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La rentrée académique 2016 est à marquer d’une pierre bleue à Soignies ! Les acteurs des formations liées aux métiers de la pierre sont désormais concentrés en seul lieu. Un endroit emblématique et restauré; le site classé de l’ancienne grande carrière Wincqz.

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Les premiers cours de ce Centre de référence ont débuté en octobre 2016. Ils s’adressent à un large public, comme nous l’explique Sébastien MAINIL, responsable du Pôle de la Pierre pour l’Institut du Patrimoine Wallon. « Que ce soient des jeunes en apprentissage, des demandeurs d’emplois, des personnes qui veulent se perfectionner dans les métiers du patrimoine, celles qui souhaitent des formations continues, … les formations proposées ciblent différents publics dont les âges, les situations professionnelles et les objectifs varient. Toutes les formations au sein du Pôle durent de 6 mois à 3 ans.»

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Le Pôle de la Pierre est géré par l’Institut du Patrimoine Wallon qui a supervisé les travaux de la première phase du projet ayant porté sur la restauration et la réaffectation d’une partie des bâtiments. La grande scierie est désormais un atelier équipé pour la taille de pierre et les anciens bureaux accueillent une classe, une cafétéria, un espace de documentation, un bureau administratif et une conciergerie. Une seconde phase, qui débutera à l’automne 2017, concernera la restauration des autres bâtiments du site et la construction d’un nouveau. L’équipement du Pôle en matériel de pointe pour les formations est prévu, avec un cofinancement européen. Pour l’ensemble du projet, la Région wallonne et l’Europe auront injecté, à la fin de la phase 2, près de 6 millions d’euros. Ce Pôle de la pierre, important en termes de transmission d’un savoir-faire reconnu à travers le monde, s’inscrit parfaitement dans le cadre de l’Alliance patrimoine-emploi du gouvernement wallon. De l’extraction à la commercialisation en passant par la transformation des pierres d’ornement, non moins de 40 métiers sont concernés !

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Quatre partenaires

Quatre partenaires sont directement impliqués dans le Pôle. Outre l’IPW déjà cité, il y a également le FOREM, l’IFAPME (Institut de Formation en Alternance) et le CEFOMEPI (Centre de Formation au Métiers de la Pierre, initié par le secteur).

L’IPW gère toute une série de formations de perfectionnement aux métiers de la pierre (taille, finitions, pavage, …). Ses formations annuelles rassemblent un minimum de 5 stagiaires et un maximum de 12.  Christophe MAHY, l’un des formateurs nous précise leurs profils. « On peut avoir des architectes, des archéologues du bâtiment, des conducteurs de chantiers qui s’occupent de restauration et, bien sûr, des tailleurs de pierre mais pas forcément des praticiens purs.»

Tant au FOREM qu’à l’IPW, à l’IFAPME ou au CEFOMEPI, les stagiaires ne sont jamais très nombreux mais il y en a toujours assez pour assurer les sessions. Didier GUIOT, formateur au FOREM, met en avant les débouchés intéressants. « On a toujours eu le nombre de stagiaires requis mais c’est vrai que ce n’est pas la section où les gens se bousculent. Elle a une connotation artistique mais ce sont aussi des métiers exigeants. Le fait qu’il y ait peu de candidats signifient que le stagiaire volontaire et courageux peut trouver de l’emploi au terme de sa formation. C’est motivant.»

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« A l’IFAPME, nous dit le formateur principal Fabien DEGHORAIN, nous mettons sur pied des formations d’apprentissage que des jeunes de 15-16 ans peuvent intégrer. Nous avons aussi des formations destinées à des personnes de plus de 18 ans désireuses de se lancer dans le métier. Elles suivent alors une formation de chef d’entreprise.»

Le CEFOMEPI, quant à lui, destine ses formations aux entreprises du secteur, avec possibilité d’embauche, pour les jeunes de 18 à 25 ans. Béatrix LIENARD, coordinatrice du CEFOMEPI. « On fait à peu près une session par an de formation d’une durée de 6 mois. A la fin de celle-ci, nos stagiaires obtiennent un contrat à durée déterminée qui peut être renouvelé. Le but principal, c’est bien entendu l’engagement à long terme auprès d’une carrière ou d’une entreprise de notre secteur. Le CEFOMEPI propose aussi une formation continue aux employés et ouvriers des carrières wallonnes.»

                                                                                     Michel BELLEFONTAINE

Cet article a été publié dans la revue économique de la Province de Hainaut, le « B 2 Hainaut », de janvier 2017.

La société anonyme « Les Carrières de la Pierre Bleue Belge » exploite des sites d’extraction de pierre bleue dans la région de Soignies. Créée en 2003 sous ce nom, elle est en réalité une belle et longue histoire de famille qui va se poursuivre quelques temps encore. Sous le regard toujours bienveillant et vigilant de Jean-Franz ABRAHAM, ce sont désormais les plus jeunes qui sont aux commandes.

« Personnellement, je suis maintenant retraité, nous dit l’ancien patron, mais je ne peux m’empêcher de garder un œil sur l’évolution de l’entreprise que gère à présent ma fille aînée. Mon épouse et mes deux autres enfants sont également actifs dans la société, donc il est clair qu’on en parle tous les jours. C’est la 5ème génération de notre famille qui assure la continuité de l’aventure. » Julie ABRAHAM, administratrice déléguée, embraie. « Il est clair que mon frère, ma sœur et moi sommes nés dans la pierre bleue. On y vit continuellement mais, pour moi, c’est un avantage. On est passionnés par les mêmes produits, les mêmes activités. On en parle tout le temps mais ça nous exalte au quotidien. »   

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Gauthier & Wincqz, Clypot et Tellier des Prés

« Carrières de la Pierre Bleue Belge SA » emploie plus de 200 personnes et produit environ 50.000 m³ /an de blocs de petit granit-pierre bleue dont  ¼ part à l’exportation vers les pays limitrophes. Ses sites d’exploitation s’étendent sur 386 ha, répartis sur 3 implantations ; Gauthier & Wincqz à Soignies, le Clypot à Neufvilles et le Tellier des Prés, à l’intersection des communes de Braine-le-Comte, Ecaussinnes et Soignies. Le Tellier des Prés est la dernière née des carrières belges, mise en exploitation en 2008, après environ 16 ans de procédure. Cette carrière est exploitée en partenariat, ce qui est une pratique courante du secteur. Julie ABRAHAM. « En effet, c’est assez commun à toutes les carrières de la région. Au Tellier des Prés, nous travaillons avec SAGREX qui exploite les couches au-dessus et en-dessous de la pierre de taille. Cette carrière dispose de réserve de gisements pour environ 100 ans et nous l’avons mise en exploitation pour palier l’épuisement prochain du site Gauthier & Wincqz qui est la carrière historique de la famille, créée en 1668. Il y a donc du boulot pour notre génération, mais aussi pour les suivantes ! »    

La carrière du Clypot, à Neufvilles, est la plus grande des 3 de la société. Elle est en pleine activité et est naturellement importante, dans une période de conjoncture relativement difficile.

pbb2Des réalisations de prestige

« On a connu un creux depuis 2011. Actuellement, la situation se stabilise, nous précise Julie ABRAHAM. Les dernières années ont été ardues, en raison essentiellement de la crise et de la mondialisation qui fait que moins de produits locaux sont utilisés dans les marchés publics et même dans les marchés privés. Depuis 2006, les autorités publiques sont conscientes du problème de concurrence, notamment chinoise ou vietnamienne, et tentent d’y remédier en insérant des clauses sociales et environnementales dans les cahiers des charges. On commence maintenant à entendre parler d’aides concrètes et d’un certain patriotisme économique. Notre espoir est d’en voir les conséquences sur notre chiffre d’affaires. »

