Archives de la catégorie ‘Infrastructures’

Le Centre wallon de Formation aux métiers de l’industrie chimique et des Sciences de la vie, le CEFOCHIM, est implanté dans la zone d’activité économique de Seneffe depuis 10 ans. Il vient d’inaugurer sa nouvelle aile de formation biopharmaceutique, unique en Belgique car dotée de plusieurs salles blanches telles qu’on en trouve dans l’industrie.

Inauguration du complexe biopharmaceutique par MM. Broze et Pcequeur, en présence d'André Antoine, ministre wallon de l'Emploi et de la Formation.

Inauguration du complexe biopharmaceutique par MM. Broze et Pecqueur, en présence d’André Antoine, ministre wallon de l’Emploi et de la Formation.

Le CEFOCHIM a ouvert ses portes en septembre 2003 et est labellisé Centre de compétence du FOREM depuis 2006. Intégré aux pôles de compétitivité BioWin, dédié à la Santé, et Greenwin, centré sur l’économie verte, il a pour mission de participer activement à la relance wallonne par l’organisation de formations dans les secteurs porteurs que sont la chimie et la biopharmacie. Des secteurs que Bernard Broze connaît bien. Il préside le CEFOCHIM et est administrateur-délégué d’Essenscia, la fédération belge des industries chimiques et des Sciences de la vie. «  Nos entreprises sont effectivement très importantes puisque nous représentons le secteur principal tant de l’économie wallonne que nationale. En Wallonie, le secteur pharmaceutique est réellement en croissance. Nous sommes passés d’environ 7.000 emplois en 2002 à près de 13.000 en 2012 ».  

Chiffres clés

La chimie et les sciences du vivant constituent la principale activité industrielle en Wallonie. Réalisant un chiffre d’affaires de plus de 11 milliards d’€, le secteur fournit environ 26.000 emplois directs, dont un bon tiers en Hainaut. Plus que jamais, il s’agit là d’un gisement potentiel à exploiter, comme le confirme Jean-Nicolas Pecqueur, directeur général de CEFOCHIM. « C’est clair qu’il y a du boulot à prendre. Ce sont des métiers si pas en pénurie au moins en très grosse tension. Cela signifie que les industriels peinent à trouver les personnes ayant les qualifications adéquates pour remplir les postes à pourvoir. Argument non-négligeable, ce sont des métiers à haut salaire puisque la valeur ajoutée des produits réalisés est très élevée ». Bernard Broze insiste sur le potentiel d’emploi. « Il y a de l’emploi à prendre dans nos métiers puisque nous aurons, notamment, à remplacer près de 4.000 personnes dans les 10 ans qui viennent, suite au vieillissement de la population ».   

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Le CEFOCHIM, fruit d’un partenariat public-privé – et initiative conjointe du patronat et des syndicats – est une vraie « success story » de la formation. Il recense à ce jour 23 collaborateurs qui dispensent annuellement non moins de 130.000 heures de formation. Des chiffres là aussi en forte croissance, selon le directeur général. « Au départ, le CEFOCHIM était prévu pour dispenser uniquement 40.000 heures de formation. Or le secteur, très pourvoyeur d’emplois, requiert une importante main-d’œuvre qualifiée. Il nous a donc demandé d’accroître notre offre ».

Public cible diversifié

Le CEFOCHIM adresse ses formations à 4 publics cibles. Les travailleurs des entreprises de la chimie, des matières plastiques et de la biopharmacie sont les premiers concernés. Ils étaient 1.500 en 2012 à suivre une formation continue. Les demandeurs d’emploi sont également concernés. 170 d’entre eux ont été qualifiés, en 2012, à des métiers comme techniciens de production en chimie ou en pharmacie, technicien de maintenance ou spécialiste en culture cellulaire ou en études chimiques. Le taux de réinsertion de ces demandeurs d’emploi dans le monde du travail s’élève à quelque 80%. Enfin, l’univers scolaire est également privilégié. Environ 800 étudiants et 100 professeurs se forment annuellement au CEFOCHIM où ils sont en prise directe avec les exigences industrielles réelles.

