment, qui est un produit un peu plus évolué, mais on en met finalement très peu dans du béton. De plus, toujours dans le cadre des préoccupations environnementales, on peut affirmer que les constructions à base de béton sont vraiment durables. Le matériau est peu énergivore. Un peu d’électricité suffit (produite éventuellement par des panneaux solaires en option) pour concevoir des blocs bien calibrés qui constitueront ensuite des habitations solides dont certaines populations ont bien besoin. »  

                                                                                                 Michel Bellefontaine

 

Leader mondial dans le domaine des silicones et des technologies et innovations à base de silicium, Dow Corning possède désormais l’un des plus grands centres de stockage et de distribution de produits chimiques d’Europe. Implantée à Feluy, en bordure du zoning pétrochimique, l’infrastructure remplace celle qui se trouvait à Garocentre. Elle est ultramoderne et permet d’optimiser les flux.

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Il peut passer inaperçu car l’entrée du personnel et des visiteurs est située dans une rue à faible trafic et parce qu’il est adossé à une butte qui le rend discret. Mais dès qu’on le voit, c’est la surprise ! Le bâtiment est beau, fonctionnel et lumineux. Il a bénéficié pour sa construction des meilleures technologies de Dow Corning dont la plus spectaculaire est celle qui permet de grandes façades vitrées structurelles. Le rendement énergétique de l’infrastructure logistique est bien entendu à la hauteur. Le centre de distribution de Feluy est pleinement opérationnel depuis avril 2012.

Philippe Debauque, chef de projet Dow Corning. « Ce bâtiment est notre centre de distribution européen. Il rassemble toutes les productions faites sur les différents sites européens de Dow Corning et les redistribue vers nos clients situés en Europe, en Asie et au Moyen-Orient. Dow Corning possède trois sites de production en Europe ; un à Seneffe (Belgique), un au Pays de Galle et un à Wiesbaden (Allemagne). Toutes les productions de ces sites arrivent à Feluy, puis sont redistribuées, soit vers des sites de production pour y effectuer une étape finale de production, soit vers les clients. On reçoit aussi, dans ce site, tous les intermédiaires de production faits sur les autres continents, l’Asie et les USA surtout. »

C’est la société UTi, le partenaire logistique de Dow Corning, qui gère le site sur lequel travaillent environ 150 personnes. En 2 ou 3 pauses, selon les périodes, le personnel de manutention, réceptionne les produits entrants et prépare les expéditions, en général du lendemain. Les transports, vers les clients, les ports maritimes ou l’aéroport de Zaventem, s’effectuent exclusivement par la route. Le poste de garde, point d’entrée des véhicules, est très polyglotte. Chaque camion y est dirigé vers l’un des 34 quais de l’immense bâtiment, compartimenté en fonction des produits, comme nous l’explique Philippe Debauque. « Le bâtiment fait plus de 32.000 m², sur un terrain de 171.000 m², donc avec des possibilités d’extension. Pour donner un ordre de grandeur, l’infrastructure est grande comme cinq terrains de football. On y trouve différentes zones. On a une zone de stockage de produits standards, des zones dédicacées aux produits à des fins médicales, une zone de produit à 5°C et enfin une zone de stockage de produits dangereux. » 

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La sécurité est une préoccupation constante sur le site dont le coût de construction s’élève à plus de 30 millions d’€, financés entièrement sur fonds propres de Dow Corning. Le choix du terrain, en région du Centre, est d’ailleurs dû en partie à des critères sécuritaires. « Le choix du site a été opéré en fonction de plusieurs critères, précise Philippe Debauque. L’un d’eux était bien sûr l’accès aux voies de communication, élément essentiel pour un centre comme celui-ci. La disponibilité d’une main-d’œuvre qualifiée était un autre critère, tout comme le fait de pouvoir stocker ici des produits dangereux. Nous sommes un site catégorisé Seveso grand seuil, tel que mentionné dans la législation, et cela tient compte de la quantité et de la nature des produits stockés. » 

