Articles Tagués ‘développement économique’

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L’Union des Classes Moyennes (UCM) est avant tout un mouvement patronal, un syndicat pour indépendants. L’organisme dispose d’une série de services comme le guichet d’entreprises, la caisse d’assurance sociale, la caisse d’allocations familiales et le secrétariat social pour tout ce qui est lié aux ressources humaines. L’objet de la réunion mensuelle de Centre Capital est de présenter le département moins connu de « Développement économique » qui existe au sein de l’UCM depuis 7 ou 8 ans.

L’oratrice du jour, Joëlle Labilloy, est coordinatrice création d’entreprises de la Cellule Starter de l’UCM. Au-delà de l’appellation un peu complexe, on retiendra qu’elle accompagne le développement des entreprises, de l’idée de départ jusqu’à la transmission. Elle nous explique les diverses possibilités offertes aux entrepreneurs et nous détaille quelques actions plus spécifiques.

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1. L’esprit d’entreprendre

Aujourd’hui, plus personne ne met en doute l’utilité de promouvoir l’esprit d’entreprise. A ce niveau, l’UCM est présente dans la plupart des écoles pour sensibiliser les élèves et ouvrir leur esprit à l’entrepreneuriat. Cela se fait sous forme de cours, assez ludiques, et on y explique, par exemple, l’importance d’un plan d’affaires approprié. Pour tous les jeunes, un outil (modèle de plan d’affaires simplifié) est à disposition, téléchargeable gratuitement sur le site internet de l’UCM, http://www.ucm.be/Les-editions-de-l-UCM/Les-editions-de-l-UCM/Publications-gratuites/Business-plan-ou-plan-d-affaires

2. La création

Quand l’esprit d’entreprendre est bien ancré, un jeune (ou un moins jeune) peut vouloir passer à une phase concrète de développement d’une idée, d’un concept et en faire une entreprise viable. Le service dont je m’occupe, basé à la Louvière, accompagne les porteurs de projet dès l’émergence de leur idée. On commence généralement notre accompagnement par un test de validation du profil entrepreneurial du candidat entrepreneur. Ce test s’effectue grâce à un logiciel acquis auprès d’un partenaire membre de Centre Capital (Pierre-Albert Druart, Socrates HR). Il permet, en 85 questions, de déboucher sur le profil type de l’entrepreneur, avec ses points forts et ses éventuelles lacunes. Nous effectuons une étude globale de la faisabilité des projets et étudions le choix de la forme juridique de la future entreprise.

Le financement

Nous accompagnons ensuite le porteur de projet dans la recherche de financements qui permettront de concrétiser la création. L’UCM travaille avec les banques traditionnelles mais aussi avec les acteurs publics agréés, susceptibles de financer de nouveaux projets : bourse de Préactivité, Fonds de Participation, SOCAMUT, Airbag du Forem et  chèques-formation de la Wallonie. Les sources de financement sont variées, les possibilités sont nombreuses et l’essentiel pour nous est de trouver avec le candidat entrepreneur la formule la plus adéquate possible. A titre d’exemple, l’UCM de La Louvière a suivi pas-à-pas la création de la société Oenola qui fournit les vins du business lunch de Centre Capital, entre autres.

UCM Campus

Centre Capital a droit à son scoop avec une brève présentation d’un projet qui doit naître officiellement dans les prochaines semaines. Il s’agit d’UCM Campus, une plateforme d’e-learning ou, si l’on préfère la langue de Molière, d’apprentissage à distance (par ordinateur), relatif à la création d’entreprise. UCM Campus comprend différents modules de cours, accessibles à des prix modérés. 14 thématiques sont abordées (Business Plan, étude de marché, fiscalité, …) dans les modules qui comprennent une vidéo de 30 minutes, un syllabus complet, un Power Point et un quiz d’auto-évaluation. www.ucmcampus.be … bientôt en ligne !

UCM Propulse

UCM Propulse est une action de sensibilisation et d’accompagnement  à la création d’entreprises pour un public spécifique de personnes issues de la diversité. Il ne s’agit pas ici de ghettoïser qui que ce soit mais de reconnaître que les démarches ne sont pas les mêmes pour les personnes d’origine étrangère désireuses de se lancer dans l’entrepreneuriat et que donc leur accompagnement doit être adapté.