Depuis plus de 350 ans, la Pierre Bleue Belge rehausse l’esthétique de nombreux projets, tant en Belgique qu’à l’étranger. Galeries Royales à Bruxelles, digues et escaliers à Ostende, Place Saint-Lambert et gare des Guillemins à Liège, Palais de justice d’Anvers et d’Arlon, voilà pour quelques exemples belges. A l’étranger, citons l’aéroport de Leipzig, les ambassades belges de Berlin et de Tokyo ou encore la Cité du design à Saint-Etienne et l’Hôtel de ville de La Haye.

pbb3Emploi et formation

La société sonégienne dispose d’un indéniable savoir-faire se basant sur une tradition séculaire et sur une bonne transmission des pratiques. Jean-Franz ABRAHAM, son ex-administrateur délégué, a toujours été attentif à la bonne  formation des ouvriers carriers et a contribué à la création, en 1991, du CEFOMEPI, le Centre de Formation aux Métiers de la Pierre. Désormais, ce fonds sectoriel est associé au FOREM, à l’IFAPME et à l’Institut du Patrimoine Wallon dans le cadre du Pôle de la Pierre inauguré tout récemment dans les locaux rénové de l’ancienne grande carrière Wincqz (cfr, notre dossier central). « Je suis très satisfait, nous dit Jean-Franz ABRAHAM, de voir que nos anciens bâtiments industriels ont trouvé une destination conforme à ce que je voulais en faire. C’est pour y créer un centre de formation que j’avais donné le site à la Région wallonne il y a quelques années. » Sa fille Julie, quant à elle nous confirme l’intérêt des entreprises du secteur pour l’engagement d’ouvriers bien formés. « Il y a clairement du travail à prendre. Chez nous, par exemple, tous les ans, nous engageons 5 ou 6 personnes qui sortent du cycle de formations du CEFOMEPI. Ils intègrent notre personnel et y restent de nombreuses années. »

                                                                                      Michel BELLEFONTAINE

Cet article a été publié dans le magazine économique de la Province de Hainaut, le « B 2 Hainaut », de janvier 2017.

A Soignies, la pierre bleue est une fierté locale mais c’est aussi un vecteur économique qui fait vivre plusieurs familles. Il y a bien sûr les employés et ouvriers carriers mais également ceux qui travaillent en aval de l’extraction. Quelques sociétés de découpes et de finitions se trouvent à l’entrée de la ville, en venant du Roeulx. Parmi elles, les établissements ROGA. Trois personnes d’une même famille s’y partagent le boulot et perpétuent l’entreprise fondée par le grand-père de notre interlocuteur, David DELHALLE.

« ROGA, nous dit-il, c’est la contraction des prénoms Roger et Gabrielle. Mon grand-père a fondé la société à Gembloux puis est venu l’installer ici pour être plus proche des carrières de pierres bleues. Mon père, André, et son frère, Michel, l’ont rejoint ensuite et ils travaillent toujours à mes côtés. Nous assumons tout le travail à trois, avec des statuts d’indépendants. Mon papa – qui travaille à mi-temps – va avoir 68 ans, mon oncle en a 63 et moi bientôt 44. Au sein de la TPE, nous sommes bien sûr polyvalents. Nous passons de la débiteuse au polissage et de la taille à la finition. »

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Matériau multi-usages

Les Ets ROGA traitent principalement la pierre bleue qu’ils achètent aux carrières de « La Pierre Bleue Belge ». L’un des sites d’exploitation est à quelques centaines de mètres de leur atelier. De temps à autres, pour des produits spécifiques, ils se fournissent aussi aux Carrières du Hainaut, l’autre grosse société d’extraction sonégienne. La pierre est surtout utilisée dans le domaine de la construction.

« Nos clients sont essentiellement des entrepreneurs qui emploient nos pierres dans le bâtiment. Du seuil de fenêtre au couvre-mur, de la cheminée décorative au bac de douche ou à l’évier de cuisine, les applications sont nombreuses, tant en décoration ou revêtements intérieurs qu’en dalles pour l’extérieur, dans les jardins. Cette évolution vers une utilisation accrue de la pierre bleue est relativement récente et on la doit aux machines numériques qui permettent, par exemple, de creuser dans la masse plus facilement. On savait déjà le faire auparavant mais ça prenait plus de temps et c’était donc plus coûteux. »

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Le talent des tailleurs n’est pas ailleurs !  

David s’est formé au métier, comme apprenti durant 3 ans puis comme stagiaire, à Namur et Wavre, pendant 2 autres années. Amoureux de la matière, il a ensuite fréquenté l’Académie d’Anderlecht, dans la section sculpture. Le métier de tailleur de pierre a, pour beaucoup, une connotation artistique et, tous les 2 ans, des œuvres remarquables sont sculptées, devant le public, lors du symposium de la pierre bleue, organisé à Soignies au moment du festival « Août en éclats ».

Cela étant dit, le travail des tailleurs au quotidien, en dehors du domaine artistique, n’est pas de tout repos, comme nous le confirme David. « C’est vrai que c’est un métier qui nécessite une bonne santé. Outre le poids de la pierre, nous sommes soumis aux conditions météo, que ce soit à l’extérieur ou dans l’atelier. Et puis, il y a la poussière, même si bien entendu nous disposons d’aspirateurs spéciaux, de masques, de gants et de casques. »

David aime son métier et il encourage des jeunes à se lancer car il y a du travail dans le secteur. « C’est un boulot qui est créatif et varié, tous les jours. On fait quelque chose de nos mains, avec un matériau qui est toujours différent. De plus, et c’est important, on gère une matière de chez nous, qui vient de notre sol et qui est mondialement reconnue. On fait un travail utile et valorisant. »

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Pierre à défendre

David DELHALLE est un « ambassadeur de la pierre naturelle » et il est fier de ce label qu’il promeut auprès de ses clients. « Notre pierre doit être défendue face aux pierres chinoises ou autres qui sont 2 fois moins chères. C’est un problème, mais nous insistons toujours sur le fait que ce ne sont pas des matériaux de même qualité. Les pierres importées se détériorent plus vite et, chez nous, de nombreux chantiers ont dû être refaits. »

A part cette concurrence étrangère, David ne se plaint pas trop de la conjoncture. « A notre niveau, nous restons très artisanal. Nous faisons beaucoup de travaux à la main ou avec de petites machines. Nous n’avons pas encore fait le pas vers une machine numérique car cela représente un coût trop important par rapport à notre marché. Pour l’instant, on s’en sort et notre chiffre d’affaires est globalement assez stable d’une année à l’autre. Notre souci pour le moment, ce sont les marges bénéficiaires car le prix de la pierre augmente chaque année et c’est très difficile pour nous, voire impossible, de répercuter cette hausse sur nos clients qui sont surtout des entrepreneurs. Nous en sortons car nous n’avons pas trop de charges mais je vais devoir envisager de prendre un ouvrier et là ce ne sera pas simple ! »

Faire carrière dans la pierre !

Entreprise de … taille modeste, ROGA devra donc prochainement embaucher pour assurer sa pérennité. David a déjà testé l’un ou l’autre apprenti mais sans réel succès jusqu’à présent. Il place désormais ses espoirs, pour lui comme pour l’ensemble du secteur, dans le Pôle de la Pierre qui vient d’ouvrir à quelques encablures de son atelier. « Ce centre qui regroupe les diverses formations aux métiers de la pierre est une bonne chose pour nous. Les stagiaires y seront très bien formés et, comme il n’y a pas énormément de candidats, les chances d’embauche à la sortie sont grandes. Les entreprises comme la nôtre ont besoin de main-d’œuvre qualifiée, les carrières aussi. »

En résumé, les professions liées à la pierre sont des beaux métiers dans lesquels il est toujours possible … de faire carrière !