Le bien-être au travail est un aspect qui n’a pas été négligé comme en témoignent les locaux de restauration et de détente. L’espace de bureau, réservé au personnel administratif, est lui aussi vaste, coloré et lumineux. C’est l’univers de travail quotidien de Laurie Dupont. Elle remplit ici un rôle indispensable en matière d’import-export. Elle est agent en douane, pour les expéditions en Turquie et en Suisse. « Déclarant en douane, c’est une fonction qui permet d’établir le suivi des documents administratifs pour l’importation et l’exportation de marchandises pour le compte de différentes entreprises. C’est un métier qui est méconnu mais qui est vraiment intéressant. Il faut faire preuve de rigueur, être très méticuleux parce qu’il y a des responsabilités financières qui sont engagées. Il faut faire attention à ce que l’on fait, être très organisé et c’est ce que j’aime particulièrement. »     

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Dans les halls, la préparation des commandes est peu, voire pas du tout automatisée, en raison des formats et emballages de produits très variés. La gestion des flux n’en est pas moins optimisée dans ce centre de distribution à la pointe, d’où sortent chaque jour de 500 à 1.000 tonnes de produits. Philippe Debauque. « Oui, en fait ce centre était aussi une opportunité pour nous de remettre à jour nos procédures et d’améliorer notre productivité, notamment par exemple en instaurant une fonctionnalité qui nous permet de suivre les matières qui arrivent sur site, dès leur entrée. On enregistre le camion qui arrive, on sait où il se place, à quel quai il va être installé, où les marchandises vont être stockés temporairement pendant le déchargement et où elles seront mises en place dans l’entrepôt. Tout ça est géré par l’informatique, avec un système sans fil, et les opérateurs ont ainsi des directives claires sur la façon de gérer les produits. »

                                                                                 Michel BELLEFONTAINE

Multinationale d’origine américaine, Dow Corning est l’un des fleurons industriels de la région du Centre. Implantée à Seneffe depuis plus de 43 ans et employant quelque 650 personnes, l’entreprise a concrétisé récemment d’importants investissements. Dans le domaine du développement durable, elle est dotée depuis peu d’un centre de recherche sur l’énergie solaire, à la pointe de la technologie.

Le SEED (photo: MBe)

Le SEED (photo: MBe)

A la droite du bâtiment principal, déjà très élégant, de Dow Corning, et relié à lui par une passerelle de verre, le SEED est la nouvelle fierté du groupe. L’acronyme anglais signifie Centre d’Exploration et de Développement de l’Energie Solaire. L’édifice, qui représente un investissement de 9 millions €, est un condensé des technologies novatrices de Dow Corning, en matière de panneaux d’isolation, par exemple. Il combine également des sources d’énergie propres, comme les modules photovoltaïques montés face aux fenêtres, ou comme la géothermie, grâce à un puits creusé sur le terrain même. Le complexe de recherche est donc particulièrement emblématique du secteur développement durable de l’entreprise. Michel Rens, directeur Dow Corning Seneffe. « On a fait un effort tout particulier dans le domaine de la technologie, que ce soit ans la technologie des équipements qui y sont installés ou celle de la construction du bâtiment. Les bureaux ici sont neutres en matière de consommation d’énergie. Ce bâtiment est une vitrine du savoir-faire de Dow Corning car nos technologies y sont mises en évidence. Nous pouvons ainsi montrer à nos clients les effets positifs des technologies à base de silicone, notre métier, sur l’environnement et e manière générale sur tout ce qui concerne le développement durable.»

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Michel Rens, directeur Dow Corning Seneffe (photo: MBe)

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Cinquante personnes travaillent au centre de recherche dont la capacité d’accueil peut monter à septante-cinq. Techniciens spécialisés et chercheurs de haut niveau issus de divers pays européens, se côtoient dans les bureaux et labos. Parmi-eux, Guy Beaucarne. Né à Soignies, il y a 42 ans, cet ingénieur civil formé à l’université de Leuven a effectué un doctorat dans le domaine du photovoltaïque, avant de s’exiler deux ans en Australie. Il a collaboré ensuite à l’IMEC, l’Institut de Micro-électronique, puis a rejoint Dow Corning où il s’épanouit dans des fonctions utiles à la société. « Quand j »étais tout petit, je voulais être inventeur, je voulais trouver une solution aux problèmes de la société, dont le problème énergétique qui est un défi majeur. J’ai construit ma carrière sur cette passion que j’avais dès le plus jeune âge.»

