Archives de la catégorie ‘Entreprises’

C’est une histoire comme on les aime, relativement classique dans l’univers des entrepreneurs de la construction mais remarquable par sa longévité. En 1896, le patriarche de la famille De Poorter démarre son activité, en Flandre, avec une brouette et une pelle. Quelques temps plus tard, il passe au cheval et au charriot puis, peu à peu, la mécanisation fait son apparition. Aujourd’hui, après 117 ans d’existence, la famille est propriétaire d’un groupe qui totalise quelque 630 personnes, actives en Belgique, aux Pays-Bas et en France. La spécialité du Groupe MONUMENT, c’est la restauration de bâtiments historiques. Le passé se conjugue donc au présent pour des ouvriers talentueux et passionnés dont le savoir-faire remet en valeur notre illustre patrimoine.

Photo: Notre Dame à la Rose

Photo: Notre Dame à la Rose

La maison-mère MONUMENT VANDEKERCKHOVE est implantée à Ingelmunster. Le groupe comporte aussi des entités à Brasschaat, à Rouen où il a repris une société âgée de 236 ans, et à Tournai, tête de pont pour la Wallonie. Une entreprise générale démarre actuellement en Hollande et plusieurs autres sites apportent leur appui, en sous-traitance, dans des domaines spécifiques comme le parachèvement, le matériel et la logistique ou encore des activités de recherche et de conseil. Depuis longtemps le Hainaut est important pour le groupe. Ghislain CLAERBOUT, administrateur délégué de MONUMENT HAINAUT : « Tournai n’est pas très loin d’Ingelmunster et MONUMENT est présent dans la région depuis la fin des années 70. Au début, nous étions à Mouscron, nous avons déménagé ensuite vers un terrain de la Zone Tournai Ouest et, depuis 2009, nous sommes dans ces locaux de Marquain. Nous possédons aussi, toujours à Tournai, un site de plus de 3 ha où nous avons décidé, il y a 5 ans, de rassembler toutes les menuiseries du groupe. 8000 m² d’ateliers et 700 m² de bureaux sont dédiés à cette activité essentielle. L’investissement de 6,5 millions d’€ est le plus important réalisé jusqu’ici par le Groupe MONUMENT ».  

Photo: Notre Dame à la Rose

Photo: Notre Dame à la Rose

Une main-d’œuvre qui met ses mains à l’œuvre

L’implantation en Hainaut s’explique par des éléments géographiques (position centrale, moyens de communication aisés, proximité de la Flandre, de Bruxelles et de la France), historiques (proche du berceau flamand des fondateurs) et patrimoniaux (Tournai est une ville chargée d’histoire). Mais une autre motivation a également donné sa pleine mesure à l’heure du choix ; la disponibilité des compétences nécessaires en termes d’ouvriers spécialisés. « Nous employons ici plus de 100 personnes et nous avons besoin d’une main-d’œuvre bien formée », nous explique Ghislain CLAERBOUT. « A Tournai, nous avons la chance de disposer de 2 bonnes écoles pour les métiers de la menuiserie et de l’ébénisterie ; Saint-Luc et Don Bosco. Nous puisons nos collaborateurs dans ce vivier. En ce qui concerne les charpentiers, comme il n’existe pas d’école spécifique, nous formons en interne, en utilisant la technique du trinôme ; un maître charpentier expérimenté travaille avec un ouvrier de 4/5 ans de métier et avec un débutant. Nous assurons ainsi une continuité dans le savoir-faire ». Pour les tailleurs de pierre, la démarche est encore plus poussée puisque l’entreprise a créé sa propre école. Celle-ci ne fonctionne pas tout le temps mais ouvre des sessions quand c’est nécessaire pour renouveler ou rajeunir la main-d’œuvre. « En tant qu’employeur, nous avons la responsabilité d’assurer la continuité du carnet de commande. Nous devons par conséquent être attentifs à la bonne adéquation entre nos commandes et le personnel formé et disponible pour assumer le travail. C’est pour cela que MONUMENT HAINAUT est une société à croissance lente. Notre chiffre d’affaires (environ 12 millions d’€ en 2012) évolue de 10 à 15% par an, pas plus. De cette manière, nous pouvons assurer nos engagements ».

Diversification avec des PPP   

MONUMENT HAINAUT a travaillé sur quelques bâtiments emblématiques de notre province. On peut citer, entre autres ; la Cathédrale et le Beffroi de Tournai, l’Hôpital Notre-Dame à la Rose de Lessines, l’Abbaye d’Aulne ou encore l’Ecomusée de Bois-Du-Luc. Dans le cadre de Mons 2015, capitale européenne de la Culture, la société aura prochainement quelques autres chantiers de rénovation. Elle est active également en Wallonie et à Bruxelles et tente de pénétrer le marché français, tout proche. « Notre business dépend  majoritairement (à 70-80%) d’investissements publics », précise encore Ghislain CLAERBOUT. « Nous comptons toujours sur ces investissements mais nous savons aussi qu’en cette période de crise qui perdure, ils sont hélas revus à la baisse. Nous devons donc nous adapter. C’est pour cela que nous avons conclu 2 contrats PPP (Partenariat Public-Privé). A Chapelle-lez-Herlaimont, nous avons débuté un beau chantier de construction-rénovation sur un ancien site industriel. L’objectif, compliqué par des lourdeurs administratives, est de créer du logement, public et privé, et des espaces de bureaux. Un autre projet important est la transformation de « La Chartreuse », à Liège, en Maison de repos ».   

Photo: Notre Dame à la Rose

Photo: Notre Dame à la Rose

MONUMENT HAINAUT a décroché à Paris un gros chantier (4,7 millions d’€) de confection et de placement de châssis. Il s’agit ici d’un contrat avec un privé qui va transformer l’ancien hôpital LAENNEC en appartements. Le bâtiment classé implique que les châssis soient refaits à l’identique. C’est l’une des spécialités de l’entreprise belge qui compte beaucoup sur ce travail pour faire connaître et reconnaître ses talents chez nos voisins. « Nous exerçons des métiers passionnants qui nous obligent à être curieux, à être ouverts sur la culture, le patrimoine, les matériaux et les techniques anciennes de construction », nous confie en conclusion Ghislain CLAERBOUT. « On rencontre des interlocuteurs enthousiastes et chaque chantier est valorisant, même si certains peuvent être très compliqués. Prenons en exemple la rénovation des 5 clochers de la Cathédrale de Tournai. Nous devrons installer 17.000 m² d’échafaudages et travailler à 86 m de haut. C’est hors norme, c’est un défi humain et technique que seuls des artisans passionnés peuvent assumer ».    

