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Installée à Pecq, dans le Hainaut occidental, la société PUR VER SA est un bel exemple de développement d’entreprise, en partenariat avec des institutions scientifiques. Émanation d’une spin-off de la Faculté agronomique de Gembloux – avec laquelle son process a été mis au point – elle mène également une intéressante synergie avec le CARAH, le Centre pour l’Agronomie et l’Agro-industrie de la Province de Hainaut. PUR VER fabrique et commercialise du lombricompost, un fertilisant 100 % naturel aux perspectives prometteuses.

Alexandre MEIRE, jeune ingénieur de gestion et passionné par l’entrepreneuriat, est à la base de la société, constituée en 2012 dans le Namurois et dont l’essor se poursuit en Hainaut. Il nous explique les raisons du déménagement. « Historiquement, nous avons fait l’expérimentation de base et le prototypage à Gembloux. Dès l’instant où nous étions satisfaits de la technologie, il nous a fallu ensuite trouver un site pour une exploitation industrielle. Le Hainaut nous intéressait en raison de la présence d’industries agro-alimentaires qui nous fournissent notre matière à transformer. Le hasard des rencontres nous a menés à Stéphane COSSEMENT, agriculteur dynamique de Pecq. Il nous loue un hangar et est devenu un réel partenaire du projet. Il effectue pour l’entreprise des prestations de services, à titre d’indépendant. Il se charge de toute une partie des opérations de production, avec son tracteur et un bull que nous n’avons par conséquent pas dû acheter. » 

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Le plus gros employeur du Hainaut !

Le payroll de PUR VER ne mentionne à ce jour que 2 personnes ; l’administrateur-délégué fondateur et un docteur en Biologie, récemment engagé. S’il n’oublie pas l’implication de Stéphane COSSEMENT, Alexandre MEIRE nous précise, non sans humour, que son entreprise est le plus grand pourvoyeur d’emplois de la région. « PUR VER a en effet des millions d’ouvriers ! Ce sont les vers qui travaillent pour nous au quotidien pour transformer la matière organique en lombricompost. C’est vrai que nous ne les payons pas mais nous devons les héberger, les chauffer, les nourrir et veiller à leurs bonnes conditions de travail ! »

Exemple parfait d’économie circulaire

« Le lombricompost, poursuit Alexandre, est un processus naturel qui survient spontanément. Dans beaucoup d’éléments organiques en décomposition, il y a des micro-organismes qui vont attaquer la matière, et souvent des vers composteurs. La spécificité de PUR VER est d’avoir optimisé tous les paramètres qui vont permettre de produire beaucoup de lombricompost, de grande qualité et de parfaite stabilité dans le temps. Concrètement, nous plaçons les vers (Eisenia Fetida) dans de bonnes conditions de température et d’humidité, notamment, pour faire en sorte qu’ils transforment la matière en déjection. Ce sont, si je puis dire, des excréments de vers que nous commercialisons, un fumier de vers de terre.

Au lieu d’être des laboureurs qui travaillent à la verticale pour aérer les sols, la fonction des vers composteurs est de transformer très rapidement, en la mangeant, la matière organique. Ils mangent jusqu’à leur propre poids de matière chaque jour. Chez PUR VER, comme nous sommes issus d’une université, on peut dire que nous avons la science dans nos gênes. On ne se contente donc pas de dire que notre produit est efficace mais on veut pouvoir le démontrer. La raison de notre collaboration avec le CARAH est donc de prouver scientifiquement les propriétés agronomiques de notre production. »   

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Julien LOUVIAUX travaille comme ingénieur pour le CARAH dans la partie recherches appliquées. Il gravite entre la ferme, pour les expérimentations menées dans les champs, et les laboratoires ou les serres qui sont annexées. Il est directement impliqué dans les relations avec les entreprises, dont PUR VER SA. « Notre rôle est de donner un avis technique et scientifique sur la qualité du produit. Pour cela, nous mettons en place une batterie de tests expérimentaux permettant de démontrer, par statistiques fiables, l’efficacité du fertilisant. »

Le lombricompost de PUR VER est 100 % naturel et donc utilisable en agriculture bio. Pour les plantes, il présente, entre autres, des qualités de nutrition, de protection contre les maladies et de rétention d’eau. Produit à grande échelle par l’entreprise, il s’inscrit parfaitement, selon Alexandre MEIRE, dans le cadre de l’économie circulaire. « Nous utilisons des déchets du monde agricole ou agro-industriel qui ne sont pas ou très peu valorisables et on les transforme en engrais naturel. La boucle est bouclée ! »

dsc_0197_lignes-ac-wDe deux à six lignes de production

Aidé scientifiquement par la faculté de Gembloux et par le CARAH, PUR VER a bénéficié du soutien de l’Union Européenne et de la Wallonie dans le cadre de ses efforts de Recherche & Développement. Alexandre MEIRE ne manque pas de le rappeler et précise être dans son domaine en R&D permanente. Au niveau de la production, l’entreprise a débuté avec 2 lignes et en est maintenant à 6. L’investissement consenti a pour objectif annoncé d’aboutir, à moyen terme, à environ 1.000 tonnes de fertilisants par an, contre 200 actuellement. L’ambition est semble-t-il à la hauteur du potentiel de vente. Alexandre MEIRE. « Nous avons deux grands types de débouchés, soit les clients professionnels (Communes, maraîchers, entrepreneurs de parcs et jardins, ..), soit Monsieur et Madame Tout le monde. Le citoyen qui a la main verte peut trouver nos produits dans les jardineries AVEVE, avec qui nous avons un partenariat. Le produit vendu est un produit de la marque du distributeur mais reprenant bien sûr notre logo PUR VER, marque déposée. » 

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« Pour l’instant le grand public absorbe un important pourcentage de notre production mais j’estime que nous avons de la marge de progression à tous les niveaux de clientèle. Sur un plan scientifique, nous continuons à travailler sur la meilleure productivité de nos équipements. Et sur un plan marketing, nous recherchons de nouveaux débouchés pour notre produit unique, novateur dans son procédé de fabrication à grande échelle. »   

                                                                                        Michel BELLEFONTAINE   

P.S. Une version plus courte de cet article a été publiée dans le magazine économique de la Province de Hainaut, « B 2 Hainaut » de Septembre 2016.

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