Articles Tagués ‘environnement’

Créé en 1906, la PME familiale Roosens Bétons est l’un des leaders belges des matériaux en béton. Des fondations aux finitions en passant par le gros œuvre, la société dispose d’une gamme extrêmement large. Des produits disponibles tant pour les professionnels que pour les particuliers. Et depuis quelques années, l’entreprise a décidé de placer la limitation de son emprunte carbone au centre de ses préoccupation en suivant ce leitmotiv : « L’innovation béton au service de la planète ».

C’est avec une douce odeur de viande grillée que les participants à la dernière réunion du Business club Centre Capital, avant la pause estivale, ont été accueillis au sein des installations de Danny Roosens, administrateur délégué de l’entreprise éponyme.  Et avant les saucisses, c’est donc le patron qui est passé sur le grill. Mais pas de surchauffe au programme des discussions que du contraire même ! Danny Roosens a ainsi lancé un défi aux membres : « pourquoi la région du Centre ne deviendrait-elle pas la première région du pays à être neutre en carbone ? » Une position qui octroierait une place de choix  au Centre en matière de lutte contre le réchauffement climatique !

Et si le patron de Roosens Béton a lancé ce défi ce n’est pas évidemment pas un hasard ! Depuis quelques années, l’entreprise a décidé de limiter au maximum son empreinte carbone dans la cadre de sa production.  Ainsi des panneaux solaires ont été installés sur le toit de certains bâtiments et une partie du charroi est passée de la route à la voie d’eau. « Nous utilisons de petites péniches de 300 tonnes. Nous parvenons ainsi à diviser par 3 l’impact carbone de nos transports », explique le patron de la PME idéalement située à Familleureux, le long du Canal du Centre. Et pour améliorer l’efficacité du transport par la voie d’eau, Roosens Bétons, en collaboration avec le Paco (Port Autonome du Centre et de l’Ouest) s’est doté d’un quai intégré à son site d’exploitation.

« Nous sommes la seule entreprise dans notre secteur a proposé à nos clients des produits neutres en carbone donc avec aucun impact environnemental», explique Danny Roosens. Et pour y parvenir l’entreprise procède assez facilement : « Une tonne de béton émet 90kg de CO² et pour compenser cette émission, il suffit de planter un arbre ».  En effet, sur une période de 20 ans, un arbre va capter +/- 100 kg de CO². Roosens Bétons propose donc à ses clients de planter un ou plusieurs arbres. Une opération qui a évidemment un coût, coût qui est répercuté vers le client.  Mais selon Danny Roosens cette dépense est dérisoire : « Si vous voulez construire une maison complète et compenser l’impact énergétique de l’ensemble des produits en béton, le coût sera de 65 € ». Et depuis que l’entreprise a initié sa politique « 0 carbone » ce sont plus de 32 000 arbres qui ont été plantés à Madagascar.

Et si Roosens Bétons défend une politique « verte », les voyants de son développement adoptent la même couleur ! Dans quelques mois, une nouvelle ligne de production devrait en effet sortir de terre : « Il est important de développer notre gamme et nous allons donc lancer une production d’hourdis précontraints. C’est un investissement de plus de 5 millions d’euros avec la création d’une dizaine d’emplois ».

Aurélien Laurent

 

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La SA Espaces Verts MASSE & Fils a été créée en 1970 par Félicien MASSE afin de permettre à ses fils, Daniel d’abord, Freddy ensuite, d’exercer une activité en lien direct avec leur formation à l’école d’Horticulture de Mariemont. Une formation que Daniel a achevée par un stage d’un an au service des Plantations de la commune française de Saint-Maur-des-Fossés. Dans cette municipalité très sportive, il y avait à l’époque de nombreux terrains à créer et à entretenir, un gros boulot d’organisation confié au stagiaire belge. Doté de cette première solide expérience, le jeune homme de 22 ans était alors bien armé pour démarrer ensuite l’entreprise de Bracquegnies.

« J’avais en effet 22 ans et mon frère, Freddy, 5 de moins. Quand il eût terminé sa formation et son service militaire, nous avons commencé à travailler à deux. Un chantier par ci, un chantier par là, on assumait. Puis, on a engagé un ouvrier, puis un deuxième, puis un troisième … Aujourd’hui, la société comporte 40 personnes. »

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On cultive l’esprit de famille

Espaces Verts MASSE & Fils devrait s’appeler en réalité Espaces Verts MASSE, Fils et Belles-filles, tant le travail est organisé ici autour des membres de la même famille. Daniel et Freddy sont les administrateurs-délégués, Olivier et Benoît – les fils de Daniel – assurent la gestion quotidienne et sont épaulés par leurs compagnes, Régine et Colienne. Enfin, Fabien – le fils de Freddy – est également dans la société. Tout ce petit monde, formé dans les écoles réputées de Mariemont, La Reid ou Ath, dispose d’une expertise pointue dans le secteur environnemental.

« Dans nos divers métiers – création et entretien d’espaces verts privés et publics, terrains de sports, élagage, abattage, voirie, clôtures, … – nous nous devons d’être à la pointe des techniques et technologies, nous confie Daniel. C’est un petit peu mon domaine, entre autres, puisque je fréquente régulièrement les foires et salons professionnels, tels Angers, Paris ou Dortmund. Il y a quelques années, nous avons été récompensés d’une Louve d’or (prix économique louviérois, NDLR) pour notre Sylvatest, un système de détection des arbres malades. Mais aujourd’hui, notre machine est dépassée (même si elle fonctionne encore). La technique a fortement évolué et le coût a été, au minimum, décuplé. On devrait investir beaucoup mais on ne le fera pas car il n’y a pas de demande, il n’y a pas assez de marchés. »

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Des marchés très (trop ?) procéduriers !  