                                                                                                                Michel Bellefontaine

Une version plus courte de cet article a été publiée dans le magazine économique « B 2 Hainaut » de mars 2013. http://www.hainaut-developpement.be/publications/b2h21.php?page=12

Originaire de Mons, Benjamin SURAIN a 36 ans et est entrepreneur dans l’âme, à l’instar de son père et de son grand-père. Gradué en design de Saint-Luc Tournai, ce passionné de motos a déjà roulé pour pas mal de secteurs professionnels. Après l’imprimerie, la cosmétique, le centre de recherche de la céramique, la domotique ou encore l’électronique, il décide de lancer sa TPE, il y a 3 ans. L’objectif de SURAIN Motorcycles ; occuper la niche encore libre et prometteuse des motos électriques. Son 1er prototype sera prochainement sur nos routes. Il s’appelle EOL, conçu et assemblé à 100% en Wallonie picarde. Et 2 autres motos complèteront la gamme, toujours dès cette année.    

Le premier prototype. Photo: MBe

Le premier prototype. Photo: MBe

Soutenu par la filiale énergie durable de l’IDETA, Wapinvest, Novallia et la Wallonie, SURAIN Motorcycles fait ses premiers tours de roues encourageants dans le Centre d’entreprises du PAE de Tournai-Ouest, Negundo 2. Benjamin SURAIN est à la fois le CEO, le designer, l’ingénieur, le testeur, le commercial et le porte-parole de sa startup. Il ambitionne bien sûr d’engager rapidement du personnel, persuadé des possibilités du marché des deux-roues électriques. A ce jour, quelque 17 millions de ces « e-scooters » circulent sur les routes du monde, mais principalement en Asie. Chez nous le potentiel de croissance est très élevé, ce qui explique l’implication dans ce secteur de grandes marques telles Peugeot, Yamaha, Smart et Mini. Benjamin SURAIN se distingue de la concurrence par une approche particulière. « A la différence de ces grands constructeurs qui adaptent la propulsion électrique sur une partie-cycle existante, nous misons quant à nous sur la conception et le développement d’un nouveau type de véhicule autour du combiné moteur et batterie. C’est une toute autre philosophie ».

 Ressusciter un savoir-faire national

 Certains l’ont peut-être oublié mais notre pays, et la Wallonie en particulier, ont été mondialement connus dans le domaine de la construction de motos. Dans la première moitié du siècle dernier, elles s’appelaient Sarolea, La Mondiale, FN, Flandria ou encore Gillet et faisaient la fierté de notre industrie. L’ambition de Benjamin SURAIN est de se placer dans le sillage de ces illustres machines labélisées « made in Belgium ». A terme, il vise un public-cible féru de technologie innovante et d’exclusivité. Une fourchette de 12.000 à 14.000 € est envisagée pour une version scooter, équivalente à un 125 cc thermique, et il faudra monter au-delà des 19.000 € pour le modèle OI, qui existera en 2 versions de puissance.

Ce positionnement haut de gamme s’explique par les matériaux et technologies utilisés (aluminium employé en aéronautique, batteries Lithium nanophosphate, moteur Agni, …) et par une relation humaine particulière établie entre le client et l’entreprise. Benjamin SURAIN : « Il est clair que je souhaite développer la startup et donc créer de l’emploi. J’ai un premier collaborateur depuis peu et deux étudiants spécialisés en éco-conception vont nous rejoindre, en stage jusque fin juin. J’espère ensuite pouvoir leur donner une chance en les engageant dans l’aventure.  Je désire aussi responsabiliser mes collaborateurs en leur confiant l’intégralité du montage d’une machine. Autrement dit, chaque moto sera construite et assemblée manuellement dans nos ateliers, par une même personne qui restera l’employé de référence et de contact pour le client. Je tiens beaucoup à cette valorisation et implication du personnel. Seuls les roues, freins et batteries de nos motos sont importés de fournisseurs spécialisés. Tout le reste est géré en interne et donc certifié 100 % Wallonie picarde ».   

Un premier prototype accessible, adaptable et de haute technologie

En septembre dernier, SURAIN Motorcycles a présenté son prototype EOL (Electric Optimal Locomotion). La moto, réalisée en matériaux recyclables et durables, arbore un design à la fois futuriste et vintage. Une électronique embarquée intelligente est prévue sous forme d’un Smartphone à écran tactile pour la gestion des performances, de la batterie, de l’alarme et du GPS. Les batteries offrent une durée de vie inégalée, une puissance non négligeable et une grande autonomie (150 à 250 km) qui sera encore optimisée par un système de freinage régénératif digne d’une formule 1. La configuration du véhicule, doté d’une clé numérique unique, sera propre à chaque utilisateur et pourra être modifiée à distance par connexion internet. Comme le confirme son concepteur, le prototype en est presque à la phase de commercialisation. « Nous sommes actuellement dans la dernière phase d’assemblage avant l’homologation. EOL sera certifiée comme une mobylette de classe A et donc accessible aux conducteurs détenteurs du permis A3 ou d’un permis B depuis plus de 2 ans. Nous espérons une commercialisation fin avril-début mai pour un prix d’environ 4.000 € ».    

Benjamin Surain teste son engin. Photo: MBe

Benjamin Surain teste son engin. Photo: MBe

Utilisation touristique et dans des Parcs d’Activité Economique 

La propriété intellectuelle du prototype EOL appartient à la s.a. Elsa, filiale de l’IDETA, qui a financé la R&D du véhicule. Cela signifie que les pistes d’utilisation prioritaire de la moto seront liées aux missions de base de l’intercommunale ; l’activité économique et le développement touristique.  Il serait ainsi possible de voir prochainement ces deux-roues mis à disposition des travailleurs se déplaçant en train et se rendant ensuite dans les PAE de Leuze-Europe et de Frasnes. Autre possibilité, le déploiement par la Maison du tourisme de Wallonie picarde d’une petite flotte de motos à destination des touristes qui seraient aiguillés sur des circuits adaptés à la vitesse et au rayon d’action de l’EOL.