3. Le développement

Audit

Après 3 ans de vie, les entreprises peuvent toujours être accompagnées par l’UCM pour les mêmes thématiques qu’à la création (grosso modo) et dans la perspective de se développer. Diagnostic général de l’entreprise, identification de nouveaux projets, recherche de sources de financement, sont autant de points analysés dans une optique de croissance ou de recentrages des activités.

Pôle « vert »

Ce pôle de l’UCM regroupe des actions relatives à des préoccupations de type écologique ; énergie, environnement et éco-conception. Un Help desk est disponible pour les entreprises qui peuvent être accompagnées dans différentes démarches (permis d’environnement, gestion énergétique, ateliers pratiques, …).

Communication

La communication retient particulièrement l’attention de l’UCM car elle est importante tant au niveau commercial qu’à celui de la notoriété des entreprises. « J’ai besoin de com.com » est un service dynamique qui aide les entreprises à professionnaliser leur communication, interne et externe, et à établir et entretenir des contacts avec la presse. « J’ai besoin de com.com » organise des ateliers thématiques, pose des diagnostics en entreprises et met sur pied le salon annuel « Objectif Com ». Ce dernier se déroule dans le courant du 1er trimestre de chaque année (prochain, le 18 mars 2014), à la Géode de Charleroi. Il est un savant, et intéressant mélange de stands, de rencontres  personnelles avec des experts et de conférences de haut niveau. A ne pas manquer ! www.objHYPERLINK « http://www.objectifcom.be/ »eHYPERLINK « http://www.objectifcom.be/ »cHYPERLINK « http://www.objectifcom.be/ »tifcom.be

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4. La transmission

Dans le cycle de vie d’une entreprise, la transmission peut être un évènement heureux ou malheureux. Soit la transmission est une réussite et l’activité se poursuit avec d’autres responsables, soit elle est un échec et l’entreprise s’arrête avec la retraite de son initiateur. En transmission, l’UCM travaille avec la Sowaccess (filiale de la Sowalfin). Elle sensibilise, accompagne et oriente vers des experts, les cédants et les repreneurs potentiels.

Le CED

Le Centre des Entreprises en Difficulté (CED) est une collaboration entre l’UCM et la Wallonie. Pour utiliser un langage imagé, c’est un service de soins intensifs pour les entreprises qui rencontrent quelques difficultés, qui voudraient se repositionner ou simplement avoir un avis éclairé sur leur situation. Un numéro vert est à disposition des entreprises 0800/35.222 et il est fortement conseillé de ne pas hésiter à consulter le service avant qu’il ne soit trop tard. Les conseils de première ligne (indentification des problèmes et orientation vers les structures adaptées, telles les Barreaux, les experts comptables et fiscaux ou encore le médiateur wallon des crédits PME) peuvent remédier à des situations a priori fort compromises. Le préventif est toujours préférable au curatif !

5. Des actions spécifiques

Réseau Diane

Diane est un réseau de femmes entrepreneures. C’est une sorte de Business Club qui s’efforce de promouvoir l’entrepreneuriat au féminin. Il comporte 2.500 membres et organise une trentaine d’évènements par an; colloques, visites d’entreprises, business lunches thématiques, conférences et ateliers divers.

Soutien aux commerces

Le soutien aux commerces est un cheval de bataille de l’UCM de longue date. L’organisme mène diverses actions pour promouvoir, valoriser et professionnaliser le savoir-faire des « petits » indépendants, commerçants de détail et artisans qui font vivre nos centres-villes et parfois encore nos villages. On citera, entre autres, l’édition du magazine « vitrines », l’organisation d’ateliers thématiques, la mise sur pied des « journées du client » ou encore des « routes du commerce ». Cette dernière activité consiste pour le grand public à parcourir, en soirée, de petits circuits menant à différents commerces et d’en découvrir les coulisses, les aspects méconnus. Les « routes du commerce », qui ont été organisées avec succès à Mons et à Charleroi, pourraient l’être prochainement à La Louvière. L’échevin du commerce, également président de Centre Capital, Olivier Destrebecq, a en tous cas marqué son intérêt pour la formule.

6. L’avenir

La plupart des services présentés sont accessibles gratuitement, ou du moins à des tarifs très démocratiques, car l’UCM est subventionnée par les fonds structurels européens, FSE et FEDER, dans le cadre de la programmation 2007-2013. Cette programmation s’achève en décembre mais il n’y a aucune crainte pour la poursuite des activités de l’UCM, du moins dans les 2 ans qui viennent. La suite dépendra des projets qui seront retenus dans la prochaine livrée de l’Union Européenne dont le Parlement devrait voter ce 19 novembre le budget pluriannuel pour la période 2014-2020.