Le SEED est l’un des maillons de Dow Corning qui réparti ses centres de recherches et développement dans le monde, par zone géographique et par domaine spécifique. Chez nous, c’est la conception de la cellule photovoltaïque qui focalise toutes les attentions, dans les deux parties distinctes du site. Michel Rens. «Nous avons ici deux bâtiments. Le premier est principalement dédié au développement de l’industrie du solaire. Nous y disposons d’une salle blanche qui nous permet de faire toute la production d’un panneau solaire. Nous pouvons tester, vérifier et développer les technologies qui y sont associées.»  Guy Beaucarne, chercheur au SEED, nous précise son travail au quotidien. « Nous développons ici de nouveaux matériaux qui vont être utilisés dans la fabrication de cellules et de modules photovoltaïques. Le second bâtiment, poursuit Michel Rens, est plutôt dédié à la synthèse de nouvelles molécules qui peuvent être utilisées dans toutes les applications que nous servons.»

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Photo: Dow Corning

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Photo: Dow Corning

Au départ de l’Europe, le marché de l’énergie solaire a connu une forte croissance au cours de la dernière décennie. Il voit désormais émerger de nouveaux pays comme le Japon, le Moyen Orient où les Etats-Unis. Le secteur de l’énergie solaire semble bien loin d’avoir dévoilé tout un potentiel que des chercheurs motivés s’efforcent de développer au quotidien et rarement dans la lumière des médias. Guy Beaucarne. « On n’a jamais connu de diminution des volumes. L’an passé, on était à plus 10%. Bien sûr, c’est moins que les 40 ou 50% enregistrés avant mais cela reste en croissance. Par contre, la grosse différence par rapport aux années précédentes, c’est que maintenant dans certaines régions, notamment d’Europe, l’énergie produite par le photovoltaïque est déjà compétitive au point de vue du coût par rapport à l’énergie achetée du réseau classique.»

Michel Rens, directeur Dow Corning Seneffe. « L’industrie solaire, comme vous le savez, est en pleine remise en question. Il y a énormément de concurrence des produits chinois. Mais, nous pensons que la technologie du silicone a un rôle important à jouer dans cette énergie pour lui permettre d’atteindre des degrés d’efficacité beaucoup plus élevés.»

Photo: MBe

Photo: MBe

Le mot de la fin est pour notre chercheur, Guy Beaucarne, qui a trouvé … son bonheur dans son travail. « Ce qui me motive tous les jours, ce qui me pousse à donner le meilleur de moi-même, c’est la volonté de développer des matériaux qui, finalement, pourront avoir un impact sur la société dans son ensemble. J’ai l’impression très positive de faire avancer les choses.»

Michel BELLEFONTAINE

Une bonne nouvelle pour l’économie, l’emploi et l’image dans la région du Centre. Le groupe DECUBE, implanté sur la zone d’activité économique de Strépy, confirme que son offre d’achat a été acceptée par la curatelle des anciens établissements THOMALU, déclarés en faillite en Janvier dernier. Le groupe va donc étendre son site actuel ainsi que ses activités. C’est principalement sa société Plasturgie LAZZERINI qui bénéficiera des nouveaux locaux dans lesquels nous nous sommes rendus en compagnie des trois propriétaires.

Trois entrepreneurs motivés en marche vers le nouveau destin de LAZZERINI

Trois entrepreneurs motivés en marche vers le nouveau destin de LAZZERINI

Le 10 décembre 2013, le groupe DECUBE sera propriétaire officiel des anciens ateliers de châssis THOMALU qui jouxtent son site, à Strépy. C’est notamment pour la société de plasturgie LAZZERINI, spécialisée dans les cabines sanitaires, que l’achat a été effectué par le groupe, entré dans l’actionnariat de l’entreprise familiale il y a 1 an, à hauteur de 47,5%. Damien de Dorlodot, administrateur délégué groupe DECUBE. « C’était une manière de diversifier un peu le groupe. DECUBE est un groupe multi-techniques et on peut vraiment dire aussi que l’activité de LAZZERINI est très technique. Donc, ça m’intéressait fort. En plus, comme c’est une société de la région qui avait besoin d’être aidée, nous n’avons pas hésité. » 