                                                                                                Michel BELLEFONTAINE

Cet article a été publié dans le magazine économique de la Province de Hainaut, le « B 2 Hainaut », de janvier 2017.

Chaque Province wallonne dispose d’une institution dont les missions sont centrées sur les domaines de l’environnement et de l’agriculture, au sens large. En tant que premier territoire agricole (en termes de superficie agricole utile), le Hainaut est à la pointe en matière de soutiens aux entreprises du secteur, de recherches et de services. Son bras armé, c’est le CARAH, le Centre pour l’Agronomie et l’Agro-industrie de la Province de Hainaut. Nous dressons ici une présentation succincte de ses activités, en concentrant plus particulièrement notre attention sur quelques projets menés avec des entreprises ou des agriculteurs. Nous allons voir avec nos guides, Olivier MAHIEU et Julien LOUVIAUX, que les services du CARAH sont très utiles et qu’ils débouchent parfois sur des projets qui s’exportent !

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Expérimentations et avertissements

Olivier MAHIEU est chef de division technique et s’occupe plus particulièrement du service d’expérimentations et d’avertissements installé au sein de la ferme expérimentale et pédagogique du CARAH. Nous faisons avec lui le point sur des travaux essentiels à la fois pour les agriculteurs, les sociétés de l’agroalimentaire et … les consommateurs. 

« De manière générale, notre activité principale s’articule autour des expérimentations. Pour vous donner une idée, nous mettons en place annuellement plus de 5.000 micro-parcelles expérimentales. Cela génère beaucoup de contacts avec les entreprises du secteur de l’agrofourniture qui sont nos principaux clients, directs ou indirects. Nous pratiquons beaucoup d’essais consistant à tester les différentes variétés qui arrivent chaque année sur les marchés, que ce soit en céréales, en colzas, en pommes-de-terre ou autres. En partenariat avec des firmes de l’agrofourniture (AVEVE BRICHARD, SCAM, JORION, LIMAGRIN, SYNGENTA SEEDS, CAUSSADES, …), nous mettons en place des essais comparatifs de variétés. »

« Nous effectuons aussi toute une série d’essais qui concernent les intrants. Cette partie relative à la fumure et à la protection des cultures est également très importante dans notre travail, en complément aux tests sur les variétés. Dans ce domaine, nous travaillons avec des sociétés qui jouent un rôle en matière de protection des végétaux, comme SYNGENTA, BAYER, BELCHIM, BASF, PROTEX ou encore ROSIER. »     

OLYMPUS DIGITAL CAMERAAuprès des agriculteurs dont une partie des terres est dédiée à la pomme-de-terre, le CARAH se distingue particulièrement grâce à son système bien spécifique d’alerte au mildiou.

« Le CARAH est en effet à l’origine de ce système de lutte contre les effets dévastateurs du mildiou, poursuit Olivier MAHIEU. Notre modèle se base essentiellement sur l’étude des conditions climatiques et nous travaillons avec les données météos fournies par le CRAW, le Centre wallon de Recherches Agronomiques. Le système mis au point permet de prévoir le développement de la maladie et donc d’avertir les agriculteurs, par SMS et mail, afin qu’ils puissent agir de manière préventive et à bon escient. Lors du déclenchement de l’avertissement, nous fournissons des dates bien précises de traitement pour une efficience maximale. Nous participons aussi à toute une série d’autres avertissements que ceux spécifiques au mildiou et à la pomme-de-terre, en étant intégré dans un réseau au niveau de la Wallonie. »

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Le travail ne manque donc pas pour la douzaine de collaborateurs du service expérimentations qui organise également plusieurs conférences de vulgarisation des résultats durant l’année. Les agriculteurs peuvent y puiser pas mal d’infos directement utiles à leurs cultures. « En quelques sortes, conclut Olivier MAHIEU, nous assumons un rôle de Test Achats en agriculture. Toute une série de produits sont mis en vente, chaque année, et notre objectif est de vérifier dans quelles mesures ils sont efficaces et intéressants. On fait vraiment de la recherche appliquée pour que les agriculteurs utilisent les meilleurs produits de la manière la plus pertinente possible. »

23-nDes projets … 18 carats !

Le CARAH est le centre de recherche associé à la Haute Ecole Provinciale de Hainaut-Condorcet dont fait partie bien sûr la section Agronomie, située elle aussi à Ath. C’est l’une des plus anciennes écoles de Wallonie dans ce domaine et elle forme à la fois des étudiants du secondaire et du supérieur (Bachelier ou Master d’ingénieur industriel en sciences agronomiques) . L’école est souvent impliquée, par exemple par des travaux de fin d’études, dans les collaborations du CARAH avec des entreprises. Voici quelques exemples non  exhaustifs des projets menés. Ils sont expliqués par Julien LOUVIAUX, directement impliqué dans les relations avec les entreprises.

« A titre personnel, je m’occupe de partenariats avec des entreprises privées. On a, avec elles, des conventions de recherche et on répond à un réel besoin car très rares sont les PME qui disposent d’infrastructures ou de départements de R&D en agriculture. »  

PUR VER SA

PUR VER transforme des matières organiques avec des vers de terre pour en faire ce qu’ils appellent un lombricompost. Notre rôle est de donner un avis technique et scientifique sur la qualité du produit. Pour cela, nous mettons en place une batterie de tests expérimentaux permettant de démontrer, par statistiques fiables, l’efficacité du fertilisant. PUR VER utilise des vers composteurs, et pas des lombrics.

Alexandre MEIRE, administrateur-délégué de PUR VER, complète le propos. « Au lieu d’être des laboureurs qui travaillent à la verticale pour aérer les sols, la fonction des vers composteurs est de transformer très rapidement, en la mangeant, la matière organique. Ils mangent jusqu’à leur propre poids de matière chaque jour. Chez PUR VER, comme nous sommes issus d’une université, on peut dire que nous avons la science dans nos gênes. On ne se contente donc pas de dire que notre produit est efficace mais on veut pouvoir le démontrer. La raison de notre collaboration avec le CARAH est donc de prouver scientifiquement les propriétés agronomiques de notre production. »   

 dsc_0310_lc-dans-mainLuminothérapie LED

En collaboration avec l’entreprise liégeoise VEGELED qui commercialisait des panneaux publicitaires, nous avons mené un projet de recherche, durant 4 ans. Ils voulaient diversifier leurs produits en proposant des éclairages LED adaptés aux végétaux. L’idée de base était de diminuer les factures d’énergie des producteurs en serres qui travaillaient jusque-là avec des lampes au sodium très énergivores. Autre désavantage du système, le spectre lumineux ne correspondait pas vraiment à celui dont une plante a besoin. Nous avons donc mis au point des assemblages LED, de couleurs différentes, de manière à trouver les combinaisons d’éclairage, en bonne proportion, qui conviennent à la croissance végétale. La société a ensuite breveté ce type d’éclairage spécifique et, à la fin du projet, nous avons participé à un colloque pour faire connaître ce travail. Il a rassemblé beaucoup de monde, dont la société bretonne SPARFEL.

Cette dernière implante des gazons de terrains professionnels, de football et de sports en général. Ils sont donc venus vers nous pour tester nos éclairages LED, voire les adapter à la croissance des pelouses spécifiques pour le sport, pelouses qui doivent continuer à pousser, et à rester vertes, en hiver ! En foot, beaucoup de clubs pratiquent la luminothérapie mais encore, très souvent, avec des lampes au sodium. SPARFEL voulait se démarquer de la concurrence.