Michel BELLEFONTAINE (Photos : Michel AVAERT)  

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Chacun en conviendra,  le nouveau bâtiment qui remplace le défunt Hall des expos a de la gueule … de loup ! Résolument moderne et original dans sa conception, il attire indéniablement les regards et symbolise le renouveau de tout un quartier, voire même de la ville dans son ensemble. 

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Baptisée bien à propos « LOUVEXPO », l’infrastructure est l’œuvre de l’architecte du bureau louviérois Carré 7, Bernard De Vree. Les travaux ont été réalisés par l’association momentanée Dherte/Galère et ont coûté environ 22,5 millions d’€, pris en charge à 50% par la Wallonie, à 40% par l’Union Européenne et à 10% par la ville de La Louvière. Inauguré le 17 avril 2012 par un show des Harlem Globetrotters, le LOUVEXPO est propriété de la Régie Communale Autonome (RCA) qui en assure aussi la gestion.

Stefana Baio, directrice de cette RCA, nous explique l’avantage de recourir à un tel outil de gestion. « Les villes et communes ont la possibilité de créer une RCA depuis 1995. Cette structure dispose d’une personnalité juridique propre, distincte de celle de la commune dont elle constitue pourtant l’émanation directe. Les RCA, règlementées par le Code de la démocratie locale, peuvent être assimilées, en quelques sortes, à des facilitateurs de projets. Pour faire bref, les missions actuelles de notre Régie sont l’exploitation de structures sportives (comme le Point d’Eau) ou de structures évènementielles (comme LOUVEXPO). Nous pouvons aussi envisager des opérations immobilières. Nous avons ainsi acheté des bâtiments, en centre ville, que nous avons rénovés puis revendus. Nous sommes une véritable mini-entreprise avec une gestion souple, contrairement à celle d’une ville. C’est l’un des gros avantages d’une RCA. »

Catherine Dejaegere et Stefana Baio au micro de Centre Capital

Catherine De Jaegere et Stefana Baio au micro de Centre Capital

L’administration quotidienne du LOUVEXPO est confiée à une petite équipe, dirigée, depuis septembre 2013, par Catherine De Jaegere. La Manager, qui est entourée par Sonia Coorens – assistante administrative – et Laurent Graux – responsable opérationnel – met en avant les possibilités proposées par LOUVEXPO aux entreprises. « Cette structure polyvalente permet bien sûr d’organiser des évènements d’entreprises, des team building, des séminaires, des assemblées générales, des lancements de produits, des conférences, et bien d’autres choses encore. Les possibilités sont très nombreuses et modulables à souhait. C’est la raison pour laquelle, il est difficile de vous donner des prix de location. Nous établissons un devis selon les besoins, les espaces et les services désirés par le client. N’hésitez pas à prendre contact avec nous. »

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Un écrin dans un écran

Par son look très avant-gardiste, LOUVEXPO est le reflet d’une ville résolument inscrite dans le XXIème siècle. Acier, verre, bois et béton sont les matériaux de prédilection de l’édifice dont le cœur est constitué de deux halls combinables, de 1.000 et 3.800 m², situés au même niveau.

Les espaces, polyvalents eux aussi, comprennent trois salles de réunion (de 60 à 75 m²), un espace cafétéria – bar – restaurant adjacent à une cuisine professionnelle et trois loges avec douche et WC. Des chaudières à gaz à air pulsé assurent une température ambiante confortable pour les activités très diverses qui se déroulent au LOUVEXPO, tout au long de l’année.

Au niveau technique, afin de faciliter par exemple l’installation de stands, les équipements électriques et l’eau sont accessibles par le sol, en de nombreux endroits. Un équipement de sonorisation et les liaisons internet (filaire et Wi Fi) sont intégrés également.

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La façade principale, immense rectangle qui n’est pas sans rappeler un écran de cinéma, est destinée à recevoir, par éclairage LED, les infos sur les évènements en cours ou à venir. Pour l’instant, cela reste un projet, comme l’achat d’équipements destinés à compléter l’infrastructure. Catherine De Jaegere. «  Actuellement, il est vrai que nous offrons des espaces relativement bruts. Nous sommes en phase de rodage, d’apprentissage et d’écoute des utilisateurs. Nous sommes attentifs aux remarques qui nous sont faites et aux besoins des uns et des autres. En fonction des feedbacks, nous procéderons à des achats qui faciliteront l’installation des événements et qui réduiront leurs temps de montage et de démontage. »

Un site incontournable grâce … au contournement !