Après s’être créée puis développée à Ecaussinnes où l’atelier fut détruit par un incendie, la société LAZZERINI déploie ses activités, avec 27 équivalents temps plein, dans le zoning de Baudour, depuis 10 ans. C’est dans ces locaux devenus trop exigus et qui sont désormais à vendre, que sont fabriquées et assemblées les cabines en polyester, produits emblématiques de la société, comme nous le confirme Thierry Lazzerini, administrateur délégué Plasturgie LAZZERINI et fils du fondateur de l’entreprise. « Depuis le début des années 2.000, c’est vraiment devenu notre produit de base sur lequel on pose toute notre activité. La cabine sanitaire est notre produit phare ». « LAZZERINI, précise Damien de Dorlodot, est à ce jour le seul fabricant de salle de bain en polyester. Donc je pense qu’il y a vraiment un beau développement potentiel ».

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Thierry Lazzerini. « Nos clients de divers ordres mais l’essentiel aujourd’hui, ce sont les CPAS. Via les entreprises générales, ils nous commandent des cabines pour les rénovations extensions des homes existants. Nous avons aussi une clientèle dans le domaine des bateaux de croisière. Nous fournissons des cabines qui sont livrées, à Namur, là où sont construits les bateaux qui sillonnent ensuite les fleuves français, allemands ou croates par exemple ».    

Le potentiel de croissance semble réel pour l’entreprise, bien implantée en Wallonie et qui s’attaque à présent aux marchés flamand et français, tout proches. L’accroissement espéré du carnet de commande est à envisager parallèlement au déménagement à venir vers le site de Strépy. Un déménagement qui est aussi un beau défi. 

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« C’est un beau challenge effectivement, confirme Marc Dascotte, administrateur délégué Plasturgie LAZZERINI. Mais on ne dispose pas de gros équipements à déplacer et donc c’est une simple question de logistique qu’il va falloir traiter. En fonction des chantiers qui nous attendent au printemps 2014, l’idée est de gérer la transition en gardant une partie de l’activité sur Baudour tout en démarrant progressivement à Strépy. On se donnera quelques semaines, deux mois maximum, pour mener à bien la transition complète. Est-ce que le bâtiment de Strépy est tout à fait adapté à ce que vous faites à Baudour actuellement ? « Oui, c’est une configuration idéale pour notre activité. Et avec une taille qui correspond également au projet à 3 ou 4 ans que nous nous sommes fixés puisque Baudour arrive à saturation. La configuration du site de Strépy est tout à fait optimale et l’espace disponible est parfaitement adéquat ».  

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Le vaste showroom, quelques-uns des nombreux bureaux et l’atelier seront dévolus à LAZZERINI dont l’objectif, à moyen terme, est d’atteindre un chiffre d’affaires de 5 millions d’€, contre 3 actuellement. Le projet industriel, qui a séduit l’IDEA dans le dossier de rachat, se traduit aussi en termes d’emplois, tant pour LAZZERINI que pour MONNAIE-BAYS, la principale composante du groupe DECUBE, spécialisée dans la peinture industrielle, et qui disposera d’une parcelle du nouveau terrain pour un agrandissement nécessaire. Damien de Dorlodot. « Pour MONNAIE-BAYS, je me suis engagé à recruter une quinzaine de personnes, ce qui est en cours pour l’instant. Et pour l’avenir proche, nous comptons aussi développer  LAZZERINI ». Thierry LAZZERINI abonde dans le même sens. «  Le bâtiment de Strépy étant plus grand, on espère bien pouvoir lancer plus de fabrication. L’objectif est de monter à plus 15 personnes d’ici 2016 ou 2017 au plus tard. »

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En quatre ans, soit depuis qu’il est implanté à Strépy, le groupe DECUBE a démontré que son ambition pour la région du Centre dépasse le stade de l’utopie. Avec 260 collaborateurs, auxquels il faut ajouter maintenant les plasturgiens de LAZZERINI, ses espaces industriels contigus, proches du Canal, et cohérents dans leur diversité, sont porteurs d’un espoir que les gros projets en gestation ne devraient pas décevoir.