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Au sein du CARAH, c’est mon collègue Samuel COLASSE qui est la cheville ouvrière de ce projet qui est très prometteur. Grâce à nos services, SPARFEL, a mis au point et construit un prototype qui fonctionne. Il est d’ailleurs assez amusant à voir car il avance progressivement et lentement, un peu à l’image des robots tondeurs, mais en beaucoup plus grand. La machine fait 12m sur 3 ! Outre les LED, elle dispose aussi de la possibilité d’injecter du CO² pour enrichir l’atmosphère et améliorer ainsi la photosynthèse. Et dans le cas de grand froid, un petit chauffage électrique se met en route. Le prototype fonctionne très bien et nous sommes allés en mars dernier à Guingamp pour tester son efficacité. Nous avions demandé de ne pas traiter en luminothérapie certaines zones du terrain et d’en traiter d’autres. Nous avons établi un protocole scientifique qui tient la route et nos tests ont été probants. En une quinzaine de jours, la croissance de l’herbe traitée était pratiquement le double de celle qui ne l’était pas.

img_8251img_8308Nous avons fourni toute une série de chiffres sur la hauteur et la densité de l’herbe, la résistance du sol, …. Toutes ces données ont permis de valider le procédé. Notre rôle est rempli, et bien mené. Tout est désormais dans les mains de l’entreprise qui doit maintenant argumenter, trouver des partenaires, fabriquer, développer et commercialiser l’équipement. Le marché potentiel est très important.     

LHOIST

Nous avons un autre projet d’importance qui dure depuis 10 ans avec le groupe LHOIST, leader mondial dans la fabrication de chaux. Sa production vise surtout les secteurs d’activités industrielles comme la fabrication d’acier, de peintures ou de verres. Un dixième de l’activité seulement se décline dans le secteur agricole. Je teste beaucoup de leurs produits destinés à l’agriculture (chaux magnésienne, soufrée, …). Ils développent aussi une gamme d’engrais et de fertilisants foliaires que je teste également sur les plantes.

FYTEKO

FYTEKO est une société innovante, désormais installée à Bruxelles mais qui est une émanation de scientifiques issus du pôle montois de recherche Materia Nova. Son domaine d’activité est celui des bios stimulants. Le CARAH est le partenaire agronomique dans le projet pour ce qui concerne l’expérimentation en champs, en serres et en laboratoires. Les développeurs de FYTEKO ont mis au point de nouvelles molécules qui sont censées favoriser la résistance des plantes au stress, salin ou hydrique par exemple. Ces produits sont assez innovants et il n’en n’existe pas pour l’agriculture. La démarche s’inscrit  ici dans le cadre des changements climatiques et aussi du développement de l’agriculture dans des zones a priori défavorables. Nos essais préliminaires en laboratoires et en serres sont menés depuis 3 ans. Et nous testons en champs, dans la ferme expérimentale, depuis quelques mois.

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On le voit, le CARAH ne manque pas d’atouts, d’expériences et de références. Ses succès sont probants sans être toutefois automatiques. L’essentiel, c’est son dialogue permanent avec les entreprises partenaires qui, parfois, doivent réajuster leur process, revoir leur manière de travailler ou même s’engager dans une toute autre direction. Quand on fait de la recherche, on n’est jamais sûr de trouver. Mais le challenge est chaque fois très stimulant.

                                                                                           Michel BELLEFONTAINE

P.S. Cet article est extrait du dossier central du magazine économique de la Province de Hainaut, le « B 2 Hainaut » de septembre 2016.

Installée à Pecq, dans le Hainaut occidental, la société PUR VER SA est un bel exemple de développement d’entreprise, en partenariat avec des institutions scientifiques. Émanation d’une spin-off de la Faculté agronomique de Gembloux – avec laquelle son process a été mis au point – elle mène également une intéressante synergie avec le CARAH, le Centre pour l’Agronomie et l’Agro-industrie de la Province de Hainaut. PUR VER fabrique et commercialise du lombricompost, un fertilisant 100 % naturel aux perspectives prometteuses.

Alexandre MEIRE, jeune ingénieur de gestion et passionné par l’entrepreneuriat, est à la base de la société, constituée en 2012 dans le Namurois et dont l’essor se poursuit en Hainaut. Il nous explique les raisons du déménagement. « Historiquement, nous avons fait l’expérimentation de base et le prototypage à Gembloux. Dès l’instant où nous étions satisfaits de la technologie, il nous a fallu ensuite trouver un site pour une exploitation industrielle. Le Hainaut nous intéressait en raison de la présence d’industries agro-alimentaires qui nous fournissent notre matière à transformer. Le hasard des rencontres nous a menés à Stéphane COSSEMENT, agriculteur dynamique de Pecq. Il nous loue un hangar et est devenu un réel partenaire du projet. Il effectue pour l’entreprise des prestations de services, à titre d’indépendant. Il se charge de toute une partie des opérations de production, avec son tracteur et un bull que nous n’avons par conséquent pas dû acheter. » 

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Le plus gros employeur du Hainaut !

Le payroll de PUR VER ne mentionne à ce jour que 2 personnes ; l’administrateur-délégué fondateur et un docteur en Biologie, récemment engagé. S’il n’oublie pas l’implication de Stéphane COSSEMENT, Alexandre MEIRE nous précise, non sans humour, que son entreprise est le plus grand pourvoyeur d’emplois de la région. « PUR VER a en effet des millions d’ouvriers ! Ce sont les vers qui travaillent pour nous au quotidien pour transformer la matière organique en lombricompost. C’est vrai que nous ne les payons pas mais nous devons les héberger, les chauffer, les nourrir et veiller à leurs bonnes conditions de travail ! »

Exemple parfait d’économie circulaire

« Le lombricompost, poursuit Alexandre, est un processus naturel qui survient spontanément. Dans beaucoup d’éléments organiques en décomposition, il y a des micro-organismes qui vont attaquer la matière, et souvent des vers composteurs. La spécificité de PUR VER est d’avoir optimisé tous les paramètres qui vont permettre de produire beaucoup de lombricompost, de grande qualité et de parfaite stabilité dans le temps. Concrètement, nous plaçons les vers (Eisenia Fetida) dans de bonnes conditions de température et d’humidité, notamment, pour faire en sorte qu’ils transforment la matière en déjection. Ce sont, si je puis dire, des excréments de vers que nous commercialisons, un fumier de vers de terre.

Au lieu d’être des laboureurs qui travaillent à la verticale pour aérer les sols, la fonction des vers composteurs est de transformer très rapidement, en la mangeant, la matière organique. Ils mangent jusqu’à leur propre poids de matière chaque jour. Chez PUR VER, comme nous sommes issus d’une université, on peut dire que nous avons la science dans nos gênes. On ne se contente donc pas de dire que notre produit est efficace mais on veut pouvoir le démontrer. La raison de notre collaboration avec le CARAH est donc de prouver scientifiquement les propriétés agronomiques de notre production. »   

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Julien LOUVIAUX travaille comme ingénieur pour le CARAH dans la partie recherches appliquées. Il gravite entre la ferme, pour les expérimentations menées dans les champs, et les laboratoires ou les serres qui sont annexées. Il est directement impliqué dans les relations avec les entreprises, dont PUR VER SA. « Notre rôle est de donner un avis technique et scientifique sur la qualité du produit. Pour cela, nous mettons en place une batterie de tests expérimentaux permettant de démontrer, par statistiques fiables, l’efficacité du fertilisant. »

