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Chaque Province wallonne dispose d’une institution dont les missions sont centrées sur les domaines de l’environnement et de l’agriculture, au sens large. En tant que premier territoire agricole (en termes de superficie agricole utile), le Hainaut est à la pointe en matière de soutiens aux entreprises du secteur, de recherches et de services. Son bras armé, c’est le CARAH, le Centre pour l’Agronomie et l’Agro-industrie de la Province de Hainaut. Nous dressons ici une présentation succincte de ses activités, en concentrant plus particulièrement notre attention sur quelques projets menés avec des entreprises ou des agriculteurs. Nous allons voir avec nos guides, Olivier MAHIEU et Julien LOUVIAUX, que les services du CARAH sont très utiles et qu’ils débouchent parfois sur des projets qui s’exportent !

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Expérimentations et avertissements

Olivier MAHIEU est chef de division technique et s’occupe plus particulièrement du service d’expérimentations et d’avertissements installé au sein de la ferme expérimentale et pédagogique du CARAH. Nous faisons avec lui le point sur des travaux essentiels à la fois pour les agriculteurs, les sociétés de l’agroalimentaire et … les consommateurs. 

« De manière générale, notre activité principale s’articule autour des expérimentations. Pour vous donner une idée, nous mettons en place annuellement plus de 5.000 micro-parcelles expérimentales. Cela génère beaucoup de contacts avec les entreprises du secteur de l’agrofourniture qui sont nos principaux clients, directs ou indirects. Nous pratiquons beaucoup d’essais consistant à tester les différentes variétés qui arrivent chaque année sur les marchés, que ce soit en céréales, en colzas, en pommes-de-terre ou autres. En partenariat avec des firmes de l’agrofourniture (AVEVE BRICHARD, SCAM, JORION, LIMAGRIN, SYNGENTA SEEDS, CAUSSADES, …), nous mettons en place des essais comparatifs de variétés. »

« Nous effectuons aussi toute une série d’essais qui concernent les intrants. Cette partie relative à la fumure et à la protection des cultures est également très importante dans notre travail, en complément aux tests sur les variétés. Dans ce domaine, nous travaillons avec des sociétés qui jouent un rôle en matière de protection des végétaux, comme SYNGENTA, BAYER, BELCHIM, BASF, PROTEX ou encore ROSIER. »     

OLYMPUS DIGITAL CAMERAAuprès des agriculteurs dont une partie des terres est dédiée à la pomme-de-terre, le CARAH se distingue particulièrement grâce à son système bien spécifique d’alerte au mildiou.

« Le CARAH est en effet à l’origine de ce système de lutte contre les effets dévastateurs du mildiou, poursuit Olivier MAHIEU. Notre modèle se base essentiellement sur l’étude des conditions climatiques et nous travaillons avec les données météos fournies par le CRAW, le Centre wallon de Recherches Agronomiques. Le système mis au point permet de prévoir le développement de la maladie et donc d’avertir les agriculteurs, par SMS et mail, afin qu’ils puissent agir de manière préventive et à bon escient. Lors du déclenchement de l’avertissement, nous fournissons des dates bien précises de traitement pour une efficience maximale. Nous participons aussi à toute une série d’autres avertissements que ceux spécifiques au mildiou et à la pomme-de-terre, en étant intégré dans un réseau au niveau de la Wallonie. »

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Le travail ne manque donc pas pour la douzaine de collaborateurs du service expérimentations qui organise également plusieurs conférences de vulgarisation des résultats durant l’année. Les agriculteurs peuvent y puiser pas mal d’infos directement utiles à leurs cultures. « En quelques sortes, conclut Olivier MAHIEU, nous assumons un rôle de Test Achats en agriculture. Toute une série de produits sont mis en vente, chaque année, et notre objectif est de vérifier dans quelles mesures ils sont efficaces et intéressants. On fait vraiment de la recherche appliquée pour que les agriculteurs utilisent les meilleurs produits de la manière la plus pertinente possible. »

23-nDes projets … 18 carats !

Le CARAH est le centre de recherche associé à la Haute Ecole Provinciale de Hainaut-Condorcet dont fait partie bien sûr la section Agronomie, située elle aussi à Ath. C’est l’une des plus anciennes écoles de Wallonie dans ce domaine et elle forme à la fois des étudiants du secondaire et du supérieur (Bachelier ou Master d’ingénieur industriel en sciences agronomiques) . L’école est souvent impliquée, par exemple par des travaux de fin d’études, dans les collaborations du CARAH avec des entreprises. Voici quelques exemples non  exhaustifs des projets menés. Ils sont expliqués par Julien LOUVIAUX, directement impliqué dans les relations avec les entreprises.