                                                                                                                   Michel BELLEFONTAINE

Sur le site dit du Bois Brûlé à Ghlin, dans la banlieue montoise, l’Hippodrome de Wallonie, déploie ses activités équestres depuis fin 1999. Mais si c’est bien à l’aube du 21ème siècle qu’est née la S.A. gestionnaire des lieux, c’est surtout l’année 2003 qui marque son véritable départ au galop. Depuis la construction de la vaste et moderne tribune principale (cofinancée par l’Europe), il y a 10 ans, le renom de l’hippodrome ne cesse en effet de grandir. Aujourd’hui, il est incontestablement la référence belge et on peut même affirmer qu’il est placé dans le tiercé européen des centres hippiques multidisciplinaires.

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L’existence de l’hippodrome de Mons et son développement doivent beaucoup au namurois d’origine liégeoise, Achille Cassart. Jeune président de la Fédération Belge des Courses Hippiques (FBCH), il constate, dans les années 90, que les enjeux collectés en Wallonie sont plus importants que dans tout le reste du pays. Les wallons sont joueurs mais ils parient majoritairement sur les courses qui se déroulent en France. Sensibilisé progressivement par ce potentiel inexploité chez nous, le Ministre-Président de la Région wallonne – à l’époque Robert Collignon – demande un rapport à Achille Cassart. Celui-ci base ses recommandations sur une situation qu’il connaît parfaitement. « La plus grosse partie des éleveurs de chevaux de courses, dont je faisais partie, se situait en Wallonie tandis que les propriétaires et les hippodromes étaient en Flandre ou dans la banlieue bruxelloise. Ce qui manquait chez nous, c’était donc une structure et un lieu pour organiser des courses ».

Un embryon d’hippodrome existant déjà à Mons, la Région wallonne accepte de développer le site. Elle devient actionnaire majoritaire de la S.A. Hippodrome de Wallonie dont l’autre partenaire principal est la FBCH elle-même. « L’investissement de la Fédération a été un élément déterminant dans ce dossier, nous confie Achille Cassart. Elle a investi environ l’équivalent de 500.000 €, soit 22% du capital. C’était important et inédit en Belgique ; de l’argent d’une association nationale placé dans un outil régional ! Nous sommes fiers de cette première ».    

60 journées/soirées de courses par an

L’Hippodrome de Wallonie est incontestablement le n°1 belge (les autres sont Ostende, Tongres, Kuurne et Waregem). Avec environ 60 jours de courses par an, il représente 45% de l’activité nationale et 75% des « price-money » distribués. Selon Achille Cassart, ce succès s’explique par les bonnes relations nouées avec le très puissant PMU français. « Nous avons actuellement une quarantaine de jours de courses par an qui servent de support au PMU. Le deal est le suivant. Nous prenons en charge tous les frais d’organisation d’une journée, y compris la production des images TV, les commentaires, l’envoi sur satellite, … Nous vendons ces courses au PMU, les parieurs français jouent et nous recevons un return sur les enjeux collectés ».

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Les courses montoises réalisent un chiffre d’affaires à l’étranger (surtout en France mais aussi en Suisse, en Espagne ou en Italie) de plus ou moins 100 millions € par an ! C’est considérable, nettement plus que les paris domestiques, et ces bons chiffres permettent à la S.A. gérée par Achille Cassart (qui emploie 6 personnes en gestion quotidienne et une trentaine les jours de courses) de devenir viable et de poursuivre ses investissements.

Des organisations de top niveau

« Nos infrastructures sont superbes et complètes (pistes, manèges, carrières, boxes, locaux..). Notre priorité, ce sont les pistes car sans elles on ne peut pas accueillir de bons chevaux. L’an dernier, le double vainqueur du Grand Prix d’Amérique (la plus prestigieuse épreuve au monde) est venu courir ici. Croyez-moi, les propriétaires ne déplacent pas ce type de cheval n’importe où. Si on a ici la crème des chevaux européens, c’est grâce à nos pistes ».

La piste de jumping fait également l’objet des meilleurs soins. Elle vient d’être rénovée, en prévision du jumping international qui y sera organisé du 3 au 7 juillet prochain. Il s’agira, et c’est une première, de la seule compétition outdoor 4 étoiles mise sur pied en Belgique. Un mois après, le 11 août, ce sera le Grand Prix de Wallonie, attirant le gratin européen des courses hippiques et dont le point d’orgue sera l’épreuve de trot attelé sur 2.300 mètres.

