Articles Tagués ‘Innovation’

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Après un accueil par Fabienne Capot, députée provinciale, en charge de la Culture et du Tourisme, présidente du Centre louviérois de la Céramique, et par Ludovic Recchia, directeur du Musée de la céramique, nous recevons l’oratrice du jour, Sophie Racquez.

La Gembloutoise est passionnée par les idées et les nouveaux produits. Ingénieur commercial et de gestion de l’UCL Mons, elle est la fondatrice, avec son frère designer, de l’entreprise « The Idea Monopoly », société de conseil en marketing et innovation. Un peu sous la forme d’une sympathique mini-brocante, Sophie Racquez nous présente quelques objets insolites et les histoires et anecdotes qui accompagnent la création de ces objets. Elle exhibe, entre autres, une tasse du début du siècle dernier, en faïence Boch et qui possède l’originalité d’être dotée d’un ingénieux protège-moustache. Didier Caille, directeur du Centre Culturel Régional, accepte le test live, avec … du vin rouge dans la tasse. Test probant ! Le cul-sec ne mouille nullement les bacchantes !

keramis 1Aide à l’innovation

Avec sa société, Sophie Racquez accompagne les entreprises, les starters et les inventeurs dans la transformation de leur première idée en un produit ou un service commercialisé. Ce parcours d’innovation s’effectue bien sûr par étapes successives et les diverses formes d’enregistrement et de protection des concepts font partie de la démarche. Naissance de l’idée, copyright, dépôt de marque, dépôt de modèle, communication, stratégie, financement, fabrication de prototype, marketing, … sont autant d’écueils qui refroidiraient n’importe quel inventeur ou créateur en herbe ! D’où l’intérêt d’un soutien professionnel permettant de faire grandir sa petite idée.

Salon belge de l’innovation

Sophie Racquez est également, depuis quelques années, en charge de la coordination du programme de conférences du salon « Brussels Innova ». On retrouve à ce salon du mois de novembre, toutes sortes d’idées, de la plus loufoque à la plus utile, de la plus incroyable à la plus évidente. Il est à signaler d’ailleurs qu’un louviérois s’est distingué lors de ce dernier salon en remportant une médaille d’or pour son invention. Alain Pensis a imaginé, conçu, créé, développé puis commercialisé les couteaux ACRN permettant d’évider sans peine fruits et légumes. Self-made man, il a tout fait tout seul, ce qui lui a pris une énergie, un temps et des moyens considérables. Il est sans doute une exception, parmi beaucoup d’abandons.

Les remarquables fours bouteilles préservés.

Les remarquables fours bouteilles préservés.

Le Centre de la Céramique est un incontournable du nouveau quartier Boch, à La Louvière.

Le Centre de la Céramique est un incontournable du nouveau quartier Boch, à La Louvière.

 

 

 

 

 

 

 

 

Business Model Creation

Il existe en librairie beaucoup de livres consacrés à la création d’entreprises. Mais assez rares sont ceux qui envisagent des situations très concrètes. Après 2 ans de recherches et de rencontres, Sophie Racquez publie, chez Edi Pro, « Business Model Creation ». Il s’agit d’un outil qui concerne tous les secteurs d’activité, tous types de profils et de projets, nous précise l’auteure, qui avait déjà commis l’ouvrage « Innovation Créative ». Ce guide permet – dans une première partie dotée de nombreux exercices – de cibler son profil d’entrepreneur, de cerner ses atouts et ses motivations. La seconde partie aide à construire son « business model » et à le valider.
Désormais, la créativité débridée et souvent stérile, peut faire place à la créativité encadrée qui a beaucoup plus de chances de devenir … concrète.

                                         Michel Bellefontaine (photos: Alexandra Dupont)  

Société dynamique de la région du Centre, Roosens Bétons est particulièrement innovante et soucieuse de l’environnement. Son site de Familleureux sera bientôt équipé de la plus grande installation de panneaux photovoltaïques de Wallonie et l’entreprise s’est associée à l’opération de l’ONG « Graine de vie », de manière à compenser ses émissions de CO², en plantant des arbres à Madagascar. En cette fin d’année 2013, Roosens Bétons se distingue également par un concept de micro-usine mobile qui vient d’être présenté à Paris et qui devrait rencontrer un certain succès dans des pays en voie de développement.  

Roosens innove sur le marché des blocs de bétons destinés à la construction depuis déjà longtemps. L’entreprise produit sa gamme en Belgique et dans son usine de Casablanca, au Maroc, proches de ses grands marchés. Elle est désormais sollicitée par des clients plus éloignés des sites de fabrication et qui souhaitent aussi utiliser ses produits dont les qualités sont avérées. Danny Roosens, administrateur délégué Roosens Bétons. « Au départ, le Stabobloc est un produit innovant pour lequel nous avons déposé des brevets. C’est un concept de maçonnerie qui permet, grâce à une forme spéciale, le dosage automatique de mortier. Lors de notre présence sur divers salons, en Belgique ou à l’étranger, nous étions souvent interpellés par des visiteurs voulant fabriquer eux-mêmes ces produits. Jusqu’ici, nous tentions de les guider le mieux possible mais jamais nous n’avions eu l’étincelle de se dire que l’on pourrait leur proposer l’usine qui permet de fabriquer nos produits. »

Environ sept mois ont été nécessaires pour trouver la solution et la mettre au point sur le site de Familleureux. Le résultat vient d’être présenté au salon Batimat, à Paris. Roosens propose des micro-usines nomades, accessibles financièrement et qui pourront être placées directement sur les lieux de construction.