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Des salles blanches uniques

Faire correspondre ses équipements didactiques à la réalité industrielle est une préoccupation permanente de CEFOCHIM. En 10 ans, le Centre a investi un total de plus de 6 millions d’€ (bâtiments et équipements) afin d’être véritablement à la pointe. Le nouveau complexe de formation biopharmaceutique est une extension de 600 m² du bâtiment initial. Il a coûté 1.700.000 €, cofinancés par le FOREM, l’Europe (FEDER) et le Fonds de formation. Il comprend 3 salles blanches (des salles aseptiques), uniques en Belgique et qui constituent un dispositif de formation très précieux. Bernard Broze. « Ce sont des salles où l’on peut réaliser, dans des conditions aseptiques, des opérations de préparation, de production, de purification et de remplissage de produits biologiques tels des vaccins, des cultures cellulaires ou autres. C’est vraiment un outil exceptionnel qui permet de répondre aux besoins réels des entreprises biopharmaceutiques ».

                                                                                                                  Michel Bellefontaine 

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Le système existe déjà, notamment sur les canaux français, mais, chez nous, c’est une grande première. A Thieu, à portée de vue de l’ascenseur funiculaire géant, la petite écluse qui permet le passage des bateaux du canal du Centre à grand gabarit vers le canal historique est désormais entièrement automatisée. Le personnel des Voies navigables peut ainsi être affecté à d’autres tâches et les plages horaires d’accès des bateliers sont élargies.

Inauguré ce 29 mars 2013, après un an de travaux, par le ministre wallon des Travaux publics, Carlo Di Antonio, l’équipement de l’écluse a coûté 700.000 €, à charge du SPW, direction des Voies hydrauliques. C’est le groupe Ronveaux, filiale Electricité, qui a mené l’étude préalable, effectué les tests et enfin installé ce système qui pourrait animer à l’avenir d’autres ouvrages wallons ou belges.

L’écluse de Thieu est longue de 41,1 m et large de 5,2 m. Elle permet aux bateaux de 300 tonnes maximum de franchir une dénivellation de 6,8 m.

Jonction entre ancien et nouveau canal. Photo: MBe)

Jonction entre ancien et nouveau canal. Photo: MBe)

Annuellement eniron 400 bateaux passent par cette écluse, soit pour monter ensuite par les ascenseurs historiques sur l’ancien canal, soit pour se rendre au port de plaisance qui jouxte l’ouvrage. Les bateaux de tourisme de la province de Hainaut ou les plaisanciers se rendant au Yacht Club des Ascenseurs sont les principaux bénéficiaires du nouvel équipement qui permet de manier l’écluse, soit en mode local, soit en mode à distance. L’équipement est très complet – avec notamment des scrutateurs laser pour la détection et le comptage des bateaux – et il a été conçu en gardant à l’esprit la préoccupation essentielle de sécurité. En mode local, c’est-à-dire manipulée par le seul batelier, l’écluse automatique semble très simple d’usage. Lors de notre test, en une quinzaine de minutes, l’écluse était franchie.

Prière de respecter les consignes ... (photo: MBe)

Prière de respecter les consignes … (photo: MBe)

... et les feux de signalisation (photo: MBe)

… et les feux de signalisation (photo: MBe)

 

L'entrée dans l'écluse. Photo: MBe)

L’entrée dans l’écluse. Photo: MBe)

Un bon 1/4 d'heure et c'est fini. (photo: MBe)

Un bon 1/4 d’heure et c’est fini. (photo: MBe)

                                                                                                                                Michel Bellefontaine

Voir aussi sur ce blog l’article consacré au port de plaisance de Thieu. https://unebriquedanslecentre.wordpress.com/2012/04/16/une-premiere-wallonne-au-port-de-plaisance-de-thieu/

Imaginée par le bureau d’architectes montois « Plan 7 », la place Mansart new look, à La Louvière, accueille, en cette mi-juin 2012, ses premiers usagers « festifs ». Braderie, jogging, fête de la musique, autant d’occasion de tester la convivialité de l’endroit surmonté désormais d’une toile translucide, en polyester, de quelque 600 m².