                                                                                             Michel BELLEFONTAINE 

Une version plus courte de cet article a été publiée dans le magazine B 2 Hainaut de mars 2013. http://www.hainaut-developpement.be/publications/b2h20.php?page=14

Janssen Pharmaceutica, est la toute première entreprise venue s’implanter sur l’extension, dite du Bois de la Hutte, de la Zone d’Activité Economique de Garocentre. Inauguré avec fastes, en présence notamment du Premier ministre, le centre européen de distribution de produits pharmaceutiques fait partie du groupe mondial Johnson & Johnson. Il fédère à La Louvière les activités de 15 plateformes logistiques, emploiera à terme quelque 115 personnes et distribuera annuellement non moins de 160 millions de boîtes de médicaments. L’investissement louviérois de Janssen conforte l’ancrage wallon d’un groupe déjà présent à Courcelles. Le bâtiment de Garocentre a coûté 49 millions d’€, dont 11 millions de subsides wallons.

(Photo : Janssen Pharmaceutica)

(Photo : Janssen Pharmaceutica)

Janssen Pharmaceutica est né en 1953 à l’initiative du Dr Paul Janssen qui décida à l’époque de créer, à Turnhout et avec quelques collaborateurs seulement, un organisme de recherche. L’intégration avec l’américain Johnson & Johnson intervient dès 1961 et aujourd’hui la société est un centre d’excellence reconnu au niveau mondial pour la R&D et la production de médicaments. L’entreprise est présente sur 4 sites en Belgique (Beerse I et II, Geel et Olen) qui emploient au total près de 4.000 personnes. Plus de 80 médicaments Janssen sont utilisés dans le monde. Ils transitent depuis octobre 2012 par La Louvière. « Le centre européen de distribution de La Louvière nous permet de livrer nos produits pharmaceutiques de manière plus efficace. Les hôpitaux verront également diminuer le poids de leur logistique et de leurs coûts administratifs grâce à cette nouvelle structure. En outre, la direction des 3 centres de distribution du groupe en Belgique (Beerse, Courcelles et La Louvière) sera centralisée. La très grande proximité de ces 3 centres permet de tirer parti de synergies et d’échanger les meilleures pratiques et le know how », selon Tom HEYMAN, CEO de Janssen Pharmaceutica.

Une ambition mondiale

Janssen concentre ses efforts sur 5 domaines thérapeutiques ; les neurosciences, l’oncologie, les maladies infectieuses, l’immunologie et les maladies cardiovasculaires et métaboliques. D’ici à 2020, la s.a. ambitionne de devenir leader mondial dans la prise en charge de certains syndromes pour lesquelles il n’existe pas encore de traitements efficaces et elle investit les moyens nécessaires pour y parvenir (1,2 milliard d’€ en R&D et 148 millions d’€ en infrastructures et nouvelles technologies, en 2011). La Belgique demeure un point névralgique du groupe. « Nous souhaitons continuer à investir dans notre pays », entend-on auprès de la direction générale de Janssen. « Ces 2 dernières années, la Belgique a entrepris de nombreux efforts pour créer un climat attractif aux investissements dans l’industrie pharmaceutique, un des piliers de l’économie wallonne et belge. Nous avons donc continué à investir ici, grâce à la possibilité de compenser les lourdes charges sur l’emploi par un savoir-faire scientifique important et un climat fiscal stimulant. Nous plaidons pour la stabilité à ce niveau car notre industrie réfléchit et agit sur le long terme ».

(Photo : Janssen Pharmaceutica)

(Photo : Janssen Pharmaceutica)

Une infrastructure moderne et durable

Le nouveau centre européen de distribution de Janssen est construit sur un terrain de 70.000 m². Le bâtiment, doté des meilleures technologies logistiques, couvre une surface de 21.500 m². Le centre, lorsqu’il sera pleinement opérationnel, pourra traiter 385.000 commandes par an, qui seront acheminées vers 40.000 destinations, en Europe et dans le monde. De gros efforts ont été consentis pour que l’infrastructure soit respectueuse de l’environnement. La construction a mis en œuvre des matériaux locaux, régionaux et renouvelables ainsi que du bois certifié et récolté de manière durable. L’isolation est efficace et les systèmes de chauffage et de refroidissement sont le moins énergivore possible. L’eau de pluie est récupérée et des panneaux photovoltaïques seront installés dès cette année 2013. 

Deux ans presque jour pour jour après la pose de la 1ère pierre, le CEO de Janssen Pharmaceutica est pleinement conforté dans le choix d’implantation du nouveau centre. « Nous avions besoin d’une localisation centrale en Europe, d’accès routiers et autoroutiers aisés et non-saturés, de la proximité d’un aéroport et d’une possibilité de trouver sur place de la main-d’œuvre dans le domaine logistique. Nous avons envisagé l’implantation dans des pays voisins avant d’arrêter notre choix sur ce site ». Cette décision réfléchie d’un groupe à vocation internationale récompense les efforts des pouvoirs publics wallons pour attirer des investisseurs sur les nouveaux terrains équipés des Parcs et Zones d’Activité Economique.

                                                                                                  Michel BELLEFONTAINE  

Cet article a été publié dans le magazine économique B 2 Hainaut de mars 2013. http://www.hainaut-developpement.be/publications/b2h20.php?page=14

Ça bouge beaucoup dans le domaine de nos brasseries régionales. Début novembre 2012, la brasserie d’Ecaussinnes, que le couple Van Poucke a relancé il y a 13 ans, a été rachetée par un investisseur chinois, associé minoritairement à un français. Il n’est pas question de délocalisation de la production mais plutôt d’une modification de la gamme de bières et d’un accroissement conséquent des volumes. Le marché chinois est hors norme !

