Articles Tagués ‘Agaises’

Créé en 2002, le Vignobles des Agaises est aujourd’hui le plus important producteur de vin de Belgique avec une surface de 23 hectares et une production comprise en 150 000 et 180 000 bouteilles par an. Un vignoble qui s’est récemment doté d’un chai ultramoderne mais aussi d’un système de protection contre le gèle.

Le Vignoble des Agaises, « c’est une aventure un peu folle » de l’aveu même de l’un des ses fondateurs, Raymond Leroy. Un projet lancé en 2002 mais qui aurait pu débuter beaucoup plus tôt ! Adolescent, le jeune Raymond Leroy est en effet venu frapper à la porte de l’agriculteur propriétaire des terres aujourd’hui occupées par le vignoble. Son idée ? Planter quelques pieds de vigne. Mais face au refus du producteur de pommes de terre, Raymond Leroy s’est vu contraint de planter ses vignes au fond du jardin familial avec un résultat peu convaincant…

Plusieurs années plus tard, au hasard d’une soirée d’anciens élèves de Bonne-Espérance, Raymond Leroy a croisé Etienne Delbeke, le fils de l’agriculteur. L’idée de planter des vignes est alors ressurgie et cette fois, elle a fait mouche auprès de celui qui avait, entre temps, repris la gestion de l’exploitation.

Au départ du projet, au début des années 2000, l’idée était de planter une parcelle assez modeste. Mais très rapidement, avec les conseils du vigneron champenois Thierry Gobillard, ce sont 2 hectares de vignes qui ont été plantés en 2002.  C’est que le coteau du vignoble est idéalement situé sur une terre riche en calcaire et exposée plein sud.

Avec le soutien de leurs associés, Michel Wanty et Joël Hugé, Raymond Leroy et Etienne Delbeke ont rapidement étendu le vignoble pour aujourd’hui atteindre 18 hectares de vignes. Un record en Belgique ! Avec des pieds de chardonnay, de pinot noir et de pinot meunier, le Vignoble des Agaises produit chaque année plusieurs cuvées : le Ruffus blanc de blancs (100% chardonnay), le Ruffus brut sauvage (100% chardonnay, non dosé), le Ruffus brut rosé et une cuvée exceptionnelle, la Ruffus millésimé 2014  « Franco Dragone ».

Des cuvées qui ont raflé de nombreux prix tant en Belgique qu’à l’étranger et qui rivalisent sans difficulté avec les flacons produits à l’abri de la montagne de Reims. Un succès qui a conduit le vignoble à construire un chai ultramoderne en 2015.  Des installations de 2000m²  situées à quelques mètres de vignes qui doivent permettre au vignoble de poursuivre son développement.

Mais la culture de la vigne est loin d’être un long fleuve tranquille. Comme toute production agricole, celle du raisin reste tributaire de nombreux facteurs. Au premier rang desquels, les caprices de la météo.  Ainsi, il y a un peu plus d’un an, en mai 2017, une période de gèle aussi intense qu’inattendue a touché le vignoble. Avec des pertes estimées entre 50 et 70% de la production. Une véritable catastrophe !

Pour tenter de ne plus connaitre pareil scénario,  les vignerons d’Haulchin ont investi dans un dispositif anti-gèle constitué d’une tour qui brasse l’air à quelques mètres du sol et qui doit permettre de gagner quelques degrés lorsque le thermomètre approche la barre fatidique des 0 degrés.

Mais peu importe les conditions et les difficultés, rien n’entame la motivation de l’équipe. D’autant que la demande ne cesse de grandir et que la réputation du Ruffus dépasse aujourd’hui largement les frontières de la région du Centre, voire de la Wallonie.  L’aventure pétillante n’est  donc pas prête de se tarir sur les terres où régnait le Seigneur Ruffus au XXIIe siècle.

                                                                                                             Aurélien LAURENT

 

Publicités

Les vignes d’Haulchin, au lieu-dit les Agaises, se développent depuis 12 ans. De 2 hectares au début de l’aventure, l’exploitation en est aujourd’hui à 18, représentant quelque 180.000 pieds, de chardonnay notamment mais aussi de pinot noir et de pinot meunier. Jusqu’à présent, c’est dans les installations de la ferme de la Tour, à quelques centaines de mètres de là, que toutes les opérations de vinification étaient effectuées. Un endroit désormais trop exigu, comme nous le confirme le propriétaire, également partenaire du vignoble, Etienne Delbeke.