Photo : ville de La Louvière

L’ensemble, du plus bel effet, représente la feuille d’une plante, les mâts obliques de 12 m de haut étant imaginés comme les tiges de ce végétal urbain architectural. Au pied de chaque tige, les bancs en bois, également en forme de feuille, permettent aux badauds de profiter des animations sans craindre ni les coups de soleil, ni les éventuelles gouttes de pluie.

Technologique et amovible

Installée par la société Velum, de Westerlo, l’infrastructure de la place aura coûté 1.050.000 euros, subsidiés à 60% par la Wallonie. Pour ne pas entraver la bonne marche du Laetare, et notamment le brûlage des bosses, la toile sera démontée et remontée deux fois par an. En gros, la feuille sera déployée du printemps à l’automne et retirée en hiver. Questions : comment va-t-elle supporter ces manipulations et stockages répétés ? Et comment va-t-elle vieillir sous nos intempéries ? L’avenir proche nous le dira.

En attendant, nous avons le loisir de profiter aussi des éclairages d’ambiance en LED vertes, sur les mâts, vers le haut et vers le bas. Le « vaisseau » de la place Mansart est une étape de plus vers la profonde rénovation urbaine louviéroise.

                                                                                                                 Michel Bellefontaine

Louve Expo

Publié: 2 mai 2012 dans Infrastructures
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Comme pour tous les travaux, il a fallu attendre ! Et la patience sera encore de mise avant la finalisation définitive qui se concrétisera dans les prochains mois par la mise en œuvre de 500 places de parking. Cela étant dit, le nouveau bâtiment louviérois qui remplace le défunt hall des expos a de la gueule … de loup !

Baptisée bien à propos « Louve Expo », l’infrastructure est l’œuvre de l’architecte du bureau Carré 7, Bernard De Vree. Très contemporaine, elle est composée de deux halls combinables, de 1.000 et 3.800 m², situés au même niveau. L’acier, le verre et le bois sont les matériaux de prédilection de l’édifice propriété de la Régie Communale Autonome et dont le coût de près 9 millions d’€ est réparti entre la Ville de La Louvière (10%), la Wallonie et l’Europe.

Document Ville de La Louvière.

Un écrin avec un écran

« Louve Expo » veut être le reflet d’une ville résolument inscrite dans le XXIème siècle. Les espaces, polyvalents, comprennent – outre les halls – des loges, salles de réunion et emplacements HORECA. Au niveau technique, afin de faciliter par exemple l’installation de stands, les équipements électriques et l’eau sont accessibles par le sol, en de nombreux endroits. Des chaudières à gaz à air pulsé assureront une température ambiante confortable pour les activités très diverses qui pourront se dérouler ici et qui seront supervisées par un manager spécialement engagé pour faire tourner l’outil. La façade principale, immense rectangle qui fait penser à un écran de cinéma, est destinée à recevoir par éclairage LED les infos sur les évènements en cours ou à venir. « Louve Expo » n’attend plus que son accès routier via le contournement ouest de la ville pour redevenir un site louviérois … incontournable !  

                                                                                                                  Michel Bellefontaine    

Ce n’est pas un endroit qui ressemble à la Louisiane ni à l’Italie. On ne dirait pas le Sud, comme l’a chanté Nino Ferrer, mais on s’y sent bien. Pour peu que le soleil daigne darder ses rayons sur l’eau du canal du Centre historique, le port de plaisance de Thieu est un site exceptionnel de quiétude et de sérénité.