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Tourisme d’affaires

L’Hippodrome de Wallonie valorise également ses infrastructures d’exception et son aura internationale indéniable, par l’accueil d’entreprises. Son offre en la matière est tout à fait flexible, comme nous le confirme Xavier Rouet, speaker officiel, grand connaisseur des hippodromes européens : « Tout est possible sur ce site dédié au cheval. Nous disposons tout d’abord de notre immense tribune, modulable à souhait et qui est dotée d’espaces VIP. Les entreprises peuvent y organiser des séminaires, s’y restaurer, s’y détendre, soit en dehors des courses, soit pendant. Il est possible aussi de découvrir l’envers du décor des courses hippiques en assistant à la préparation des chevaux et jockeys dans les écuries. Nous permettons également à nos clients de participer réellement à une course. Ils sont placés sur un double sulky, au côté d’un driver professionnel et je vous assure qu’ils gardent de cette expérience unique un souvenir exceptionnel. Le site peut aussi accueillir des chapiteaux et autres structures pour des évènements particuliers. Nous sommes ouverts à toute demande ».  

Hip hip hip Hippodrome !

L’Hippodrome de Wallonie est devenu, en 10 ans, un centre de référence multidisciplinaire comme il en existe peu en Europe. En plus petit, il est comparable à celui d’Avenches, en Suisse, qui a servi de modèle à son déploiement. Ce n’est donc pas par hasard que l’on retrouve désormais Achille Cassart parmi les dirigeants de la Fédération Européenne des Courses où il milite comme vice-président, au côté d’un suisse, d’un suédois et d’un français. Dans les sports équestres, à l’échelle de l’Europe, la voix belge, et montoise, est entendue et respectée.

                                                                                                                 Michel BELLEFONTAINE 

Cet article a été publié dans le magazine économique  « B2Hainaut » d’août 2013 : http://www.hainaut-developpement.be/publications/b2h22.php?page=10

Fondés en 1863, les Ateliers Victor Gillieaux sont toujours actifs à Marchienne-au-Pont. Dans un secteur sidérurgique mondialisé, ils sont intégrés depuis 2006 au groupe ArcelorMittal, sous le nom d’Industeel Belgium. L’usine emploie environ 1.000 personnes et doit sa survie – dans un secteur très concurrentiel – à ses productions de tôles à haute valeur ajoutée, destinées à des marchés de niche. Bien sûr, Industeel a senti les effets de la crise de 2008, survenue après une année 2007 record en termes de volumes. Depuis 2010, les chiffres repartent à la hausse et l’entreprise est raisonnablement optimiste quant à son avenir. C’est reparti pour 150 ans ?

                                                                                                                                Michel Bellefontaine

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Le Centre wallon de Formation aux métiers de l’industrie chimique et des Sciences de la vie, le CEFOCHIM, est implanté dans la zone d’activité économique de Seneffe depuis 10 ans. Il vient d’inaugurer sa nouvelle aile de formation biopharmaceutique, unique en Belgique car dotée de plusieurs salles blanches telles qu’on en trouve dans l’industrie.

Inauguration du complexe biopharmaceutique par MM. Broze et Pcequeur, en présence d'André Antoine, ministre wallon de l'Emploi et de la Formation.

Inauguration du complexe biopharmaceutique par MM. Broze et Pecqueur, en présence d’André Antoine, ministre wallon de l’Emploi et de la Formation.

Le CEFOCHIM a ouvert ses portes en septembre 2003 et est labellisé Centre de compétence du FOREM depuis 2006. Intégré aux pôles de compétitivité BioWin, dédié à la Santé, et Greenwin, centré sur l’économie verte, il a pour mission de participer activement à la relance wallonne par l’organisation de formations dans les secteurs porteurs que sont la chimie et la biopharmacie. Des secteurs que Bernard Broze connaît bien. Il préside le CEFOCHIM et est administrateur-délégué d’Essenscia, la fédération belge des industries chimiques et des Sciences de la vie. «  Nos entreprises sont effectivement très importantes puisque nous représentons le secteur principal tant de l’économie wallonne que nationale. En Wallonie, le secteur pharmaceutique est réellement en croissance. Nous sommes passés d’environ 7.000 emplois en 2002 à près de 13.000 en 2012 ».  