 

Photo: brasserie d'Ecaussinnes

Photo: brasserie d’Ecaussinnes

Hugues et Isabel Van Poucke (et même leurs deux charmantes filles de 3 et 11 ans !), ont énormément travaillé pour brasser à nouveau l’Ultra, à Ecaussinnes, et faire de leur ancienne ferme-château ce qu’elle est aujourd’hui ; une entreprise florissante et un lieu d’accueil pour touristes ou groupe d’amis. « Outre les parties d’habitation, le site comprend tout d’abord la brasserie que l’on peut visiter sur rendez-vous. Nous avons aussi non moins de 5 salles ; l’une de 420 personnes assises à tables, une autre de 120 places et 3 salles pouvant accueillir 50 personnes. Il y a également le restaurant « Le Caquelon » d’une capacité de 120 couverts. Il dispose d’une agréable terrasse et, depuis quelques mois, le concept proposé est celui de la fondue à volonté. C’est un endroit très convivial pour un moment en famille ou entre amis ».

La brasserie d’Ecaussinnes produit une vingtaine de bières, dont la gamme Ultra. L’arrivée de l’investisseur chinois, le plus gros importateur de produits alimentaires belges, va quelque peu changer la donne. Hugues Van Poucke.  » Pour nous, ça ne représente pas un bouleversement complet. Nous continuons à produire de la bière ici puisque c’est le Made in Belgium qui intéresse les chinois. Mais la gamme va être un peu réduite. Nous allons arrêter certains de nos produits qui se vendent moins et, par contre, nous fabriquons maintenant une très bonne bière blanche que les chinois adorent ».

Des investissements pour la production et pour l’accueil sur le site

Si la gamme évolue, il en va de même pour les volumes. Il faut brasser plus pour exporter plus, c’est logique ! Le propriétaire asiatique, qui passe en Belgique et donc à la brasserie une fois par mois, ne manque pas d’ambition, ni de moyens.  » Une grande partie de la vente est prise en charge par eux », nous confie encore Hugues Van Poucke. « Nous, on se concentre presqu’exclusivement sur la production. Et comme on doit fabriquer plus, des investissements ont été effectués. De nouvelles machines sont déjà là, dont une qui nous permet de mettre automatiquement la marchandise dans des cartons, prête à l’expédition ».

Photo: brasserie d'Ecaussinnes

Photo: brasserie d’Ecaussinnes

Les chinois modernisent l’outil mais ils ont aussi des projets pour l’ensemble du site. Il est ainsi question de baliser et de sécuriser la brasserie, en vue de l’organisation des visites, de réaménager le parking et de créer une salle d’accueil et de dégustation, notamment. L’objectif avoué de ce lifting en profondeur est d’amener à Ecaussinnes des cars de touristes venus d’Asie. Le nombre actuel de 2.000 à 3.000 visites annuelles devrait être vite dépassé.

Partenariat avec « La Binchoise »

La brasserie d’Ecaussinnes et la brasserie La Binchoise ont noué récemment un partenariat. Celui-ci, devrait (ou pourrait) déboucher, dans un avenir proche sur un changement de gestionnaire. Hugues Van Poucke. « A la binchoise, ils ne veulent plus investir dans du matériel et ils n’ont plus de place pour s’étendre. Par conséquent, nous avons commencé à produire pour eux car ils enregistrent aussi une belle augmentation des volumes. D’un autre côté, nous avons de l’aide au niveau de la technique de fabrication de la bière par Bruno Deghorain, qui est un expert dans ce domaine. Normalement, il devrait prendre ma succession dans 2 ou 3 ans ».

Hugues Van Poucke ne va pas quitter le monde brassicole mais s’investir, via une nouvelle société déjà créée, dans la vente de matériel neuf et d’occasion pour les brasseries. Très dynamique et bien introduit dans ce milieu de passionnés où tout le monde se connaît, il ne devrait pas rencontrer trop de problèmes dans sa reconversion. D’autant plus qu’il n’hésite pas à prédire un avenir positif pour le secteur. « Il y a un bel avenir pour la brasserie d’Ecaussinnes et, je crois, pour quasiment toutes les brasseries en Belgique. Il y a énormément de demande de l’étranger. La bière belge est un produit qui plaît, comme le chocolat. Toutes les brasseries belges sont en progression à l’export. Pour notre part, en plus de la Chine, nous prospectons aussi au Japon. Et dans quelques semaines, un belge qui travaille pour nous va s’installer en Californie où les perspectives sont bonnes également. Nous sommes plein de projets ».                                                    

                                                                                                              Michel BELLEFONTAINE

La S.A. Votquenne, du nom de son fondateur, est établie à Trazegnies. Après quelques déménagements, dans la même commune, elle occupe désormais 2 ha de hangars et d’ateliers d’une ancienne scierie. Il y a 3 ans, elle a construit, pour près d’1 million €, son nouveau siège central sur ce même site. Votquenne est très liée à cette ancienne terre de charbonnage puisque, de 1939 à la fin des années 60, l’entreprise construisait les galeries de mines. Désormais, son métier est très spécialisé, tout en demeurant dans la même veine des travaux requérant une main d’œuvre disponible et courageuse.

La niche quasi exclusive dans laquelle la société Votquenne s’est engagée, après la fermeture des charbonnages, c’est le secteur des fouilles blindées et des galeries souterraines. La technique des fouilles blindées consiste à creuser manuellement, à l’aide de pelles et de seaux, des tranchées dans le sol, sur plusieurs mètres de profondeur. Ces excavations sont appelées fouilles blindées car elles sont sécurisées au fur et à mesure du creusement. Le procédé est utilisé pour de grands chantiers de génie civil, tels le RER ou la construction de tunnels routiers urbains.

 

Un business pourvoyeur d’emplois

Votquenne S.A. est tributaire des chantiers publics d’envergure. Ces dernières années, le RER dans le quartier Schuman-Josaphat lui a ainsi assuré son chiffre d’affaires, tout comme précédemment d’importantes constructions à Anvers. De telles commandes assurent du boulot pour 4 ou 5 ans et l’engagement d’une main d’œuvre locale. Etienne STEYAERT, Administrateur délégué : « étant donné la spécificité de notre métier, nous avons besoin d’une main-d’œuvre qui ne craint pas les travaux lourds. La tâche est pénible et, même si elle est bien payée, elle ne convient pas à tous. Nos ouvriers sont des spécialistes, très courageux. Ils étaient majoritairement d’origine italienne et sont plutôt désormais des ressortissants d’origine turque ». Etienne DELHEUSY, Administrateur, embraie sur la politique de l’emploi : « l’emploi chez nous est fluctuant mais, en raison de l’esprit très familial qui règne dans l’entreprise, on constate que ce sont souvent des anciens qui reviennent lorsque l’on a besoin d’ouvriers pour de nouveaux chantiers. Quand on doit engager des néophytes, on prend souvent des personnes qui ont déjà un lien, soit familial soit amical, dans l’entreprise. La formation, puis le travail dans les galeries, s’effectuent ensuite en binômes, ce qui est meilleur pour l’efficacité et la sécurité ».  