Le parking, proposant 500 places est quasi finalisé. La prochaine étape pour la Régie consiste à achever la finition des abords du LOUVEXPO dont la capacité d’accueil, en permanence, est actuellement de 1.999 personnes précisément. Pour des questions de sécurité (gestion des flux), cette capacité montera à 5.000 personnes, dès que l’accès routier direct, via le contournement Ouest de la ville, sera terminé. Les travaux viennent de reprendre et devraient aboutir pour 2015. Le LOUVEXPO sera alors un site … incontournable, pièce majeure du redéploiement louviérois. « Notre objectif, disent en chœur Stefana Baio et Catherine De Jaegere, est de faire de ce site un indispensable outil de développement économique régional. Nous travaillons pour que le LOUVEXPO capte l’attention des acteurs économiques proches, mais aussi au niveau international. Notre situation géographique, dans une zone d’activité économique en devenir et très centrale au niveau national, est un atout stratégique incontestable. »

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En un peu plus d’un an et demi d’activité, le LOUVEXPO, a déjà largement démontré son côté particulièrement éclectique. Jugez plutôt : les basketteurs des Harlem, les tennismen de la Legend’s cup (Lecomte, Forget), un concert de Yannick Noah, le New Show Auto, le Salon d’Automne, des activités d’entreprise dont le business lunch de Centre Capital, … et tout prochainement une visite de l’animateur français Sébastien Cauet, dans le cadre d’une soirée DJ.

Alexandra Dupont et Christophe Preti témoignent de leur organisation respective au LOUVEXPO; le B to B et le Salon d'Automne

Alexandra Dupont et Christophe Preti témoignent de leur organisation respective au LOUVEXPO; le B to B et le Salon d’Automne

Les rendez-vous d'affaires organisés par Hainaut Développement

Les rendez-vous d’affaires organisés par Hainaut Développement

Le LOUVEXPO multifonctions, très présent aussi sur le terrain culturel, ne risque-t-il pas d’entrer en concurrence directe avec les futurs spectacles du théâtre communal, actuellement en rénovation ? Catherine De Jaegere. «  Je ne vois pas du tout les choses en termes de concurrence. Je parlerai plutôt de complémentarité. Nous devons mettre en place des synergies sur le plan culturel, comme sur le plan économique. C’est dans cet esprit que Stefana et moi travaillons. »

                                          Michel BELLEFONTAINE   (Photos : Michel AVAERT)     

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Caroline Decamps, nouvelle directrice générale de l’IDEA, en fonction depuis 2 mois, est l’interlocutrice privilégiée de Centre Capital. Consciente de l’importance des PME/TPE dans l’économie de sa zone de compétence, elle a souhaité que l’Intercommunale de Développement Economique et d’Aménagement du territoire s’affilie au Business Club afin d’appréhender au mieux les réalités de terrain. L’IDEA est la pièce maîtresse, avec d’autres partenaires, du Plan Stratégique Local visant à renforcer l’identité du bassin de vie « Cœur du Hainaut, centre d’énergies ». Si le concept n’a pas encore vraiment percolé auprès du grand public, il est désormais bien ancré dans la réalité politique, économique et sociale des régions Mons, Borinage et Centre, correspondant parfaitement à la zone couverte par l’IDEA.

Caroline Decamps et Patrice Thiry face aux PME de Centre Capital.

Caroline Decamps et Patrice Thiry face aux PME de Centre Capital.

Centre Capital. L’un des « core-business » de l’IDEA, c’est de créer et de développer des Zones d’Activité Economique (ZAE). Cet axe de votre travail est-il plus intense maintenant qu’auparavant ?

Caroline Decamps. Il est vrai que plusieurs de ces zones ont été inaugurées récemment dans le Centre et que des projets sont en cours de réalisation. Mais cela ne signifie pas que nous étions passifs dans ce domaine. Vous devez savoir que les projets d’Aménagement du territoire prennent énormément de temps avant d’être visibles sur le terrain. Pour sortir une ZAE de terre, il faut environ 10 ou 15 ans. Nous venons d’inaugurer Strépy Sud et Soignies/Braine-le-Comte dont les premières ébauches remontent à l’année 2.000. Il est donc primordial pour nous de réfléchir notre politique à moyen, voire à long terme. Le site sur lequel on se trouve, à l’arrière du LouvExpo, à La Louvière est la concrétisation d’une réflexion relativement neuve de la Wallonie et qui consiste à développer de nouveaux quartiers, dans les villes en y intégrant des entreprises. Ce site – qui accueillait jadis une boulonnerie – a été assaini par la SPAQUE, puis aménagé par nos soins en micro-zone urbaine. Il est un lieu d’implantation idéal pour La Maison de l’Entreprise qui est notre incubateur de PME/TPE.