Chiffres clés

La chimie et les sciences du vivant constituent la principale activité industrielle en Wallonie. Réalisant un chiffre d’affaires de plus de 11 milliards d’€, le secteur fournit environ 26.000 emplois directs, dont un bon tiers en Hainaut. Plus que jamais, il s’agit là d’un gisement potentiel à exploiter, comme le confirme Jean-Nicolas Pecqueur, directeur général de CEFOCHIM. « C’est clair qu’il y a du boulot à prendre. Ce sont des métiers si pas en pénurie au moins en très grosse tension. Cela signifie que les industriels peinent à trouver les personnes ayant les qualifications adéquates pour remplir les postes à pourvoir. Argument non-négligeable, ce sont des métiers à haut salaire puisque la valeur ajoutée des produits réalisés est très élevée ». Bernard Broze insiste sur le potentiel d’emploi. « Il y a de l’emploi à prendre dans nos métiers puisque nous aurons, notamment, à remplacer près de 4.000 personnes dans les 10 ans qui viennent, suite au vieillissement de la population ».   

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Le CEFOCHIM, fruit d’un partenariat public-privé – et initiative conjointe du patronat et des syndicats – est une vraie « success story » de la formation. Il recense à ce jour 23 collaborateurs qui dispensent annuellement non moins de 130.000 heures de formation. Des chiffres là aussi en forte croissance, selon le directeur général. « Au départ, le CEFOCHIM était prévu pour dispenser uniquement 40.000 heures de formation. Or le secteur, très pourvoyeur d’emplois, requiert une importante main-d’œuvre qualifiée. Il nous a donc demandé d’accroître notre offre ».

Public cible diversifié

Le CEFOCHIM adresse ses formations à 4 publics cibles. Les travailleurs des entreprises de la chimie, des matières plastiques et de la biopharmacie sont les premiers concernés. Ils étaient 1.500 en 2012 à suivre une formation continue. Les demandeurs d’emploi sont également concernés. 170 d’entre eux ont été qualifiés, en 2012, à des métiers comme techniciens de production en chimie ou en pharmacie, technicien de maintenance ou spécialiste en culture cellulaire ou en études chimiques. Le taux de réinsertion de ces demandeurs d’emploi dans le monde du travail s’élève à quelque 80%. Enfin, l’univers scolaire est également privilégié. Environ 800 étudiants et 100 professeurs se forment annuellement au CEFOCHIM où ils sont en prise directe avec les exigences industrielles réelles.

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Des salles blanches uniques

Faire correspondre ses équipements didactiques à la réalité industrielle est une préoccupation permanente de CEFOCHIM. En 10 ans, le Centre a investi un total de plus de 6 millions d’€ (bâtiments et équipements) afin d’être véritablement à la pointe. Le nouveau complexe de formation biopharmaceutique est une extension de 600 m² du bâtiment initial. Il a coûté 1.700.000 €, cofinancés par le FOREM, l’Europe (FEDER) et le Fonds de formation. Il comprend 3 salles blanches (des salles aseptiques), uniques en Belgique et qui constituent un dispositif de formation très précieux. Bernard Broze. « Ce sont des salles où l’on peut réaliser, dans des conditions aseptiques, des opérations de préparation, de production, de purification et de remplissage de produits biologiques tels des vaccins, des cultures cellulaires ou autres. C’est vraiment un outil exceptionnel qui permet de répondre aux besoins réels des entreprises biopharmaceutiques ».

                                                                                                                  Michel Bellefontaine 

Mémoire de Patrimoine est une jeune société dont les locaux se trouvent au parc Initialis, dans l’incubateur d’entreprises technologiques de l’IDEA. L’entreprise est spécialisée dans les relevés de précision par laser des bâtiments et objets d’art. Il s’agit d’une activité de niche, porteuse d’espoir de développement, et que commence à connaître et à apprécier ses clients ; les architectes, bureaux d’études, musées et organismes travaillant sur le patrimoine.  