 « Oui c’est vrai. Par rapport au nombre d’ha qui sont plantés et donc au nombre au nombre de bouteilles espérées, on était un peu à l’étroit dans les bâtiments de la ferme. D’autant plus que notre activité de pommes de terre est assez importante et qu’elle va continuer à l’être pendant encore de nombreuses années. La cohabitation entre les raisins et les pommes de terre devenait un peu difficile. »

Document : ArTEO sprl

Document : ArTEO sprl

Au bord des vignes

La construction de la nouvelle infrastructure a été entamée, au pied même des vignes, en juin dernier. L’emplacement du futur chai est idéal mais a nécessité entre autres d’importants travaux de stabilisation des fondations, en raison du sol très calcaire. Et ce n’est là que l’une des difficultés rencontrées. Raymond Leroy, fondateur du vignoble des Agaises. «  Au point de vue emplacement, ce n’était certainement pas le plus simple. C’est le plus joli, le plus merveilleux mais au niveau technique c’était très compliqué. Pour l’eau par exemple, on a dû faire des puits parce qu’on n’a pas d’eau courante. En ce qui concerne l’égouttage, on été contraints de prévoir un système pour envoyer l’eau décantée. Donc l’emplacement est magnifique mais il nous a posé pas mal de problèmes. »

Raymond Leroy, la passion contagieuse

Raymond Leroy, la passion contagieuse

Le chai en construction (11 sept. 2014)

Le chai en construction (11 sept. 2014)

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Les partenaires du vignoble des Agaises se sont entourés des meilleures compétences possibles pour concevoir puis mener à bien leur ambitieux projet, représentant un investissement conséquent. La société Wanty a traité les sols et ce sont à présent une quinzaine d’ouvriers de l’entreprise VERELST, spécialisée dans les bâtiments industriels, qui s’activent sur le site. «  On est dans les délais comme promis au client, nous précise Franck Comeyne, gestionnaire de projets pour VERELST S.A. On avait dit que le bâtiment serait fermé pour la fin septembre. On aura les châssis la 1ère semaine d’octobre et donc tout sera fermé pour l’hiver comme prévu. Nous avons eu quelques difficultés à produire les panneaux de parement en silex, en arrondis. Idem pour les châssis, également en arrondis. Ce n’était pas évident. Mais tout va bien. »  

Document : ArTEO sprl

Document : ArTEO sprl

   photo 4

 

 

 

 

Un bel écrin pour le Ruffus

Surmontant les difficultés, le rôle des ouvriers est évidement de mettre en œuvre les consignes des architectes. C’est le bureau Arteo (Les Bons-Villers) qui a imaginé pour les Agaises un édifice à la fois pratique, parfaitement isolé et très esthétique. « Ici, nous explique Raymond Leroy, on aura tout ce qui est cuverie, pressoirs, matériel de vinification et ustensiles pour travailler la vigne. Il y aura également une partie commerciale. Etienne Delbeke poursuit la présentation. «  Le bâtiment est très bien isolé. Nous avions l’option éventuelle de faire une cave mais on a préféré rester de plain-pied. Par contre, on a voulu reproduire les mêmes conditions que dans une cave, champenoise par exemple, et on a donc été très vigilants en termes d’hygrométrie et d’isolation. Le chai sera très bien équipé. Nous aurons plus de 2.500 m², dont des bureaux de réception et de commercialisation, à l’étage. On aura vraiment tout, ici sur place au bord des vignes, pour produire le fameux Ruffus de A à Z. »

Document : ArTEO sprl

Document : ArTEO sprl

La cuvée seigneur Ruffus est un indéniable succès commercial puisque tout est vendu avant même d’être produit. Pour satisfaire la demande et rentabiliser l’investissement qui reste une aventure audacieuse, la vigne s’étendra à nouveau de quelques hectares dans les prochains mois. En attendant, le millésime 2014 – qui sera récolté dans une dizaine de jours – s’annonce prometteur, en qualité et en quantité. A déguster en juin prochain, lors des journées portes-ouvertes qui marqueront l’inauguration du nouveau bâtiment.         

                                                                                                               Michel Bellefontaine