Archives de la catégorie ‘Recherche’

Le CARAH, le Centre pour l’Agronomie et l’Agro-industrie de la Province de Hainaut, implanté à Ath, mène – entre autres activités – des travaux de recherche appliquée en étroite collaboration avec des entreprises. L’une de ces recherches a débouché récemment sur la mise au point d’un procédé très performant de traitement par la lumière des terrains de sports, et de football plus particulièrement. Le marché potentiel est très grand pour cette innovation que nous présente Julien LOUVIEAUX, Ingénieur agronome diplômé de l’ULB et qui travaille pour le CARAH, en lien direct les entreprises.

« En partenariat avec l’entreprise liégeoise VEGELED qui commercialisait des panneaux publicitaires, nous avons mené un projet de recherche, durant 4 ans. Ils voulaient diversifier leurs produits en proposant des éclairages LED adaptés aux végétaux. L’idée de base était de diminuer les factures d’énergie des producteurs en serres qui travaillaient jusque-là avec des lampes au sodium très énergivores. Autre désavantage du système, le spectre lumineux ne correspondait pas vraiment à celui dont une plante a besoin. Nous avons donc mis au point des assemblages LED, de couleurs différentes, de manière à trouver les combinaisons d’éclairage, en bonne proportion, qui conviennent à la croissance végétale. La société a ensuite breveté ce type d’éclairage spécifique et, à la fin du projet, nous avons participé à un colloque pour faire connaître ce travail. Il a rassemblé beaucoup de monde, dont la société bretonne SPARFEL. »

img_8288

« Cette dernière implante des gazons de terrains professionnels, de football et de sports en général. Ils sont donc venus vers nous pour tester nos éclairages LED, voire les adapter à la croissance des pelouses spécifiques pour le sport, pelouses qui doivent continuer à pousser, et à rester vertes, en hiver ! En foot, beaucoup de clubs pratiquent la luminothérapie mais encore, très souvent, avec des lampes au sodium. SPARFEL voulait se démarquer de la concurrence. »

img_8278img_8273

« Au sein du CARAH, c’est mon collègue Samuel COLASSE qui est la cheville ouvrière de ce projet très prometteur. Grâce à nos services, SPARFEL, a mis au point et construit un prototype qui fonctionne. Il est d’ailleurs assez amusant à voir car il avance progressivement et lentement, un peu à l’image des robots tondeurs, mais en beaucoup plus grand. La machine fait 12m sur 3 ! Outre les LED, elle dispose aussi de la possibilité d’injecter du CO² pour enrichir l’atmosphère et améliorer ainsi la photosynthèse. Et dans le cas de grand froid, un petit chauffage électrique se met en route. Le prototype fonctionne très bien et nous sommes allés en mars dernier à Guingamp pour tester son efficacité. Nous avions demandé de ne pas traiter en luminothérapie certaines zones du terrain et d’en traiter d’autres. Nous avons établi un protocole scientifique qui tient la route et nos tests ont été probants. En une quinzaine de jours, la croissance de l’herbe traitée était pratiquement le double de celle qui ne l’était pas. »

img_8308

« Nous avons fourni toute une série de chiffres sur la hauteur et la densité de l’herbe, la résistance du sol, …. Toutes ces données ont permis de valider le procédé. Notre rôle est rempli, et bien mené. Tout est désormais dans les mains de l’entreprise qui doit maintenant argumenter, trouver des partenaires, fabriquer, développer et commercialiser l’équipement. Le marché potentiel est très important. »         

                                                                                    Michel BELLEFONTAINE

P.S. Cet article est tiré du dossier central du magazine économique de la Province de Hainaut, le « B2Hainaut » de septembre 2016.

Publicités

NANOLAC est un projet initié lors du programme transfrontalier européen INTERREG III, qui s’est poursuivi entre 2007 et 2013 et qui devrait également bénéficier d’un nouveau soutien entre 2014 et 2020. Le projet est porté par le centre de recherche Materia Nova, situé sur le Parc Initialis, à Mons.

DSC_0009

Materia Nova a été initié par les aides européennes, « Objectif 1 ». Le centre de recherche était alors une activité renforcée de l’Université de Mons pour le service à la société, l’une des 3 missions de l’institution avec l’enseignement et la recherche.