Photo: Mémoire de Patrimoine

Photo: Mémoire de Patrimoine

L’idée de porter Mémoire de Patrimoine sur les fonts baptismaux émane de Jean-Pierre GODEFROID. Une exposition réalisée il y a 3 ans au Grand-Hornu, et qui aborde la technologie de mémorisation du patrimoine architectural, lui sert de déclic. Un tour d’horizon des acteurs européens actifs dans ce domaine le conforte ensuite dans sa volonté. Cette niche étant libre en Belgique, let’s go ! Aujourd’hui, une équipe de 4 personnes constitue le noyau de la TPE, auquel s’ajoutent des collaborateurs extérieurs en fonction des besoins. Architectes, historiens de l’art, ingénieurs géomètres, dessinateurs d’architecture et infographistes sont les profils utiles pour ce passionnant boulot. 

Document: Mémoire de Patrimoine. Etude de déformations.

Document: Mémoire de Patrimoine. Etude de déformations.

 » Notre core-business, nous dit le président fondateur et administrateur délégué, Jean-Pierre GODEFROID, c’est le relevé de haute précision, que ce soit sur des édifices architecturaux ou sur des objets d’art. Nous travaillons essentiellement par la technique laser qui peut être complétée par de la photogrammétrie. Pour imager mes propos, ce que nous faisons, c’est prendre des empreintes digitales qui nous permettront de restituer nos cibles en 2 ou 3 dimensions ». 

Analyses de structures et réalité augmentée

La société a investi dans son propre matériel qu’elle a adapté à ses activités. Les relevés qu’elle réalise sont utilisés pour établir des plans, des coupes, des façades, de manière extrêmement précise. Son travail peut déboucher aussi sur de l’analyse de structures. Jean-Pierre GODEFROID. « En scannant un bâtiment dont on connaît les plans de départ, on peut relever des éventuelles déformations. Les millions, voire milliards, de points fournis par notre laser ne laissent passer aucun détail. Tout cela constitue une source d’information importante pour les ingénieurs qui peuvent visualiser en 3 D des déformations, des fissures, des murs qui ont bougé, … et prévoir ainsi les corrections nécessaires ».

La réalité augmentée est une autre tâche que peut effectuer Mémoire de Patrimoine sur un édifice. La technique consiste à redessiner, sur base de documents anciens ou d’hypothèses historiques, des éléments d’un bâtiment qui ont disparu. Ces éléments et les relevés sur les parties existantes sont ensuite mis ensemble pour reconstituer l’édifice tel qu’il était à l’origine. D’impressionnantes visites virtuelles sont aussi proposées aux clients. 

De beaux projets comme cartes de visite

La clientèle de la société est à la fois privée et publique, bruxelloise et wallonne. Le Hainaut n’est pas encore significatif dans son chiffre d’affaires, même si elle peut faire valoir de belles références, comme le Beffroi et l’Hôtel de Ville de Mons, ou encore le projet de la maison « Losseau », toujours à Mons, digitalisée en vue d’une restauration à l’identique. 

Dans un contexte de crise économique, l’entreprise montoise est d’un optimisme pondéré quant à ses perspectives. Jean-Pierre GODEFROID. « On souhaite évidemment que la conjoncture s’améliore. Nous misons aussi sur les architectes qui découvrent peu à peu notre pratique relativement novatrice. Il nous appartient de convaincre de l’intérêt de nos techniques par rapport aux relevés traditionnels. Ça commence à prendre mais c’est un travail de fond ».

Document: Mémoire de Patrimoine

Document: Mémoire de Patrimoine

Mémoire de Patrimoine commence à travailler dans le nord de la France et envisage des pistes de croissance à l’exportation, dans les pays voisins. L’entreprise place aussi beaucoup d’espoirs dans le développement de l’autre versant de son activité ; le travail de valorisation multimédias des œuvres muséales. La modélisation des collections du Grand Cursus, à Liège, est en cours et notre interlocuteur compte bien utiliser cette carte de visite pour ouvrir d’autres portes.

                                                                                                                Michel Bellefontaine 

Cet article a été publié dans le magazine économique « B2Hainaut » de mars 2013. http://www.hainaut-developpement.be/publications/b2h21.php?page=12