Abritée à quelques dizaines de mètres de l’ascenseur n°4, l’infrastructure va faire l’objet d’une grande première en Wallonie. La petite écluse qui permet d’accéder au nouveau canal va en effet être prochainement automatisée. L’étude et les travaux seront réalisés par la société Ronveaux et financés par le Service Public de Wallonie (SPW), direction des Voies hydrauliques. Il s’agira d’une expérience pilote car il n’existe actuellement en Wallonie aucune écluse qui peut être franchie sans l’aide d’un opérateur. Ce sera donc bel et bien le cas de celle de Thieu, ce qui permettra aux plaisanciers de parvenir aux installations du port sans tenir compte des heures d’ouvertures habituelles des ouvrages d’art.

Les plaisirs de la plaisance

Géré par le Yacht Club des Ascenseurs, le port de Thieu abrite, à l’année, 31 bateaux. Il est donc pour l’instant saturé car il faut toujours laisser de la place aux bateliers de passage. En 2011, plus de 200 bateaux y ont fait étape. Et ce chiffre devrait progresser. Jean-Louis Jorion, président du YCDA : « dans notre région, le tourisme fluvial devrait se développer. Je ne peux concevoir le contraire, eu égard à notre situation exceptionnelle, proche du canal du Centre classé au patrimoine mondial par l’UNESCO, du nouvel ascenseur funiculaire ou encore du plan incliné de Ronquières. Je pense que le SPW, gestionnaire public des voies d’eau, avec qui nous avons de bons et fréquents contacts, prend conscience du potentiel qui reste à exploiter. Je crois d’ailleurs que nous allons bénéficier, en saison, de plages horaires d’ouverture des ouvrages d’art étendues. C’est une excellente nouvelle. »

Jean-Louis Jorion, le dynamique président du YCDA

Pour les plaisanciers la Wallonie est un terrain de jeu remarquable. Outre le canal du Centre déjà cité, la haute Sambre ou le canal de l’Espierre récemment rouvert sont des endroits à parcourir sans modération. Et à promouvoir. Notre interlocuteur s’y emploie, notamment via la Ligue Motonautique Belge dont le club de Thieu fait partie.

Un port bien équipé et accessible à tous

Le yacht club a fait de l’ancienne maison de l’éclusier son club house. On y perçoit d’emblée une ambiance, très chaleureuse, très conviviale que chacun, batelier ou non, peut apprécier. Terrasse, endroit pour barbecue, espaces verts avec tables et bancs, nature préservée aux alentours, restauration de qualité à prix raisonnables, que demander de mieux ? Le tout dans une ambiance de vacances, dès l’instant où les navigateurs s’agitent avec passion, sur et autour de leurs embarcations.De quoi dire en chœur: » nom de Thieu qu’on est bien ici !  »

 

                                                                    Michel Bellefontaine

Le Val-Fayt est un endroit bucolique insoupçonné de la région du Centre. Située à Fayt-Lez-Manage, l’ancienne ferme brillamment reconvertie en hôtel et salles de séminaires est quasi invisible de la rue de La Croyère toute proche. En plein centre de la commune, on se retrouve pourtant tout d’un coup en pleine nature, dans un site reposant, à mille lieux de toute frénésie urbaine. Idéal donc pour se ressourcer.

Une offre complète

Le Val-Fayt appartient à la famille Sita et plus précisément au groupe Sita, une entreprise bien connue et parfaitement intégrée dans le tissu économique régional. Productrice de fromages, à l’origine il y a plus de 50 ans, Sita SA est aujourd’hui une société diversifiée (5 filiales) employant plus de 50 personnes et gérée par la troisième génération d’une famille issue de Calabre. L’une des filiales, c’est l’infrastructure du Val-Fayt comprenant un hôtel trois étoiles et des salles de séminaires et de banquet. Le site, ouvert depuis mars 2007, est une ancienne ferme du XVII ème siècle, entièrement rénovée en conservant l’âme du bâtiment. « Ce lieu fait véritablement partie du patrimoine de Fayt-Lez-Manage », nous dit Sergio Sita, gestionnaire du site. « Nous n’avons pas voulu le dénaturer et c’est la raison pour laquelle nous avons utilisé pour les travaux des matériaux de récupération ou encore de l’acier brut, façonné par des artisans. Le bâtiment a ainsi conservé son cachet d’origine. Nous avons obtenu pour notre rénovation le prix du patrimoine décerné par la Communauté urbaine du Centre et nous en sommes très fiers ».  