Dans son secteur, l’entreprise est souvent confrontée à la problématique des marchés publics où le moins-disant l’emporte. Il n’est donc pas rare de voir des sociétés liégeoises tailler des haies à Tournai ou des groupes hollandais tondre des pelouses à Charleroi, souvent en sous-traitance. Le dumping social existe aussi sur les chantiers alors que des clauses sociales et des sélections qualitatives sont de plus en plus prévues dans les cahiers des charges. Pour Daniel MASSE, tout est devenu extrêmement procédurier et il n’est pas rare que des chantiers soient suspendus car un candidat évincé a décidé de saisir le Conseil d’État. « Dans le Hainaut, nous dit Daniel, il me semble que l’on est un peu trop ouvert aux autres, que l’on a du mal à protéger ses propres entreprises. Ce n’est pas le cas dans le Nord de la France, à 20 km d’ici, où nous ne parvenons pas à travailler. Cela étant dit, parfois, des situations se débloquent. Pour l’anecdote, il m’a fallu 35 ans pour commencer à obtenir des contrats à Mons. Maintenant, on y est. Mais, c’est peut-être aussi de notre faute, par manque de contacts ou de marketing spécifique. Pendant des années, on s’est plus dirigé vers La Louvière et Charleroi. » 

dm-sequoia-20142014octobreoctobre31-007Synergies indispensables avec les ETA

Dans le domaine des parcs et jardins, la concurrence fait rage également avec les Entreprises de Travail Adapté, structures qui emploient des personnes handicapées. Pour Daniel, à l’avenir, il semble inévitable d’aller vers des synergies avec les ETA. « Les ETA constituent une concurrence car elles prennent beaucoup de marchés, en raison de leurs moindres coûts. Elles jouent un rôle social non-négligeable, et que je respecte, mais elles vont devoir être de plus en plus rentables, car les subsides ne suivront pas. De plus, elles ne peuvent pas tout faire, tout assumer et il leur faut aussi répondre aux clauses qualitatives des marchés. Je crois donc que nous devrons collaborer, même si ce ne sera pas simple au niveau de la loi sur les marchés puisque nous sommes en société et elles en ASBL ! »

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Espaces Verts MASSE & Fils est actif sur toute la Belgique, Flandre comprise. La société a entretenu par exemple, pendant 8 ans, les terrains d’entraînement du FC Bruges, une belle référence ! Elle a eu aussi comme clients importants le groupe Solvay et les habitations sociales du Foyer louviérois (Centr’Habitat). Autre fierté, l’entretien des abords du Canal historique du Centre est confié à l’entreprise depuis …1986.  Et le contrat actuel est signé jusqu’en 2019 !

Investissement porteur

Avec 450 clients environ dans son carnet, la société des MASSE est relativement sereine pour l’avenir. Dotée d’un solide charroi, régulièrement mis à jour et inévitable pour pouvoir répondre rapidement et qualitativement à toutes demandes, elle investit aussi dans sa diversification. Confirmation de Daniel MASSE qui nous montre les lieux. « On a créé, il y a quelques années, une centrale de compostage ici dans le zoning Nord de Strépy. On recycle tout et on fait notre terreau. On est bien sûr en concurrence avec d’autres mais c’est bien car c’est une émulation pour être à la pointe. Au départ, l’infrastructure était pour nous uniquement. Désormais, les déchets verts viennent de 150 clients réguliers ; entreprises de parcs et jardins, PME, communes, ASBL, … On trie tout, on pèse tout et on traite tout (compost, copeaux, …). L’activité du site dépasse nos espérances et nous souhaitons nous agrandir en acquérant à l’IDEA ce terrain contigu de 80 ares. Hélas, pour l’instant, l’imposition de création d’emplois pour cet achat est trop exigeante. Enfin, ici à gauche, nous avons notre nouveau hangar que nous allons aménager avec les locaux administratifs d’un côté et l’espace de stockage des véhicules de l’autre. »   

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Nature, chasse et pêche

Par sa profession, Daniel MASSE a évidemment un côté jardin prédominant. Mais son côté cour nous ramène aussi à son côté … jardin ! L’environnement est en effet chevillé à son corps, au point d’y consacrer une bonne part de ses loisirs, voire tous. Initié par ses fils, il est un adepte de la chasse et, surtout, de la pêche. Qu’il la pratique en Irlande, en Laponie, ou ailleurs, Daniel est un pratiquant « no-kill ». On sort de l’eau, on admire, on mesure, on photographie la prise, puis … on la relâche.

Un autre loisir l’a fait parcourir l’Europe, la passion des roses. Comme membre du jury, ou président, il a participé aux concours internationaux de Genève, Belfast, La Haye, Barcelone, Saverne, Baden-Baden, … Sans oublier bien sûr, celui du Roeulx, dont il est le secrétaire, et qu’il classe sans chauvinisme parmi le top 5 européen.

                                                                                               Michel BELLEFONTAINE

P.S. Une version plus courte de cet article a été publiée dans le magazine économique de la Province de Hainaut, « B 2 Hainaut » de Septembre 2016.