Dans le creux … en attendant mieux ! 

Au cours des dernières années, la croissance était au rendez-vous pour Votquenne, saluée par le prix d’Ambassadeur Trends-Gazelles 2012. Leader belge dans son secteur, la société emploie à ce jour quelque 130 personnes, après avoir culminé à 180. Elle est active partout dans le pays, au Luxembourg et de temps à autres en France et au Pays-Bas. Etienne STEYAERT : « actuellement, c’est toujours le chantier du RER qui nous occupe, ainsi que quelques travaux au Luxembourg. Nous avons été désignés Gazelles sur base de nos résultats de 2010 où nous avions enregistré une belle progression du chiffre d’affaires. 2011 a été une année exceptionnelle (14 M€) mais à présent nous subissons un recul sensible. Pour nous, la fin du chantier RER se profile et nous sommes en attente d’autres travaux d’importance ». 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Votquenne  Fondations

Attentifs aux évolutions technologiques et à l’émergence éventuelle d’une concurrence, les responsables de Votquenne ont créé, il y a quelques années, une autre firme, distincte mais complémentaire à ses activités. Votquenne Fondations, environ 13 personnes, réalise à peu près les mêmes travaux que Votquenne, mais mécaniquement. La société possède des engins de forage et d’ancrage, spécifiques en taille et en poids. Votquenne et Votquenne Fondations peuvent ainsi intervenir sur tout chantier délicat et compliqué, soit séparément, soit simultanément.                                  

                                                                                                                    Michel BELLEFONTAINE

Cet article a été publié dans le magazine économique B 2 Hainaut de décembre 2012. http://www.hainaut-developpement.be/publications/b2h19.php?page=12

S’appeler Rosier quand on est spécialiste des plantes, cela ne s’invente pas ! A Moustier, entité de Frasnes-Lez-Anvaing en Wallonie-Picarde, l’usine Rosier fait partie du paysage depuis 1880. A l’origine de ce qui est aujourd’hui un groupe florissant, Alfred ROSIER, un agriculteur qui décida de produire du superphosphate de chaux, un des tous premiers fertilisants minéraux. Désormais, le nom a disparu de l’organigramme mais l’esprit « familial » demeure. Le Directeur général, Daniel RICHIR, nous montre d’emblée un portrait du fondateur. Ici, on n’oublie pas le passé et on puise … dans les racines les éléments nutritifs de l’activité industrielle du présent.

 

Bien nourrir les plantes pour mieux nourrir les hommes

Le métier de Rosier, c’est la production de fertilisants minéraux destinés aux cultures qui, elles, nourrissent les 7 milliards d’êtres humains. Le marché est donc très vaste mais aussi très diversifié. Le blé en Nord-Picardie, la betterave en Allemagne, le maïs en Afrique ou les légumes en Australie ne nécessitent pas les mêmes apports. Le concept qui fait le succès de Rosier est de proposer aux agriculteurs des produits répondant aux besoins spécifiques de leurs cultures. Ses fertilisants tiennent ainsi compte du potentiel génétique des plantes, du type de sol, du climat, de la pluviométrie, … La société essaime dans le monde 2 grandes sortes de produits, comme nous l’explique Daniel RICHIR, face à sa mallette d’échantillons : « notre plus grande production (750.000 tonnes) est celle des fertilisants sous formes de granulés. A côté de cela, nous avons nos spécialités qui sont des poudres hydrosolubles, assimilables avec un minimum d’apport d’eau, ou encore des fertilisants liquides, à pulvériser. J’insiste sur le fait que la composition de chaque sorte de produit est déclinée en fonction des particularités d’utilisation ».

250 employés qui donnent le « coup de pousse » !

Le groupe Rosier est constitué de 2 entités industrielles, classées Seveso II. Nous sommes bien dans le secteur chimique et les exigences de sécurité et de précaution environnementales y sont élevées. Le siège historique de Wallonie picarde abrite la Maison mère et l’une des usines (130 personnes). L’autre est au Pays-Bas, à Sas van Gent (110 personnes). Une petite filiale de distribution (10 personnes) est installée en France, près d’Arras.

Rosier S.A., PME d’origine familiale, est aujourd’hui un groupe coté à la bourse de Bruxelles et dont l’actionnariat est partagé entre le colosse pétrolier Total (57%) et les petits porteurs (43%). Malgré cette structure financière intimidante, l’entreprise a su garder les pieds sur terre et conserver un esprit convivial, propice au dynamisme, à la responsabilisation de chacun et à la réactivité aiguisée. Daniel RICHIR : « la cohabitation avec Total (120.000 personnes dans le monde) fonctionne très bien. On a gardé notre état d’esprit historique car on est parfaitement conscients que notre sort ne dépend que de nous. Dans un grand groupe, l’important est de ne pas empiéter sur le domaine de l’autre. Si vous exercez un métier périphérique, comme c’est notre cas, il n’y a pas de souci. On n’embête pas Total, on fait nos résultats, on paie les dividendes et tout le monde est content ».

En matière de bilans, Rosier est une société qui ne se plante pas ! Les graphiques sont plutôt valorisants, à l’exception marquante de l’année 2009, caractérisée par 6,5 millions € de pertes. « En 130 ans, c’est la première fois que nous perdions de l’argent », nous confie Daniel RICHIR. « Dans notre secteur, après une année 2008 exceptionnelle en raison des prix élevés et du volume vendu, nous avons perçu directement l’impact de la crise économique. Les prix se sont effondrés (de moitié) et il y a eu des pertes, notamment sur les stocks ». Aujourd’hui, la situation et les prix sont stabilisés, même si, au 1er semestre 2012, la consommation des fertilisants a baissé en Europe de l’Ouest. Suivant son slogan teinté d’humour, Rosier entend donc bien rester, pour les plantes du monde entier, « le meilleur coup de pousse ».