 Etre bien au Bien-être

L’hôtel, aménagé dans une aile de l’ancienne ferme, comporte 16 chambres, classées en trois catégories de confort et dont la particularité est d’être toutes différentes. Si des numéros facilitent la gestion à l’accueil, elles sont aussi toutes baptisées du nom d’une personnalité ayant marqué la région du Centre, comme Gustave Boël ou bien sûr Carmelo Sita, le grand-père des actuels gestionnaires. 

Photo: Le Val-Fayt

Depuis le début 2011, la nouveauté au Val-Fayt, c’est l’ouverture d’un espace bien-être, un Wellness dans le langage anglo-saxon branché. Cet espace entièrement bardé de bois et très élégant dans sa conception est doté d’un jacuzzi, d’un hammam, d’un sauna … et d’une douche scandinave.

La particularité du Wellness du Val-Fayt est d’être couvert sur le dessus mais également ouvert sur la nature environnante. Sergio Sita : « On a souhaité en effet créer un espace semi-extérieur et on ne le regrette vraiment pas. L’utilisation de l’infrastructure est très agréable en toutes saisons. En hiver par exemple, le contraste des températures est très bénéfique pour la circulation sanguine. Et le fait d’être dans le jacuzzi face à la nature givrée ou enneigée est un réel délice que je vous recommande … chaudement ! » 

L’espace bien-être satisfait la clientèle d’affaires de l’hôtel du Val-Fayt mais son utilisation est aussi accessible à tout un chacun. Des formules à la carte ou par abonnement sont disponibles pour d’excellents moments de détente dans ce lieu d’exception.

                                                                                                           Michel Bellefontaine  

Le terminal … est terminé

Publié: 10 octobre 2011 dans Infrastructures
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Le Port Autonome du Centre et de l’Ouest, le PACO, inaugure en ce vendredi 7 octobre 2011 la plateforme trimodale du site de Garocentre. L’évènement est d’importance et rassemble sous chapiteaux un parterre incroyable de personnalités du monde économique, politique et social. Il faut dire que l’infrastructure est attendue depuis 10 ans et que le dossier a connu de nombreux soubresauts avant d’aboutir.

Ce projet de doter le site logistique de Garocentre d’un outil permettant le transbordement de matériaux ou de marchandises de la voie d’eau vers le chemin de fer ou la route (et vice versa) est dans les esprits depuis longtemps et surtout depuis la naissance du PACO, le 1er avril 1999. Loin de constituer la traditionnelle blague de potache en cette date symbolique, il devient vite un véritable casse-tête pour ses promoteurs, la réalité du terrain étant assez complexe du fait de la présence dans le périmètre envisagé de l’usine Duferco. La liaison ferrée entre le quai du canal du Centre et la gare industrielle de La Louvière doit passer inévitablement par l’entreprise sidérurgique. La donne est claire et elle implique des tractations avec le secteur privé.

Vers un inévitable partenariat public/privé

Dès le départ, la concrétisation de la plateforme fait face à deux obstacles ; son financement et les synergies inévitables à mettre en place. Le volontarisme, l’obstination et le caractère fédérateur de Willy Taminiaux, président du PACO, sont les éléments indispensables qui permettront d’aboutir, en octobre 2008, à la signature d’un protocole d’accord historique entre le Port Autonome et Duferco. Après études techniques et économiques, ce protocole formalise et définit le rôle de chacune des parties. Le premier coup de pelle est donné sur le chantier en avril 2010 et, en septembre 2011, les partenaires signent un contrat de concession d’une durée de 30 ans.