Le lombricompost de PUR VER est 100 % naturel et donc utilisable en agriculture bio. Pour les plantes, il présente, entre autres, des qualités de nutrition, de protection contre les maladies et de rétention d’eau. Produit à grande échelle par l’entreprise, il s’inscrit parfaitement, selon Alexandre MEIRE, dans le cadre de l’économie circulaire. « Nous utilisons des déchets du monde agricole ou agro-industriel qui ne sont pas ou très peu valorisables et on les transforme en engrais naturel. La boucle est bouclée ! »

dsc_0197_lignes-ac-wDe deux à six lignes de production

Aidé scientifiquement par la faculté de Gembloux et par le CARAH, PUR VER a bénéficié du soutien de l’Union Européenne et de la Wallonie dans le cadre de ses efforts de Recherche & Développement. Alexandre MEIRE ne manque pas de le rappeler et précise être dans son domaine en R&D permanente. Au niveau de la production, l’entreprise a débuté avec 2 lignes et en est maintenant à 6. L’investissement consenti a pour objectif annoncé d’aboutir, à moyen terme, à environ 1.000 tonnes de fertilisants par an, contre 200 actuellement. L’ambition est semble-t-il à la hauteur du potentiel de vente. Alexandre MEIRE. « Nous avons deux grands types de débouchés, soit les clients professionnels (Communes, maraîchers, entrepreneurs de parcs et jardins, ..), soit Monsieur et Madame Tout le monde. Le citoyen qui a la main verte peut trouver nos produits dans les jardineries AVEVE, avec qui nous avons un partenariat. Le produit vendu est un produit de la marque du distributeur mais reprenant bien sûr notre logo PUR VER, marque déposée. » 

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« Pour l’instant le grand public absorbe un important pourcentage de notre production mais j’estime que nous avons de la marge de progression à tous les niveaux de clientèle. Sur un plan scientifique, nous continuons à travailler sur la meilleure productivité de nos équipements. Et sur un plan marketing, nous recherchons de nouveaux débouchés pour notre produit unique, novateur dans son procédé de fabrication à grande échelle. »   

                                                                                        Michel BELLEFONTAINE   

P.S. Une version plus courte de cet article a été publiée dans le magazine économique de la Province de Hainaut, « B 2 Hainaut » de Septembre 2016.

La SA Espaces Verts MASSE & Fils a été créée en 1970 par Félicien MASSE afin de permettre à ses fils, Daniel d’abord, Freddy ensuite, d’exercer une activité en lien direct avec leur formation à l’école d’Horticulture de Mariemont. Une formation que Daniel a achevée par un stage d’un an au service des Plantations de la commune française de Saint-Maur-des-Fossés. Dans cette municipalité très sportive, il y avait à l’époque de nombreux terrains à créer et à entretenir, un gros boulot d’organisation confié au stagiaire belge. Doté de cette première solide expérience, le jeune homme de 22 ans était alors bien armé pour démarrer ensuite l’entreprise de Bracquegnies.

« J’avais en effet 22 ans et mon frère, Freddy, 5 de moins. Quand il eût terminé sa formation et son service militaire, nous avons commencé à travailler à deux. Un chantier par ci, un chantier par là, on assumait. Puis, on a engagé un ouvrier, puis un deuxième, puis un troisième … Aujourd’hui, la société comporte 40 personnes. »

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On cultive l’esprit de famille

Espaces Verts MASSE & Fils devrait s’appeler en réalité Espaces Verts MASSE, Fils et Belles-filles, tant le travail est organisé ici autour des membres de la même famille. Daniel et Freddy sont les administrateurs-délégués, Olivier et Benoît – les fils de Daniel – assurent la gestion quotidienne et sont épaulés par leurs compagnes, Régine et Colienne. Enfin, Fabien – le fils de Freddy – est également dans la société. Tout ce petit monde, formé dans les écoles réputées de Mariemont, La Reid ou Ath, dispose d’une expertise pointue dans le secteur environnemental.

« Dans nos divers métiers – création et entretien d’espaces verts privés et publics, terrains de sports, élagage, abattage, voirie, clôtures, … – nous nous devons d’être à la pointe des techniques et technologies, nous confie Daniel. C’est un petit peu mon domaine, entre autres, puisque je fréquente régulièrement les foires et salons professionnels, tels Angers, Paris ou Dortmund. Il y a quelques années, nous avons été récompensés d’une Louve d’or (prix économique louviérois, NDLR) pour notre Sylvatest, un système de détection des arbres malades. Mais aujourd’hui, notre machine est dépassée (même si elle fonctionne encore). La technique a fortement évolué et le coût a été, au minimum, décuplé. On devrait investir beaucoup mais on ne le fera pas car il n’y a pas de demande, il n’y a pas assez de marchés. »

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Des marchés très (trop ?) procéduriers !  

Dans son secteur, l’entreprise est souvent confrontée à la problématique des marchés publics où le moins-disant l’emporte. Il n’est donc pas rare de voir des sociétés liégeoises tailler des haies à Tournai ou des groupes hollandais tondre des pelouses à Charleroi, souvent en sous-traitance. Le dumping social existe aussi sur les chantiers alors que des clauses sociales et des sélections qualitatives sont de plus en plus prévues dans les cahiers des charges. Pour Daniel MASSE, tout est devenu extrêmement procédurier et il n’est pas rare que des chantiers soient suspendus car un candidat évincé a décidé de saisir le Conseil d’État. « Dans le Hainaut, nous dit Daniel, il me semble que l’on est un peu trop ouvert aux autres, que l’on a du mal à protéger ses propres entreprises. Ce n’est pas le cas dans le Nord de la France, à 20 km d’ici, où nous ne parvenons pas à travailler. Cela étant dit, parfois, des situations se débloquent. Pour l’anecdote, il m’a fallu 35 ans pour commencer à obtenir des contrats à Mons. Maintenant, on y est. Mais, c’est peut-être aussi de notre faute, par manque de contacts ou de marketing spécifique. Pendant des années, on s’est plus dirigé vers La Louvière et Charleroi. » 

dm-sequoia-20142014octobreoctobre31-007Synergies indispensables avec les ETA

Dans le domaine des parcs et jardins, la concurrence fait rage également avec les Entreprises de Travail Adapté, structures qui emploient des personnes handicapées. Pour Daniel, à l’avenir, il semble inévitable d’aller vers des synergies avec les ETA. « Les ETA constituent une concurrence car elles prennent beaucoup de marchés, en raison de leurs moindres coûts. Elles jouent un rôle social non-négligeable, et que je respecte, mais elles vont devoir être de plus en plus rentables, car les subsides ne suivront pas. De plus, elles ne peuvent pas tout faire, tout assumer et il leur faut aussi répondre aux clauses qualitatives des marchés. Je crois donc que nous devrons collaborer, même si ce ne sera pas simple au niveau de la loi sur les marchés puisque nous sommes en société et elles en ASBL ! »

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Espaces Verts MASSE & Fils est actif sur toute la Belgique, Flandre comprise. La société a entretenu par exemple, pendant 8 ans, les terrains d’entraînement du FC Bruges, une belle référence ! Elle a eu aussi comme clients importants le groupe Solvay et les habitations sociales du Foyer louviérois (Centr’Habitat). Autre fierté, l’entretien des abords du Canal historique du Centre est confié à l’entreprise depuis …1986.  Et le contrat actuel est signé jusqu’en 2019 !

Investissement porteur

Avec 450 clients environ dans son carnet, la société des MASSE est relativement sereine pour l’avenir. Dotée d’un solide charroi, régulièrement mis à jour et inévitable pour pouvoir répondre rapidement et qualitativement à toutes demandes, elle investit aussi dans sa diversification. Confirmation de Daniel MASSE qui nous montre les lieux. « On a créé, il y a quelques années, une centrale de compostage ici dans le zoning Nord de Strépy. On recycle tout et on fait notre terreau. On est bien sûr en concurrence avec d’autres mais c’est bien car c’est une émulation pour être à la pointe. Au départ, l’infrastructure était pour nous uniquement. Désormais, les déchets verts viennent de 150 clients réguliers ; entreprises de parcs et jardins, PME, communes, ASBL, … On trie tout, on pèse tout et on traite tout (compost, copeaux, …). L’activité du site dépasse nos espérances et nous souhaitons nous agrandir en acquérant à l’IDEA ce terrain contigu de 80 ares. Hélas, pour l’instant, l’imposition de création d’emplois pour cet achat est trop exigeante. Enfin, ici à gauche, nous avons notre nouveau hangar que nous allons aménager avec les locaux administratifs d’un côté et l’espace de stockage des véhicules de l’autre. »   

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Nature, chasse et pêche

Par sa profession, Daniel MASSE a évidemment un côté jardin prédominant. Mais son côté cour nous ramène aussi à son côté … jardin ! L’environnement est en effet chevillé à son corps, au point d’y consacrer une bonne part de ses loisirs, voire tous. Initié par ses fils, il est un adepte de la chasse et, surtout, de la pêche. Qu’il la pratique en Irlande, en Laponie, ou ailleurs, Daniel est un pratiquant « no-kill ». On sort de l’eau, on admire, on mesure, on photographie la prise, puis … on la relâche.