Les Experts de l’Export

Rosier exporte plus de 90% de sa production, dans près de 120 Etats, dont les pays limitrophes, ses premiers clients. Mais un bon 40% du CA (265 M€ en 2011) est réalisé sur d’autres continents. Rosier est partout dans le monde, de l’Australie à la Chine, sans oublier l’Afrique, son 1er marché hors UE, là où il y a beaucoup de bouches à nourrir et où peu d’usines de fertilisants composés existent. Les collaborateurs du groupe peuvent donc jouer dans la série à succès des « Experts de l’Export ». Prix Wallonie à l’Exportation 2012, ils sont prêts à poursuivre l’aventure. Exportateurs ou explorateurs, même combat, selon Daniel RICHIR. « Dans l’export, il y a toujours une part d’aventure. Notre métier est très influencé par la géopolitique. Il ne se passe pas une semaine sans un évènement dans le monde qui a un impact sur notre activité. Le printemps arabe, une élection au Sénégal, la situation en Syrie, l’intervention directe d’un Etat dans l’une de nos commandes, etc … Nous vivons tout cela de près. Cela rend aussi notre travail très ouvert sur les autres. Entre un Ukrainien, un Philippin et un Soudanais, les visions ne sont pas les mêmes. Au-delà du business, les rencontres sont souvent très enrichissantes au niveau de la culture … humaine, cette fois ! ».

                                                                                                                          Michel BELLEFONTAINE

Une version plus courte de cet article a été publiée dans le magazine économique B2 Hainaut de décembre 2012.  http://www.hainaut-developpement.be/publications/b2h19.php?page=12 

Le métier de base de Dupuis, établi à Marcinelle, c’est l’édition de bandes dessinées. La réputation de l’entreprise à ce niveau n’est plus à faire. Mais, le personnage emblématique de Spirou veille aussi sur d’autres activités de plus en plus porteuses pour le groupe. L’audiovisuel se développe sur le site carolo, avec deux sociétés à la pointe des technologies numériques ; Dreamwall et Keywall.

 

Du papier à l’écran

Dupuis met le pied à l’étrier de la production audiovisuelle au début des années 90 en créant une structure à Paris. La taille du marché et les sources de financement dans ce secteur très onéreux des dessins animés expliquent ce choix stratégique. En 2004, l’instauration en Belgique du système du Tax Shelter change la donne. C’est l’élément déclencheur d’une joint-venture avec la RTBF et de la création de Dreamwall. Léon Perahia, directeur général « Dupuis audiovisuel » : « A cette époque, nous produisions déjà des dessins animés avec la chaîne publique et, en réfléchissant à la création d’une structure belge, le rapprochement avec la RTBF est apparu comme logique. Chacun y trouvait son compte. Pour nous, c’était l’opportunité de reprendre la maîtrise artistique, la fabrication (qui se faisait surtout en Asie), et le développement de nos productions. Pour la RTBF, cela correspondait à la volonté de s’impliquer dans le secteur d’avenir des nouvelles technologies et des nouveaux supports ».   

Du virtuel … bien réel !

Dreamwall, studio d’animation, de graphisme et de décors virtuels voit le jour en 2007, sur le site de Dupuis. Le département consacré aux dessins animés se complète d’autres secteurs tels les génériques et l’habillage antenne. La conception de décors virtuels, est un domaine d’excellence de Dreamwall. « Aujourd’hui Dreamwall est l’une des rares sociétés belges à pouvoir proposer la création de décors virtuels avec un niveau de qualité et de compétences très élevés », estime Léon Perahia. « Outre le talent de nos créateurs, notre partenaire israélien ORAD est une pièce essentielle du dispositif. ORAD est le principal fournisseur, au niveau mondial, de la technologie pour décors virtuels ». 

Le personnel de Dreamwall tourne actuellement autour des 45 ETP, une moyenne variable en fonction des projets. Fin 2012, un long métrage adapté de l’univers d’Astérix, coproduit par M6, va accaparer une dizaine de personnes, pendant 14 mois. Au niveau des décors virtuels, des contrats à l’export commencent à aboutir.

Keywall, la clé technologique

L’avènement de Keywall s’inscrit dans une parfaite logique de complémentarité avec les activités de Dreamwall. Un immense studio de 400 m² permet l’enregistrement d’émissions faisant appel aux décors virtuels. Un studio plus petit, une régie, des salles de montage et de postproduction, des loges et un espace de maquillage complètent l’infrastructure. C’est ici que sont tournées les émissions RTBF « C’est du Belge », « Le jardin extraordinaire » ou encore les capsules météo quotidiennes. Léon Perahia:  » Keywall est l’un des plus gros studios de Belgique en décors virtuels disposant du système de tracking. Ce terme signifie que les caméras sont en liaison avec le décor et qu’en cas de mouvement  l’arrière plan se modifie en conséquence. C’est un système fabuleux, unique et dont peuvent profiter nos clients ». Le grand studio est occupé 2 jours et demi par semaine par la RTBF et ses équipes techniques. Le reste du temps, il peut être loué avec les 5 personnes qui assurent la maintenance et le fonctionnement de ce fantastique outil.  

Lors de votre prochaine séance de cinéma ou à l’occasion de vos soirées télé, prenez donc la peine de scruter certains génériques. En y voyant Dreamwall et Keywall, vous pourrez vous dire : « tiens, c’est produit près de chez nous ».

                                                                                                                          Michel Bellefontaine 

Cet article a été publié dans le magazine économique B 2 Hainaut de septembre 2012.  http://www.hainaut-developpement.be/publications/b2h18.php?page=14

« J‘ai décidé de créer ma société de production de spectacles et de l’implanter dans la région du Centre. Je veux concevoir, imaginer puis développer mes shows au départ de cette ville dans laquelle j’inviterai partenaires et artistes du monde entier ».

 Franco Dragone fait cette annonce en décembre 1999. Quelques semaines plus tard, l’ex-metteur en scène du Cirque du Soleil concrétise un premier projet destiné à (re)donner à la cité des loups un souffle d’utopie sans lequel rien n’est possible. L’opéra urbain « Décrocher la Lune » ouvre le 21ème siècle de façon flamboyante et novatrice. 