Lors du « Phasing Out », l’Europe a exigé que des structures propres portent les divers projets subsidiés. Materia Nova est ainsi devenu une asbl indépendante, en 2000, tout en conservant un lien très étroit avec l’université dont un professeur agit comme directeur scientifique pour tout projet.

« Convergence », le plan d’aides actuel, a renforcé l’activité de Materia Nova vers les entreprises et a favorisé son ouverture à l’étranger, concrétisée par des partenariats avec des centres similaires au Pays Basque et en Allemagne.  

DSC_0008 DSC_0012   

MABIOLAC puis NANOLAC 

NANOLAC est un projet qui a débuté en 2003 (sous l’appellation MABILOAC), grâce aux fonds INTERREG III. L’opérateur chef de file est Materia Nova, avec l’appui du service du professeur Philippe DUBOIS. Les partenaires transfrontaliers complémentaires sont l’Ecole Nationale Supérieure de Chimie de Lille et l’Ecole Nationale Supérieure des Arts et Industries Textiles de Roubaix. Il faut encore ajouter 3 partenaires associés, soit des entreprises donnant un avis industriel sur les recherches ; NANOCYL à Sambreville, COUSIN Biotech à Wervicq et MECAPLAST à Lens, en France.

Karl BERLIER, chef de projet, précise la teneur de cette recherche centrée sur le domaine des plastiques. « Le principe du projet, c’est d’utiliser les ressources naturelles locales pour faire des plastiques. On vise ainsi à réduire progressivement notre dépendance à la pétrochimie, tout en concevant des matières durables. »

Tout a démarré d’un brevet déposé par le prof. Philippe DUBOIS, mis en œuvre dans les labos de Materia Nova, avant un transfert technologique vers l’entreprise GALACTIC à Escanaffles, où il est passé à l’échelle de production. Explication didactique de Karl BERLIER. «  On part d’une ressource naturelle locale qui contient du sucre (maïs, betteraves, pommes-de-terre, …). On extrait ce sucre et on le fermente pour faire de l’acide lactique. La suite du processus consiste à traiter chimiquement les molécules d’acide lactique pour obtenir une poudre (le lactide) qui devient l’élément de base du futur plastique. En associant cet élément à d’autres, on aboutit à des granules semblables à celles issues de la pétrochimie. »

Une carotte de maïs devient granules de plastique dont on peut produire des fils qui deviendront des textiles à usages divers. NANOLAC est résumé en une seule photo.

Une carotte de maïs devient granules de plastique dont on peut produire des fils qui deviendront des textiles à usages divers. NANOLAC est résumé en une seule photo.

Recyclage

L’énorme avantage des nouvelles granules est un impact nettement moindre sur l’environnement (pas de pétrole ni de solvant). De plus, alors que le produit est biodégradable, on peut dire qu’il est désormais également recyclable. En effet, une joint-venture entre GALACTIC et TOTAL Petrochemicals, créant la société FUTERRO, a déposé un brevet de récupération des plastiques en fin de vie, de traitement chimique, puis de réinjection dans le cycle pour faire … un nouveau plastique. La boucle est bouclée grâce à ce brevet baptisé LOOPLA.

Un appuie-tête pour appuyer la recherche

En cette fin de cession de recherche, NANOLAC (budget: 1.804.300 €) a abouti à la création d’un démonstrateur, soit un produit à présenter aux entreprises, en vue de sa production. Ce démonstrateur est un appuie-tête non-tissé destiné aux transports à longues distances (cars de tourisme, TGV, avions). Pour le développer, Materia Nova s’est adjoint les services du Centre Européen de Textile Innovant, basé à Tourcoing.  « Dans les derniers mois de l’actuel programme, nous explique Karl BERLIER, on va ajouter 2 fonctions importantes à notre démonstrateur; une fonction antibactérien et des propriétés de résistance au feu. Pour le futur, c’est-à-dire INTERREG V, nous serons candidat avec un projet qui s’appellera DURALAC, de manière à associer lactide et durabilité. Avec notre démonstrateur, nous sommes pour l’instant sur un produit fonctionnel mais à courte durée de vie. Nous voulons désormais nous lancer vers des produits composites durables, traçables et donc plus facilement recyclables puisque nos procédés le permettent déjà. »

                                                                                                                       Michel BELLEFONTAINE

Cet article a été publié dans le magazine économique de la Province de Hainaut « B2Hainaut » de janvier 2014.