C.C. Qu’en est-il de la commercialisation de la ZAE de Strépy ?

C.D. Elle vient juste de débuter et je pense que nous sommes armés pour affronter l’avenir avec sérénité. Cette zone fait 40 ha et les entreprises qui s’y implanteront devraient fournir de l’emploi à quelque 800 personnes. Elle a aussi bénéficié d’une grande attention au niveau environnemental et de la qualité des eaux. L’IDEA est en effet également un organisme agréé pour l’assainissement des eaux résiduelles urbaines. Strépy Sud devrait donc séduire les PME. D’une manière générale, on peut dire que l’IDEA accueille, sur les 3.600 ha de ses 52 ZAE, un total de 900 entreprises représentant environ 22.000 emplois. 50% des PME/TPE sont issues du tissu local et l’autre moitié est d’origine étrangère.

C.C. L’actualité louviéroise nous amène justement à évoquer les investisseurs étrangers. Une délégation de japonais a été reçue récemment par la ville de La Louvière et ses partenaires économiques dont l’IDEA et l’AWEX. Quel est le contexte de cette visite et peut-elle déboucher sur un intérêt concret ?

C.D. Les premiers contacts de l’intercommunale avec les japonais remontent à quelques années avec une mission organisée là-bas, en présence de mon prédécesseur, Jean-François Escarmelle. Cela avait permis d’accueillir chez nous une première entreprise nipponne. C’était NGK à Ghlin Baudour. Nous avons remarqué que le fait d’avoir une nationalité dans une ZAE crée des émules. Faire des visites où l’on rencontre des compatriotes partageant la même langue, les mêmes attentes et les mêmes valeurs ne peut être que positif. C’est ce même niveau relationnel que nous avons voulu retrouver, avec les services de la ville, emmenés par le bourgmestre Jacques Gobert et par l’échevin du développement économique, Olivier Destrebecq. Ce dernier, avec sa casquette de Député fédéral, avait au préalable invité l’Ambassadeur du Japon au carnaval. Le contact était établi et il s’est prolongé par une journée de travail avec une dizaine d’investisseurs potentiels qui ont visité, notamment, JTEKT TORSEN, une entreprise japonaise du zoning de Strépy. Les japonais occupent le troisième position (8%) en termes de nationalités des investisseurs étrangers sur les ZAE de l’IDEA, juste derrière les français et les américains (10%). Il n’est donc pas insensé de croire à une suite positive de ces visites. Dans le cas présent, l’initiative émane de l’une de nos communes associées mais, en général c’est l’OFI (Office of Foreign Investors) qui intervient en amont et qui sollicite ensuite les intercommunales pour des propositions de terrains.

C.C. On peut imaginer quand même une certaine concurrence sous-régionaliste lorsqu’il s’agit d’attirer chez soi des investisseurs. A-t-on des atouts qui peuvent faire la différence ?

C.D. Je pense réellement que oui. Nous sommes par exemple les seuls en Wallonie à pouvoir proposer des terrains de plusieurs ha d’un seul tenant. Les PME en général demandent de 30 à 60 ares. Pour les plus grandes entreprises, cela peut aller de 3 ha à beaucoup plus. Google nous a acheté 90 ha ! Nous sommes également très attractifs en Wallonie pour les entreprises qui ont des besoins importants en eau. On ne le sait pas assez dans le monde des PME mais l’IDEA est aussi producteur-distributeur d’eau, uniquement à l’intention des industriels. Nous avons nos propres puits de captage, nos châteaux d’eau et notre réseau de distribution. Notre prix de vente est très compétitif par rapport à la Société Wallonne de Distribution d’Eau (SWDE). Notre objectif n’est pas de faire de rentabilité à tout crin sur la commercialisation de l’eau ou des terrains mais d’offrir des conditions attractives pour que les industries et PME s’installent ici.

C.C. Restons-en donc aux PME auxquelles vous proposez plusieurs services.