Douze ans plus tard, force est de reconnaître que ce que Franco a dit, Dragone l’a fait. Fondée en 2001, sa société emploie 70 salariés qui s’activent dans les départements casting, costumes, illustrations et techniques de scènes.

Céline … puis des histoires d’eau !      

 Les activités de Dragone démarrent vite et fort avec le spectacle imaginé pour Céline Dion. Conçu et répété à La Louvière, « A New Day » marque l’avènement d’un genre nouveau et tient l’affiche à Las Vegas 5 ans durant. A cette époque, une rencontre avec le milliardaire américain Steve Wynn permet au louviérois de se surpasser dans un domaine qu’il va marquer de son empreinte indélébile ; les spectacles avec de l’eau ! Cet élément compliqué, difficile à maîtriser est remarquablement utilisé dans « Le Rêve », le spectacle permanent du Wynn Las Vegas Hotel. Le sceau de l’eau s’impose depuis comme LE label des shows de Dragone, et pour longtemps encore.     

 Une « BRIC » dans le ventre !

 La conquête de l’Ouest ne suffit plus pour le plus américain des louviérois. C’est désormais un autre continent qui occupe ses pensées créatrices. Robert Juarez, directeur marketing et communication du groupe : « La stratégie de la société repose clairement sur le BRIC, les pays émergents où sont concentrés les moyens financiers. Brésil, Russie, Inde et Chine, principalement, constituent l’Eldorado pour nos activités. Aujourd’hui, plus que tout autre pays, la référence c’est la Chine. Les moyens sont là, l’économie est là, le marché est là, il n’y a pas de limite ». Pas étonnant donc de retrouver Franco Dragone à Macao.

 Dans le sud de la Chine le projet de Dragone séduit un jeune milliardaire qui s’engage à fond dans l’aventure. Il y va même « à fonds », tant les investissements sont conséquents. 250 millions de dollars sont dépensés dans le complexe qui héberge le théâtre construit expressément pour le spectacle « The House of Dancing Water ». Un spectacle travaillé en partie en Belgique. Robert Juarez : « Nous avons un partenariat avec Alfacam, une société de productions audio-visuelles. Elle nous a construit, à Lint, un bâtiment de 20 m de haut, avec une piscine de 4 m de profondeur, pour nos répétitions. Nous avons travaillé un an en Belgique avant de prendre possession de « notre » théâtre à Macao ».

Les mesures de la démesure

Quelques chiffres donnent une idée plus précise de l’aspect colossal du show de Macao. La scène y est soit solide, soit liquide, grâce à des ponts tels qu’on en trouve sur les porte-avions. La partie aquatique représente l’équivalent de 5 piscines olympiques et on y admire 237 fontaines. Côté humain, 270 personnes sont actives en permanence : 132 techniciens, 32 plongeurs et 80 artistes de 25 nationalités, encadrés par des coaches, des kinés, des ostéopathes et des physiothérapeutes. Le spectacle a atteint le million de spectateurs après seulement 16 mois de représentations.           

 Plus que jamais l’avenir de Dragone s’écrit en calligraphie chinoise. Grâce au succès de Macao, et à une rencontre de plus, le challenge est désormais de créer 5 nouveaux spectacles, dans 5 villes de Chine continentale, dans les 5 ans à venir.

Le premier de ces projets (200 millions de dollars) verra le jour à Wuhan. Le nouveau théâtre y jouxtera un hôtel 6 étoiles, un cinéma 3D, un parc à thème, des commerces de luxe, …

En général, les spectacles de Dragone sont conçus pour 10 ans mais l’amortissement peut être plus rapide car d’autres éléments que la seule billetterie interviennent. Exemple à Macao ; un restaurant dédié au spectacle va ouvrir dans quelques semaines et viendra ainsi contribuer à la rentabilité des investissements.

                                                                                                                        Michel Bellefontaine

Cet article a été publié dans le magazine économique B 2 Hainaut de septembre 2012. http://www.hainaut-developpement.be/publications/b2h18.php?page=14 

Le siège central de I-care est implanté à Mons, au parc Initialis. La société, fondée en 2004, était hébergée, à l’origine, dans les locaux de La Maison de l’Entreprise, à 50 m du lieu actuel. Et bientôt, un déménagement l’enverra … 150 m plus loin, dans une nouvelle construction. En moins de 10 ans, I-care n’aura donc bougé physiquement que de 200 m. Mais le chemin parcouru dans le monde industriel est inversement proportionnel à cette très courte distance. I-care est une incontestable success story.

Forte croissance de l’emploi   

Les débuts de l’entreprise sont marqués du sceau de la complémentarité entre deux jeunes diplômés : Fabrice Brion, ingénieur industriel et titulaire d’un master en Management et Arnaud Stievenart, licencié en droit et formé lui aussi à la gestion d’entreprise. Une seule personne était engagée en 2005 et, ces deux dernières années, I-care a vraiment pris son envol. La PME compte à ce jour 51 collaborateurs dans 7 implantations. Pierre Colon, Sales Manager : « Nous employons 51 personnes dont 38 en Belgique. Notre entreprise est née ici et nous tenons à conserver notre ancrage wallon. Cela dit, notre développement fait que nous disposons depuis peu d’un bureau à Liège et qu’à l’étranger nous sommes actifs en France (Denain et Marseille), en Pologne (Cracovie), en Italie (près de Venise) et bientôt en Suisse (Neufchâtel). »

Le Dr House de l’industrie

I-care est une entreprise innovante qui a créé sa propre expertise dans le domaine de la maintenance prédictive des équipements industriels. Notre interlocuteur traduit les activités avec des mots simples :  » Nous sommes le Dr House des machines industrielles. Ce qu’on fait, principalement par analyses des vibrations – mais aussi avec d’autres techniques comme l’analyse d’huile, la thermographie ou encore la détection de fuites – ce sont des diagnostics de machines, d’équipements ou de structures. Pour poursuivre sur la métaphore médicale, on peut dire qu’on est d’une précision chirurgicale. Sur une boîte de vitesse, par exemple, on peut déterminer, sans rien démonter, que c’est le pignon de la 4ème vitesse qui est en train de faiblir. »

 Un coût justifié … à justifier !