Un autre loisir l’a fait parcourir l’Europe, la passion des roses. Comme membre du jury, ou président, il a participé aux concours internationaux de Genève, Belfast, La Haye, Barcelone, Saverne, Baden-Baden, … Sans oublier bien sûr, celui du Roeulx, dont il est le secrétaire, et qu’il classe sans chauvinisme parmi le top 5 européen.

                                                                                               Michel BELLEFONTAINE

P.S. Une version plus courte de cet article a été publiée dans le magazine économique de la Province de Hainaut, « B 2 Hainaut » de Septembre 2016.

Spin-out de la société de géomarketing Geoconsulting, Upcity est active depuis 3 mois sur le terrain du développement commercial de nos villes. La toute jeune SPRL, hébergée dans les locaux montois de La Maison de l’Entreprise, sur le parc Initialis et donc à deux pas des Grands Prés, emploie 6 personnes et ses perspectives de déploiement sont sérieuses. Camille LHOTE, sa directrice, nous explique que la scission avec Geoconsulting est dictée par la règlementation wallonne.

« La nouvelle législation wallonne sur les implantations commerciales impose une stricte indépendance entre les secteurs privé et public. Il n’est désormais plus permis qu’une seule et même société travaille sur les 2 niveaux. Afin de ne pas perdre tout l’acquis, l’expérience, les compétences, la méthodologie et les clients de Geoconsulting, il a été décidé de scinder clairement les 2 domaines. Upcity s’occupe donc exclusivement des clients publics (Villes, Provinces ou Intercommunales, principalement. »

Une partie de l'équipe de Upcity. De gauche à droite : Camille Lhote, Vinciane Blomeling et Jérôme Urbain.

Une partie de l’équipe de Upcity. De gauche à droite : Camille Lhote, Vinciane Blomeling et Jérôme Urbain.

L’équipe est composée de géographes (spécialistes d’aménagement du territoire, d’urbanisme, de démographie, d’économie, …), et de commerciaux-analystes, pointus quant à eux en développement territorial. Pour Jérôme URBAIN, Sales & Analyst, la complémentarité du staff est un atout. « Au niveau des Schémas de Développement Commercial, les choses ont évolué ces derniers temps. Nous entendons également faire évoluer l’entreprise pour coller au mieux à la réalité et aux besoins de nos clients publics. Avant, on s’arrêtait surtout à la partie purement commerciale. Maintenant, on tient compte des aspects environnementaux, de mobilité ou encore d’aménagement du territoire. Autant d’éléments indissociables de la dynamique d’une ville. Pour faire face, nos propres compétences doivent s’élargir aussi. »

Bientôt agréé

Upcity arrive à point nommé sur le marché sur le marché de l’accompagnement des villes dans leurs démarches de développement commercial. Pour l’une de leurs activités, la réalisation d’un SDC (Schéma de Développement Commercial), un agrément régional est nécessaire. Il est en cours d’instruction et devrait être octroyé prochainement, ce qui ferait de l’entreprise l’une des trois reconnues en Wallonie, avec l’Association du Management de Centre-Ville (AMCV) et le service d’études en géographie de l’Université de Liège (SEGEFA). « Le potentiel de développement de cette partie de notre travail est important, nous dit encore Jérôme URBAIN. »

Upcity 2Web observatoire du commerce

Un SDC n’est nullement obligatoire mais le gouvernement wallon incite les communes à s’en doter. Un SDC est une étude exhaustive du tissu commercial d’un territoire et, à ce titre, il permet aux autorités politiques de motiver en connaissance de cause une décision d’octroi ou de refus d’un projet d’implantation commerciale. Upcity dispose aussi d’un autre atout utilisé pour accompagner ses clients, quasi au jour le jour. Camille LHOTE. « Nous disposons en effet d’un outil internet, créé en interne et qui aide les pouvoirs publics à orienter leurs décisions de développement commercial. C’est le Web observatoire du commerce. Pour faire simple, il s’agit d’un référencement des points de vente d’une ville. Il permet de voir facilement l’évolution des commerces (création-disparition) et de trouver des données socio-démographiques précises, telles par exemple le revenu moyen ou l’âge moyen dans tel ou tel quartier. »  Jérôme URBAIN enchaîne. « En termes d’analyse d’une situation, cela permet par exemple de voir, sur 10 ans, si des rues sont en désaffectation commerciale ou, au contraire, en renouveau.»  Camille LHOTE précise. « L’un des points forts du Web observatoire, c’est de pouvoir attirer les investisseurs en leur offrant une parfaite visibilité sur le territoire. Un investisseur intéressé peut accéder facilement aux informations relatives à une cellule, à un immeuble, à une rue ou à un quartier précis. Cela facilite la communication et la prise de décision. »   

Upcity 3Expérience et références

Upcity est une jeune structure mais elle dispose déjà de solides références, sous l’ère de Geoconsulting. On peut citer parmi ses clients les villes de Bruxelles, Anderlecht, Wavre, Waterloo, Ottignies, … et, en Hainaut, Binche, Soignies et Mons. Les missions prioritaires de la start-up sont l’aide à la décision et l’accompagnement des pouvoirs publics, amenés à renforcer l’attractivité de leur territoire, dans les domaines commercial, économique  et/ou touristique. Nos interlocuteurs prennent leur tâche très à cœur et ils l’envisagent comme une approche globale construisant ou intensifiant l’identité d’un territoire précis. Jérôme URBAIN, par ailleurs échevin du commerce de la ville de Binche, insiste sur le caractère non politique des démarches de l’entreprise. « Notre rôle, c’est d’objectiver les choses le plus possible. Nous sommes clairement dans un processus de type scientifique. Nous ne livrons pas d’avis politique mais des recommandations étayées par nos analyses. L’autorité politique prend ou pas. Cela reste son choix ! »

                                                                                     Michel BELLEFONTAINE

Cet article a été publié dans la revue économique « B2Hainaut » d’avril 2016

A moins d’être parti en villégiature sur Mars, personne n’a échappé en ce début 2016 à l’inauguration, largement relayée par la presse, du magasin IKEA de la zone commerciale des « Grands Prés », à Mons. Si l’enseigne suédoise sait y faire en matière de promotion, une « publicité » habillement détournée par une société concurrente a, elle aussi, été très remarquée. Par un simple statut Facebook parodiant les célèbres modes d’emploi des meubles en kit, les Meubles BELÖ se sont attirés les sympathies. Le statut a été très « liké », partagé et commenté également dans les médias. « J’avais cette idée en tête depuis un certain temps », nous confie Colin RAPAILLE, le concepteur du message. » Quand IKEA a ouvert, nous avons discuté en interne de cette publication et j’ai obtenu le feu vert. »

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Le bon coup de com … qui en appelle d’autres !