C.D. En effet, nous avons par exemple une cellule Infos PME qui aide les entreprises dans l’élaboration de leur business plan et dans la préparation de leur dossier de demande d’aide auprès du Gouvernement wallon (aide à l’investissement, à la formation, à l’emploi, à l’intégration des TIC, …). Cette cellule est intégrée à LME dont les missions sont détaillées par ailleurs et avec qui nous travaillons en totale complémentarité. Un autre exemple de cohésion dans l’action est celui de nos halls relais. Dès qu’une entreprise a quelque peu grandi au sein de l’incubateur LME, nous intervenons en lui proposant d’intégrer l’un de nos 18 halls relais. Nous y proposons des espaces bureaux locatifs mais également des espaces de productions pouvant accueillir des ateliers. Une PME peut y rester maximum 7 ans, avec des prix de location au m² très intéressants. Cette aide lui permet d’arriver à maturité et d’acquérir ensuite un terrain constructible pour son propre bâtiment.

C.C. Un autre gros dossier de ZAE vous occupe dans le Centre, celui du Gibet, à Manage.

C.D. Oui nous préparons là-bas une ZAE de 90 ha qui devrait être opérationnelle dans 2 ou 3 ans. Ce dossier est traité en étroite collaboration avec le PACO car la zone jouxte la voie d’eau. Le Gibet sera dédicacé aux secteurs de l’agroalimentaire et de l’éco-construction. Nous avons aussi l’idée d’y implanter une antenne du FOREM (synergie concertée), afin d’y spécialiser la main-d’œuvre. Nous pourrons ainsi proposer aux entreprises à la fois des terrains et le personnel adapté à leurs besoins.

C.C. Quel est le positionnement de l’IDEA au moment où l’Union Européenne s’apprête à voter sa programmation pluriannuelle 2014-2020 ?

C.D. Le Hainaut (et en particulier la zone couverte par l’IDEA) a bénéficié depuis 1994  des aides du FEDER; Objectif 1, Phasing out, Convergence. En principe, c’est maintenant l’ensemble de la Wallonie qui sera reconnue comme zone de transition en Europe. Concrètement, nous aurons moins d’aides, moins de primes à l’investissement qui nous permettaient de faire la différence. Notre espoir est de continuer à être attractif avec d’autres éléments, comme ceux cités plus haut. Au niveau du positionnement stratégique, je plaide depuis ma prise de fonction pour que nous allions au-delà des simples fiches-projets à remettre au Gouvernement. De plus en plus, l’Europe met l’accent sur des projets qui font partie d’un portefeuille et, in fine, d’un projet de territoire concerté. Avec notre diagnostic et nos actions « cœur du Hainaut », nous sommes sur la bonne voie. J’ai voulu regrouper l’ensemble des communes associées et les entreprises pour les aider à rédiger leurs projets et voir où sont les synergies possibles et cohérentes. Nous travaillons vraiment de manière complémentaire et ce sera, je n’en doute pas, la clé du succès.

C.C. Une question marrante mais non dénuée d’intérêt pour conclure. Avec son futur zoning géothermique, l’IDEA vient-elle de réinventer l’eau chaude ?

C.D. La question est amusante en effet et elle me permet d’aborder « Géothermia » qui est la zone d’activité économique située à Mons en bordure de l’autoroute E42. Il y a presque 30 ans, la Région wallonne a fait dans cette région de la prospection pétrolière, en forant 2 puits dans le borinage et 1 à Mons. Ils n’ont pas trouvé de pétrole mais de l’eau chaude. Sur cette base, l’IDEA a pris la balle au bond et a développé un réseau de chauffage urbain qui alimente aujourd’hui 300 logements, plusieurs écoles, 1 gare, 2 hôpitaux, 1 centre sportif, 1 piscine, … L’un des puits, celui de Ghlin, n’était pas exploité. Nous avons donc décidé d’équiper 40 ha de terrains à proximité de ce puits et de les raccorder à la géothermie. Cela nous permet de proposer aux entreprises un moyen efficace de faire face aux défis énergétiques. Donc, on ne réinvente pas l’eau chaude puisqu’on la gère depuis 30 ans, mais on la réinvente un peu quand même, au service des entreprises. Il n’y a pas encore eu d’annonce officielle mais je peux vous dire aujourd’hui que nous avons notre premier client pour cette ZAE. Il est … japonais et il s’agit d’AW Europe.

                                                                                         Propos recueillis par Michel Bellefontaine