« A titre personnel, je m’occupe de partenariats avec des entreprises privées. On a, avec elles, des conventions de recherche et on répond à un réel besoin car très rares sont les PME qui disposent d’infrastructures ou de départements de R&D en agriculture. »  

PUR VER SA

PUR VER transforme des matières organiques avec des vers de terre pour en faire ce qu’ils appellent un lombricompost. Notre rôle est de donner un avis technique et scientifique sur la qualité du produit. Pour cela, nous mettons en place une batterie de tests expérimentaux permettant de démontrer, par statistiques fiables, l’efficacité du fertilisant. PUR VER utilise des vers composteurs, et pas des lombrics.

Alexandre MEIRE, administrateur-délégué de PUR VER, complète le propos. « Au lieu d’être des laboureurs qui travaillent à la verticale pour aérer les sols, la fonction des vers composteurs est de transformer très rapidement, en la mangeant, la matière organique. Ils mangent jusqu’à leur propre poids de matière chaque jour. Chez PUR VER, comme nous sommes issus d’une université, on peut dire que nous avons la science dans nos gênes. On ne se contente donc pas de dire que notre produit est efficace mais on veut pouvoir le démontrer. La raison de notre collaboration avec le CARAH est donc de prouver scientifiquement les propriétés agronomiques de notre production. »   

 dsc_0310_lc-dans-mainLuminothérapie LED

En collaboration avec l’entreprise liégeoise VEGELED qui commercialisait des panneaux publicitaires, nous avons mené un projet de recherche, durant 4 ans. Ils voulaient diversifier leurs produits en proposant des éclairages LED adaptés aux végétaux. L’idée de base était de diminuer les factures d’énergie des producteurs en serres qui travaillaient jusque-là avec des lampes au sodium très énergivores. Autre désavantage du système, le spectre lumineux ne correspondait pas vraiment à celui dont une plante a besoin. Nous avons donc mis au point des assemblages LED, de couleurs différentes, de manière à trouver les combinaisons d’éclairage, en bonne proportion, qui conviennent à la croissance végétale. La société a ensuite breveté ce type d’éclairage spécifique et, à la fin du projet, nous avons participé à un colloque pour faire connaître ce travail. Il a rassemblé beaucoup de monde, dont la société bretonne SPARFEL.

Cette dernière implante des gazons de terrains professionnels, de football et de sports en général. Ils sont donc venus vers nous pour tester nos éclairages LED, voire les adapter à la croissance des pelouses spécifiques pour le sport, pelouses qui doivent continuer à pousser, et à rester vertes, en hiver ! En foot, beaucoup de clubs pratiquent la luminothérapie mais encore, très souvent, avec des lampes au sodium. SPARFEL voulait se démarquer de la concurrence.

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Au sein du CARAH, c’est mon collègue Samuel COLASSE qui est la cheville ouvrière de ce projet qui est très prometteur. Grâce à nos services, SPARFEL, a mis au point et construit un prototype qui fonctionne. Il est d’ailleurs assez amusant à voir car il avance progressivement et lentement, un peu à l’image des robots tondeurs, mais en beaucoup plus grand. La machine fait 12m sur 3 ! Outre les LED, elle dispose aussi de la possibilité d’injecter du CO² pour enrichir l’atmosphère et améliorer ainsi la photosynthèse. Et dans le cas de grand froid, un petit chauffage électrique se met en route. Le prototype fonctionne très bien et nous sommes allés en mars dernier à Guingamp pour tester son efficacité. Nous avions demandé de ne pas traiter en luminothérapie certaines zones du terrain et d’en traiter d’autres. Nous avons établi un protocole scientifique qui tient la route et nos tests ont été probants. En une quinzaine de jours, la croissance de l’herbe traitée était pratiquement le double de celle qui ne l’était pas.

img_8251img_8308Nous avons fourni toute une série de chiffres sur la hauteur et la densité de l’herbe, la résistance du sol, …. Toutes ces données ont permis de valider le procédé. Notre rôle est rempli, et bien mené. Tout est désormais dans les mains de l’entreprise qui doit maintenant argumenter, trouver des partenaires, fabriquer, développer et commercialiser l’équipement. Le marché potentiel est très important.     

LHOIST

Nous avons un autre projet d’importance qui dure depuis 10 ans avec le groupe LHOIST, leader mondial dans la fabrication de chaux. Sa production vise surtout les secteurs d’activités industrielles comme la fabrication d’acier, de peintures ou de verres. Un dixième de l’activité seulement se décline dans le secteur agricole. Je teste beaucoup de leurs produits destinés à l’agriculture (chaux magnésienne, soufrée, …). Ils développent aussi une gamme d’engrais et de fertilisants foliaires que je teste également sur les plantes.