Au-delà du buzz, la communication de la société sonégienne marque une évolution dans son mode de fonctionnement et de gestion. Une évolution assez logique pour une entreprise plus que centenaire. Dès le passage de la porte d’entrée du magasin, l’année 1899 qui figure sur les battants, nous indique le début de l’aventure familiale, initiée par Nicolas BELOT. Aujourd’hui, la 5ème génération est impliquée dans le commerce. A l’image de Colin RAPAILLE – responsable de la communication et fils de la cousine du patron – elle apporte du sang neuf. «  La nouvelle génération dont je fais partie, nous dit Colin, arrive forcément avec d’autres idées. Ici, il n’y a pas de conflit de générations, mais une évolution logique et normale. De nouvelles choses arrivent sur le marché. On doit convaincre et avancer, avec les 3 générations actives dans le magasin. »

Michel BELOT acquiesce. « On doit se parler, bien sûr. En principe, nous avons une réunion de staff tous les lundis et elle est importante pour créer la cohésion. On aime tous ce qu’on fait. C’est pareil pour mon fils entré ici il y a 10 ans, pour Colin présent depuis quelques mois et pour mon 2ème fils qui va nous rejoindre pendant un temps déterminé pour faire un bilan complet de la société. »    

Incendie et renouveau

Avec 35 personnes employées et une zone de chalandise qui s’étend sur tout le Hainaut et sur Bruxelles, notamment, BELOT S.A. se porte bien. La société revient cependant de très loin car un violent incendie, en 2013, a failli lui être fatal. Michel BELOT se souvient. « On a rebondi très vite. Avec les ouvriers, les employés et le staff, nous avons fait des tonnes d’heures pour tout remettre en état. Aujourd’hui, tout est rénové, on vient de finir la dernière boutique et, en plus, on en a profité pour ajouter 2 catégories que nous n’avions pas ; les cuisines et salles de bain. Cela complète notre gamme. »

L’évolution de l’entreprise passe aussi par la vente en ligne, ou du moins par une réflexion à ce sujet. Colin RAPAILLE. « On va essayer de fonctionner dans ce secteur en effet. Mais ce n’est pas simple car on butte sur certains obstacles comme la logistique par exemple ! On n’envoie pas une boite de chaussures comme une salle à manger complète. On prend en compte tous les paramètres et on va essayer de faire notre trou dans ce système, en étant attentif aux retours de la clientèle et en adaptant notre offre et notre manière de travailler. »

Contact et service

Dans le secteur très concurrentiel de l’ameublement, BELOT S.A. entend poursuivre son évolution par l’innovation et la mise en œuvre de projets. « Nous avons en effet pas mal de choses en route. Nous essayons de proposer à nos clients de nouveaux évènements assez régulièrement. On organise par exemple une nocturne, à l’occasion de la … journée de la femme ! Nous mettons aussi sur pied plusieurs activités centrées sur la décoration au cours desquels les professionnels du magasin donnent des conseils et astuces à nos clients. L’idée est de partager le savoir-faire de la maison et d’être innovant, tout simplement. »  Colin RAPAILLE insiste. « Pour les Meubles BELOT, le contact avec la clientèle est essentiel. C’est le cœur de notre business. Il ne peut pas en être autrement quand on fait du travail sur mesure ou pour la mise en place d’un projet d’ameublement. On ne vient pas se meubler comme on achète des biscuits en grande surface ! Le client a envie d’un dialogue et d’un réel accompagnement, de A à Z. Nos services (menuiserie, livraison, après-vente, …) constituent la plus-value de l’entreprise. »

                                                                                       Michel BELLEFONTAINE

Cet article a été publié dans la revue économique « B 2 Hainaut » d’avril 2016.

Un louviérois sera-t-il désigné Manager de l’année 2014 ? Ce n’est pas impossible puisque Salvatore Curaba fait partie des 10 nominés pour ce prix de prestige, décerné par le magazine Trends-Tendances et la chaîne Canal Z. Manager-fondateur de la société d’informatique EASI, il est un candidat très sérieux. En 15 ans, son entreprise a connu un développement spectaculaire qui est loin d’être terminé. Portrait du golden boy de Saint-Vaast qui fut footballeur au Sporting de Charleroi, à la RAAL et à Leuven.

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Jeune cinquantenaire, Salvatore Curaba a toujours vécu dans la région du Centre à laquelle il reste viscéralement attaché. Il habite aujourd’hui à Saint-Vaast, non loin donc des terrains de la RAAL ou du Sporting de Charleroi où il connut ses meilleures moments de footballeur. Joueur moyen mais entrepreneur dans l’âme, il n’a jamais passé le cap du professionnalisme sportif. «  Quand j’étais joueur en D 1, j’étais informaticien à Charleroi. A cette époque, l’équipe n’était pas professionnelle. On travaillait, puis on allait s’entraîner. A 25 ans, j’ai du faire un choix. On m’a demandé de devenir pro. Mais bon, j’avais mon métier et j’ai décidé de continuer ma carrière dans l’informatique, en passant dans le secteur de la vente puis en allant travailler à Bruxelles. J’ai continué quand même à jouer au foot et j’ai même obtenu, à 30 ans, mon diplôme d’entraineur. Dans la société IBS proget, j’ai progressivement gravi les échelons, je suis devenu sales manager puis responsable du site de Bruxelles. »

Pas facile de créer … EASI !

A 35 ans, plus du tout sur la même longueur d’onde que la boîte suédoise qui l’emploie, Salvatore Curaba prend alors la décision la plus importante de sa vie. Il quitte une situation confortable pour fonder son entreprise, EASI. Au vu de sa réussite, cela semble aujourd’hui évident mais le challenge était à l’époque vraiment très audacieux.

« Je vous avoue que j’ai été stressé pendant plusieurs années. On a injecté un capital important pour créer la société. J’ai fait un prêt hypothécaire pour lancer cette entreprise. Ce n’était pas facile. Maintenant, je suis évidemment très, très, très heureux du résultat. Après 15 ans, je suis très fier ! »

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Et il y a de quoi être fier, c’est incontestable ! Dans la zone d’activité économique de Nivelles Nord, la société EASI (acronyme anglais quelque peu alambiqué !) est un fleuron. Un modèle dans la conception des espaces de travail et d’accueil – du personnel comme des clients – mais également une référence économique, active dans 3 métiers de l’informatique.

« On a un logiciel de comptabilité, très performant et qui rencontre vraiment un succès intéressant. C’est une solution qui comporte beaucoup de fonctionnalités et qui est utilisée par des moyennes et grandes entreprises. Dans notre région, nous avons des clients de références comme Dragone ou Wanty, entre autres. A côté de cette activité, on a un autre système qui permet de gérer au mieux les e-mails des entreprises. C’est un secteur essentiel du business actuel et les PME y accordent logiquement une certaine importance. Notre troisième métier est de s’occuper de tout ce qui est infrastructures informatiques. Cela va de l’installation chez les clients à la gestion des serveurs, soit chez eux, soit directement dans notre Cloud. On parle beaucoup de Cloud dans l’univers de l’entreprise. Et EASI est active dans ce business-là, avec un Cloud installé en Belgique. »

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Vers l’international

Très orienté vers le service aux entreprises, EASI met actuellement la touche finale à un produit novateur de gestion des e-mails pour le grand public. L’ambition est élevée pour l’InboxZero qui sera lancé prochainement. La stratégie en cette matière, comme l’évaluation générale des objectifs de la société, seront sans doute abordés lors de l’un des séminaires résidentiels du comité de direction.