Willy Taminiaux très heureux de l’aboutissement d’un dossier qu’il a porté à bout de bras (photo: MBe)

Duferco Logistique à la manœuvre

Le PACO, soutenu par la Wallonie (plan Marshall) et l’Europe (FEDER) a investi 12 millions et demi d’ € dans l’infrastructure. Cet investissement comprend une zone de stockage de grande taille, un portique de dernière génération et le bâtiment de services. Duferco, pour sa part, a financé la liaison ferroviaire entre le terminal et le réseau public d’Infrabel, ainsi que la zone d’accueil des camions. Selon les termes de l’accord, la gestion du terminal est confiée à la branche logistique de Duferco qui s’appuiera sur un partenaire expérimenté afin de lancer et de développer la nouvelle activité. Pour Antonio Gozzi, président de Duferco Belgium, la stratégie de diversification du groupe Italo-suisse lui permet d’accroître son ancrage régional. « La diversification au sein de notre entreprise, dont le core business est la sidérurgie, se traduit dans trois domaines ; la logistique, l’énergie et l’environnement. Et nous concrétisons actuellement des projets essentiels dans ces trois domaines ; la reconversion des ex-zones industrielles de Clabecq, la construction d’une centrale électrique à Marcinelle et ce terminal de La Louvière. Je suis persuadé que notre stratégie industrielle est la bonne car elle doit permettre de compenser par d’autres activités les éventuelles pertes du secteur sidérurgique soumis, comme chacun sait, à des variations cycliques ».       

Trimodale et trifonctionnelle

Le nouvel outil logistique, porteur d’espoir de développement de la voie d’eau, dans le cadre plus général de la reconversion régionale, s’étend sur près de 5 hectares. Le portique de 50 m surplombe le canal de 12m50, il pèse 233 tonnes et il permet de manipuler trois types de produits, grâce à des éléments rapidement interchangeables (pince électro-hydraulique ou électro-aimant). Ces produits sont les coils (bobines d’acier), les brames (plaques d’acier) et les conteneurs. Le terminal est implanté en prolongement d’un quai de 325 mètres qui autorise l’accostage simultané de deux péniches de 2.200 tonnes. En pleine capacité, l’infrastructure devrait assurer par an le transbordement de quelque 700.000 tonnes de produits sidérurgiques et d’environ 15.000 conteneurs.

Le portique fabriqué par la société Fémont de Willebroek peut lever 40 tonnes d’un coup et se déplacer à 140 mètres par minute (photo: MBe)

Un potentiel à développer pour le PACO 

Le canal du Centre à grand gabarit, l’ascenseur funiculaire de Strépy-Thieu et, désormais, la plateforme trimodale de Garocentre constituent indéniablement des infrastructures précieuses et indispensables au niveau de la politique de transport fluvial menée tant à l’échelon régional qu’européen. En Europe, à l’heure actuelle, seuls 12% du trafic marchandise s’effectuent par la voie d’eau. Ce chiffre va croître, c’est certain, sous l’impulsion notamment de l’Union Européenne qui insistera de plus en plus sur le développement de la navigation intérieure. A moyen terme, la concrétisation du canal Seine-Nord Europe (reliant le basin parisien au Hainaut) placera plus que jamais le territoire couvert par le PACO (tout le Hainaut sauf la partie relative au Port Autonome de Charleroi) au centre d’un réseau européen reliant les grands ports maritimes que sont Le Havre, Dunkerque, Anvers et Hambourg, entre autres. Cela signifie de réelles opportunités pour le PACO, géré par Alain Lefebvre et son équipe de 5 personnes, dont l’activité oscille pour l’instant entre 5,5 et 6 millions de tonnes/an. L’espoir, à l’horizon 2017, est de doubler ce chiffre et de générer ainsi une intense activité logistique créatrice d’emplois.

                                                                                                                       Michel Bellefontaine