FYTEKO

FYTEKO est une société innovante, désormais installée à Bruxelles mais qui est une émanation de scientifiques issus du pôle montois de recherche Materia Nova. Son domaine d’activité est celui des bios stimulants. Le CARAH est le partenaire agronomique dans le projet pour ce qui concerne l’expérimentation en champs, en serres et en laboratoires. Les développeurs de FYTEKO ont mis au point de nouvelles molécules qui sont censées favoriser la résistance des plantes au stress, salin ou hydrique par exemple. Ces produits sont assez innovants et il n’en n’existe pas pour l’agriculture. La démarche s’inscrit  ici dans le cadre des changements climatiques et aussi du développement de l’agriculture dans des zones a priori défavorables. Nos essais préliminaires en laboratoires et en serres sont menés depuis 3 ans. Et nous testons en champs, dans la ferme expérimentale, depuis quelques mois.

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On le voit, le CARAH ne manque pas d’atouts, d’expériences et de références. Ses succès sont probants sans être toutefois automatiques. L’essentiel, c’est son dialogue permanent avec les entreprises partenaires qui, parfois, doivent réajuster leur process, revoir leur manière de travailler ou même s’engager dans une toute autre direction. Quand on fait de la recherche, on n’est jamais sûr de trouver. Mais le challenge est chaque fois très stimulant.

                                                                                           Michel BELLEFONTAINE

P.S. Cet article est extrait du dossier central du magazine économique de la Province de Hainaut, le « B 2 Hainaut » de septembre 2016.

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Le CARAH, le Centre pour l’Agronomie et l’Agro-industrie de la Province de Hainaut, implanté à Ath, mène – entre autres activités – des travaux de recherche appliquée en étroite collaboration avec des entreprises. L’une de ces recherches a débouché récemment sur la mise au point d’un procédé très performant de traitement par la lumière des terrains de sports, et de football plus particulièrement. Le marché potentiel est très grand pour cette innovation que nous présente Julien LOUVIEAUX, Ingénieur agronome diplômé de l’ULB et qui travaille pour le CARAH, en lien direct les entreprises.

« En partenariat avec l’entreprise liégeoise VEGELED qui commercialisait des panneaux publicitaires, nous avons mené un projet de recherche, durant 4 ans. Ils voulaient diversifier leurs produits en proposant des éclairages LED adaptés aux végétaux. L’idée de base était de diminuer les factures d’énergie des producteurs en serres qui travaillaient jusque-là avec des lampes au sodium très énergivores. Autre désavantage du système, le spectre lumineux ne correspondait pas vraiment à celui dont une plante a besoin. Nous avons donc mis au point des assemblages LED, de couleurs différentes, de manière à trouver les combinaisons d’éclairage, en bonne proportion, qui conviennent à la croissance végétale. La société a ensuite breveté ce type d’éclairage spécifique et, à la fin du projet, nous avons participé à un colloque pour faire connaître ce travail. Il a rassemblé beaucoup de monde, dont la société bretonne SPARFEL. »

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« Cette dernière implante des gazons de terrains professionnels, de football et de sports en général. Ils sont donc venus vers nous pour tester nos éclairages LED, voire les adapter à la croissance des pelouses spécifiques pour le sport, pelouses qui doivent continuer à pousser, et à rester vertes, en hiver ! En foot, beaucoup de clubs pratiquent la luminothérapie mais encore, très souvent, avec des lampes au sodium. SPARFEL voulait se démarquer de la concurrence. »

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« Au sein du CARAH, c’est mon collègue Samuel COLASSE qui est la cheville ouvrière de ce projet très prometteur. Grâce à nos services, SPARFEL, a mis au point et construit un prototype qui fonctionne. Il est d’ailleurs assez amusant à voir car il avance progressivement et lentement, un peu à l’image des robots tondeurs, mais en beaucoup plus grand. La machine fait 12m sur 3 ! Outre les LED, elle dispose aussi de la possibilité d’injecter du CO² pour enrichir l’atmosphère et améliorer ainsi la photosynthèse. Et dans le cas de grand froid, un petit chauffage électrique se met en route. Le prototype fonctionne très bien et nous sommes allés en mars dernier à Guingamp pour tester son efficacité. Nous avions demandé de ne pas traiter en luminothérapie certaines zones du terrain et d’en traiter d’autres. Nous avons établi un protocole scientifique qui tient la route et nos tests ont été probants. En une quinzaine de jours, la croissance de l’herbe traitée était pratiquement le double de celle qui ne l’était pas. »

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« Nous avons fourni toute une série de chiffres sur la hauteur et la densité de l’herbe, la résistance du sol, …. Toutes ces données ont permis de valider le procédé. Notre rôle est rempli, et bien mené. Tout est désormais dans les mains de l’entreprise qui doit maintenant argumenter, trouver des partenaires, fabriquer, développer et commercialiser l’équipement. Le marché potentiel est très important. »         

                                                                                    Michel BELLEFONTAINE

P.S. Cet article est tiré du dossier central du magazine économique de la Province de Hainaut, le « B2Hainaut » de septembre 2016.