I-care travaille dans des secteurs à haut niveau d’exigence où son intervention se justifie donc pleinement, eu égard aux coûts des machines et à ceux d’une panne inopinée. Pierre Colon : « Dans le secteur pharmaceutique, qui est pour nous un domaine de prédilection, avec de gros clients comme Baxter, GSK ou UCB entre autres, il est très facile de démontrer que nos clients récupèrent en quelques mois ce qu’on leur coûte en quelques années. Dans ce créneau, une heure d’arrêt de machine peut coûter, en moyenne, de 500.000 à 800.000 EUR.! Vous comprendrez donc que là-bas on analyse toutes les machines, de la plus grande à la plus petite ! »

I-care est active aussi dans deux autres domaines. Celui des cimenteries et celui de la production d’énergie, notamment nucléaire, où les aspects de sécurité sont importants. La société montoise déploie non moins de 5 ingénieurs, à temps plein, à Tihange. En France, le groupe est aussi très présent dans la pétrochimie.    

Confiance aux jeunes et aux réseaux

Le jeune personnel d’I-care est essentiellement composé d’ingénieurs. L’entreprise recrute souvent des stagiaires qui lui ont donné satisfaction. Lauréate 2011 du Grand Prix wallon de l’Entrepreneuriat, I-care vise désormais à renforcer sa présence dans les secteurs où elle est déjà implantée. Son ambition est aussi de s’attaquer à des pays porteurs comme l’Angleterre et l’Espagne.  

Convaincue par les vertus des échanges d’expériences, I-care est une adepte du travail en réseau.  » On est intégré au cluster photonique  » nous dit encore Pierre Colon.  » On collabore aussi avec CLICE Maintenance, une association d’industriels liégeois, et avec la BEMAS, Belgian Maintenance Association. Dans ces groupements, chacun nourrit les expériences de l’autre.  »

Enfin, particularité amusante de la PME montoise, I-care se prononce aussi bien à l’anglaise qu’à la française ! Pour la société qui prend soin de vos machines, « the limit is the sky », CQFD !

                                                                                                                     Michel Bellefontaine

 Cet article a été publié dans le magazine économique B 2 Hainaut de Juin 2012. http://www.hainaut-developpement.be/publications/b2h17.php?page=12

Chez Losfeld à Estaimpuis, la communication c’est une histoire de famille. En 1935, l’arrière grand-père de l’actuel directeur fonde une imprimerie, au centre de la commune. Elle évolue au fil des ans et surtout elle fait tellement bonne impression sur la descendance qu’aujourd’hui la quatrième génération travaille au grand complet au sein de la PME. Francis, désormais retraité, couve d’un regard paternaliste ses trois enfants impliqués dans l’aventure : Philippe, directeur général, Florence, directrice financière et Sébastien, directeur artistique. « Losfeld Communication » emploie 18 personnes dans son bâtiment du zoning du Quevaucamps. 

Une concentration de compétences

Dans les années 50, la Vente Par Correspondance est un créneau très prolifique pour l’imprimerie qui confectionne les gros catalogues des sociétés comme Damart, La Redoute et les 3 Suisses. A ce jour, la VPC est très marginale dans le chiffre d’affaires. Internet a changé la donne, l’entreprise s’est adaptée. Philippe Losfeld : « Notre force aujourd’hui dans un secteur très concurrentiel c’est de regrouper, autour de notre imprimerie, trois départements complémentaires constitutifs de notre agence de communication. Nous avons la capacité de faire une offre globale à nos clients, en termes de conseils en communication, de création, de Web Design et d’impression ».  Malgré un investissement lourd d’environ 1,5 million d’€, le volume du travail de l’imprimerie a fortement diminué.

Le Web, c’est net !

Depuis environ 5 ans, la partie Web Design prend de plus en plus d’ampleur. « Aujourd’hui il est quasi obligatoire d’être sur la toile, tant pour les TPE/PME que pour certains indépendants », nous dit Philippe. « Cela nous amène de nouveaux clients comme par exemple notre boucher qui a besoin d’un support internet pour développer son activité de traiteur. Mais nos gros clients industriels des domaines pharmaceutiques ou de la construction notamment nous demandent toujours des versions papiers pour leur communication. Prenons l’exemple d’un constructeur de chauffages. Il lui faut des milliers de brochures pour Batibouw, en parallèle à un site internet complet ».

Le papier n’est donc pas encore tout à fait mort. Mais il est vrai, nous affirment Francis et Philippe, que « l’avenir est au multimédias et qu’il est impératif de s’adapter à cette perspective. Au-delà du jeu de mots, nous devons être à la page au niveau technologique et à celui des connaissances. Cela implique une remise en question régulière de l’équipe ».    

Francis Losfeld, le père, et Philippe Losfeld, le fils.

Une riche niche

Les clients de « Losfeld Communication » viennent de Wallonie, de Bruxelles et du nord de la France. Mais la société est également très connue dans le milieu de l’art à Paris. Francis Losfeld : « Oui, grâce à notre commercial exclusif, nous sommes présents dans le créneau particulier, et très fermé, des galeries d’art parisiennes. Nous sommes ainsi spécialisés dans les ouvrages haut de gamme qui présentent des œuvres, des expositions, des artistes. C’est pour nous une carte de visite de prestige ». 

Impacté par la crise

Le secteur de la Communication a senti rapidement l’impact de la crise économique. « C’est logique, nous dit Francis. La communication d’une entreprise fait partie des premiers frais généraux. S’il faut serrer la vis à un moment donné, c’est là que ça se fait en priorité ». L’entreprise a vu son chiffre d’affaires baisser d’environ 35% et a été contrainte de réduire sa voilure en conséquence. Le pessimisme n’est pas de mise pour autant. Philippe Losfeld : « Nous sommes en train de revoir notre propre communication afin de nous adapter aux réalités économiques et de prendre les bonnes orientations pour le futur. Nous constatons aussi que des entreprises (re)lancent des opérations de communication car elles savent que c’est essentiel pour retrouver la croissance ».     

 Diversification, adaptation et professionnalisme sont les atouts de « Losfeld Communication » qui peut gérer aussi de gros évènements comme, en octobre 2011, l’inauguration du terminal portuaire trimodal de La Louvière.

                                                                                                                 Michel Bellefontaine

Cet article a été publié dans le magazine économique B 2 Hainaut de mars 2012.