« Deux fois par an, pendant 2 jours, nous logeons à l’extérieur. Le comite de direction (du moins 6 membres de ce comité), se réunit en séminaire pour discuter, pour évaluer, ce qui a été fait et, surtout, pour voir ce qu’il est possible de faire pour développer la société. Le défi actuel est de réfléchir à notre développement vers l’international. On a de plus en plus envie d’aller vers l’extérieur. »

EASI emploie actuellement 130 personnes dans 5 implantations, en Belgique, en France et au Luxembourg. Son équipe est jeune, dynamique et fidélisée, entre autres, par un système de primes liées aux résultats. En 2013, le chiffre d’affaires de 23 millions d’€ a permis de dégager un bénéfice avant impôts de plus de 3 millions d’€. L’agrandissement du siège nivellois est l’un des importants chantiers de 2015 pour l’entreprise dont l’avenir semble lumineux.

                                                                                                                    Michel Bellefontaine

En 2006, les co-fondateurs informaticiens de Venyo prennent un soin particulier à choisir pour leur société un nom … qui ne veut strictement rien dire ! Imaginée au départ pour développer un logiciel de gestion de la notoriété de contenus sur internet, l’objet social de l’entreprise est aujourd’hui tout autre. Et il est porteur d’espoir de croissance à l’international.

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La crise de 2008 et l’explosion de la bulle internet sonnent le glas de la mission initiale de Venyo, centrée donc sur l’informatique pure. Le logiciel de qualification de la pertinence de publications sur internet est abandonné et, pour les actionnaires de la société, deux options se présentent : tout arrêter ou trouver un autre créneau pour rebondir. La 2ème solution est retenue, comme nous l’explique Jean-Claude Streel, Business Development Manager de Venyo. « Le conseil d’administration de Venyo confie alors à Fabrice Cornet, fondateur de l’entreprise et actuel administrateur délégué, une mission prospective. Fort de ses compétences en informatique et d’une formation de pilote privé, il identifie bien vite l’aéronautique comme secteur d’avenir. Dans les 20 prochaines années, le nombre de personnes transportées en avion va doubler ce qui signifie que l’activité va croître dans tous les domaines liés à l’aviation. Pour bien comprendre le marché et ses enjeux, Fabrice Cornet passe alors son brevet de pilote de ligne. Et il découvre le bon filon à exploiter.»       

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Objectif Bourget 2013

Pour obtenir une licence de pilote professionnel, et pour la conserver, il faut passer quelques heures sur des simulateurs de vol. La surprise de Fabrice Cornet est de constater que les équipements utilisés par les centres de formation sont basés sur des technologies complètement dépassées, datant des années 70-80. Très conservateur, le milieu aérien ne s’est pas vraiment adapté aux évolutions pourtant importante de l’informatique. La bonne idée pour faire décoller Venyo est trouvée : concevoir, fabriquer et commercialiser des simulateurs de vol professionnels et novateurs. En 2009, le board de Venyo accorde le feu vert au projet avec pour objectif de présenter un prototype conceptuel (un démonstrateur) au salon du Bourget 2013, la grand-messe aéronautique biennale. Jean-Claude Streel. « Pendant 4 ans, une petite équipe a travaillé en toute discrétion et, comme prévu, nous nous sommes rendus au Bourget, en juin 2013. Nous étions sur un stand commun, cofinancé par l’AWEX, de Belgian Aerospace, le cluster aéronautique et spatial wallon. Nous y avons réalisé une première mondiale : apporter, installer et faire fonctionner un simulateur sur un salon. »

Où est le bon de commande ?

Dans le monde, 4 ou 5 fabricants proposent des simulateurs très lourds, très coûteux, qui ont besoin d’un socle imposant et qui sont très énergivores en électricité. Il est par conséquent impossible de les déplacer. La performance de Venyo – dont le prototype 001 est arrivé au Bourget par camion, a été installé en 3 heures et connecté sur une simple prise 220 volts – ne passe pas inaperçue. Un retour presse exceptionnel et surtout un accueil du secteur très positif confortent les responsables dans l’idée de passer à une phase de fabrication puis de vente de leur simulateur FTD (Flight Fixed Training Device), bluffant de réalisme. « Après l’expérience positive du Bourget, poursuit Jean-Claude Streel, nous avons travaillé pour présenter au salon anglais de Farnborough (le rendez-vous mondial de l’aéronautique, en alternance avec le salon français, NDLR) non plus un prototype conceptuel mais une unité de pré-industrialisation. Nous avons désormais un dossier complet (avec plans, résistance et qualité des matériaux, choix des fournisseurs, procédures, … ) qui doit nous permettre de reproduire notre simulateur en série. Cette année en Angleterre, une étape de plus a donc été franchie et des clients potentiels nous demandent désormais quand ils pourront passer commande du simulateur qu’ils attendent et espèrent depuis longtemps. »

Certification puis industrialisation

Le simulateur de Venyo est dédié au Boeing 737 NG. Le choix de ce type d’appareil est stratégique car il s’agit de l’avion mono-couloir et biréacteurs le plus vendu dans le monde. De plus, sa conception est la plus ancienne (en opposition aux Airbus dont les cockpits sont bourrés d’informatique). Simuler les vols sur ces Boeing est plus compliqué et Venyo, qui maîtrise un processus novateur dont le réalisme est salué par tous, se trouve ainsi dans une position de leader. Une position qui ne pourra se confirmer qu’après certification du simulateur par les 2 plus importantes autorités mondiales en la matière, l’EASA pour l’Europe, et la FAA pour l’Amérique. Jean-Claude Streel nous précise les prochaines phases. « Nous allons bientôt déposer notre dossier de certification auprès de la BCAA (Belgian Civil Aviation Authority) qui est le bras armé de l’EASA pour la Belgique. Nous pensons qu’il faudra environ 3 mois pour obtenir l’agrément officiel. Nous sommes optimistes car vous devez savoir que le BCAA a été intégré dès le départ dans notre projet. Nous les avons consultés, tout comme des pilotes, des instructeurs et des compagnies aériennes. Nous avons été très attentifs à nous entourer des meilleures compétences pour concevoir un produit qui corresponde aux attentes du marché. Notre objectif est ensuite d’ouvrir un bureau en Floride pour viser la certification américaine. »

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Projet industriel wallon

Si tout se poursuit comme prévu, le produit « made in Gosselies » entrera dans une phase de production et de vente dès 2015. Venyo envisage l’assemblage dans ses locaux de l’Aéropole de 30 simulateurs, en 2015 et 2016. Il faut compter environ 6 semaines de travail par simulateur qui ne sera mis en fabrication qu’après commande ferme (bill to order) par les 2 types de clients ciblés ; les compagnies aériennes et les centres de formations. Actuellement, Venyo compte 16 ETP et l’emploi pourrait monter à 30 personnes en régime de croisière. Et à cela, il conviendra d’ajouter l’emploi chez les sous-traitants, comme, par exemple, au sein de Lazzerini, à Strépy, qui fabrique les carénages décoratifs extérieurs en matériaux composites de la partie écrans du simulateur.

Formation et fun !

La formation des pilotes et leur entrainement régulier est la 2ème activité de Venyo dont le centre de formation (Venyo Academy) est dûment agréé. Des formations MCC (Multi Crew Cooperation) y sont dispensées régulièrement et bientôt les 2 simulateurs certifiés (Bourget 001 et Farnborough 002) permettront à de nombreux pilotes d’effectuer à Gosselies les heures de vols virtuels dont ils ont besoin pour l’octroi et le maintien de leur licence professionnelle.

Pour répondre à une forte demande, Venyo va également reprendre, et intensifier, des sessions de vols destinées au grand public. Des « Fun Flights » seront organisés les WE et la communication ciblera prioritairement les entreprises qui voudront en faire un évènement. Une manière intéressante de supporter l’ambitieux projet industriel que la PME de l’Aéropole est sur le point de concrétiser, dans un marché en croissance et avec une distribution potentielle mondiale.

                                                                                                                           Michel BELLEFONTAINE

Une version plus courte de cet article a été publié dans le magazine économique « B 2 Hainaut » d’octobre 2014.