Document:  Roosens Bétons SA

Document: Roosens Bétons SA

Durable et abordable

« Aujourd’hui, on propose un concept de micro-usine intégré dans un container maritime, poursuit Danny Roosens. On y a rassemblé toutes les pièces qui permettent de construire les blocs qui constitueront ensuite des habitations, des maisons de type unifamilial. Au niveau du coût, je voulais absolument une solution accessible, en raison des marchés visés. Je ne voulais pas dépasser les 100.000 € et nous sommes arrivés bien en-dessous, aux alentours des 80.000 € pour notre première solution clé en main (Quick­_300). Et puis, nous proposons une  micro-usine plus importante, un modèle supérieur (Quick_800) dont la capacité de production est de 3 habitations par jour. » 

Documents : Roosesn Bétons SA

Documents : Roosesn Bétons SA

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Modèle qui tournera lui aux alentours des 220.000 €. Pour assembler dans le Centre ses micro-usines, Roosens Bétons s’appuie sur des partenaires industriels, constructeurs de machines. De plus, au-delà d’une simple vente, l’entreprise s’engage à un véritable transfert de technologie puisque des formations sont prévues pour les futurs utilisateurs, potentiellement issus des pays en voie de développement, comme le confirme Danny Roosens. « Nous vendons également la formation pour utiliser la micro-usine et pour construire ensuite des habitations avec les blocs produits. C’est un élément important, très bien accueilli par les candidats baptiseurs dans des pays du continent africain, américain du Sud ou asiatique. »

Roosens au Congo

La première micro-usine partira en République Démocratique du Congo. D’autres contrats devraient être signés rapidement pour ce concept global clé en main plutôt séduisant et qui met en œuvre des matériaux durables. Danny Roosens insiste sur ce point qui lui tient à cœur. « Le produit béton est constitué, en grande partie, de matières naturelles (pierres et sable) que l’on peut trouver à proximité des chantiers dans de nombreux coins du monde. On a aussi besoin de ciment, qui est un produit un peu plus évolué, mais on en met finalement très peu dans du béton. De plus, toujours dans le cadre des préoccupations environnementales, on peut affirmer que les constructions à base de béton sont vraiment durables. Le matériau est peu énergivore. Un peu d’électricité suffit (produite éventuellement par des panneaux solaires en option) pour concevoir des blocs bien calibrés qui constitueront ensuite des habitations solides dont certaines populations ont bien besoin. »  

                                                                                                 Michel Bellefontaine

 

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« La Maison de l’Entreprise », LME en abrégé, est une structure née sous forme d’une S.A., en octobre 1996. A cette époque, le Hainaut vient d’intégrer le cercle des régions en retard de développement et bénéficie, à ce titre, des aides européennes de l’Objectif 1. Répondant à un constat de carence, dressé par la Commission européenne dans son Document Unique de Programmation (DOCUP) – sorte de guide balisant l’orientation des aides – les intercommunales IDEA et IDETA décident de collaborer pour concevoir un Centre d’entreprise et d’innovation, jusqu’alors inexistant. Elles unissent leurs efforts, rassemblent autour d’elles un maximum d’opérateurs et créent avec eux « La Maison de l’Entreprise ». L’actionnariat public-privé de LME comprend des intercommunales, des villes, la Province, des banques, des entreprises, des chambres de commerces, des Invests ou encore des universités.

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Mission : création et innovation

Le slogan de LME (nous prenons soin aujourd’hui des entreprises de demain), résume assez bien son activité de base. Patrice Thiry, directeur général. «  La mission fondamentale de LME, c’est l’assistance à la création d’entreprises et le suivi de celles-ci. Nous avons donc 2 grands objectifs. Premièrement, aider un opérateur ou un porteur de projet à créer son entreprise à partir d’une idée, d’un concept, qui lui est propre. Deuxièmement, une fois que l’entreprise est lancée, il faut l’aider à consolider sa phase de démarrage et l’assister dans son développement. Il est essentiel de rester vigilant pour que l’entreprise progresse, par exemple en se diversifiant ou en créant de nouveaux produits ou services ».

LME est un Centre d’entreprise et d’innovation (Business Innovation Center). Très clairement son activité doit donc promouvoir les entreprises innovantes sur son territoire de compétence, c-à-d les bassins de vie « Cœur du Hainaut » et « Wallonie picarde ». Mais attention ! Innovation ne signifie pas obligatoirement haute technologie ou domaine très pointu. Patrice Thiry nuance. «  Une entreprise est considérée comme innovante lorsqu’elle fabrique un produit ou développe un service qui la démarque de la concurrence existante sur un plan régional. La différenciation est un critère important et on ne se situe pas uniquement dans les domaines technologiques. Il est possible d’être innovant dans des secteurs hyperclassiques. L’innovation, c’est ce qui donne à une entreprise la valeur ajoutée que les autres n’ont pas ».   

Un portefeuille-clients bien garni !

LME emploie une dizaine de personnes dont bien sûr des secrétaires chargées de l’indispensable accueil des porteurs de projet dans les implantations de Mons, Binche, Tournai, Enghien et, désormais, La Louvière. Le staff comprend également 6 gestionnaires de projets, couvrant l’intégralité de la zone. Ces gestionnaires, dont Gaël Di Zio qui coordonne la nouvelle implantation louviéroise, ne manquent pas de travail. Le portefeuille de LME oscille annuellement entre 370 et 430 clients « actifs ». En 17 ans de fonctionnement, LME a détecté quelque 2.000 porteurs de projet, hébergé plus de 200 start-ups et favorisé la création totale de 310 entreprises, représentant plus de 3.000 emplois. Parmi les PME/TPE ainsi créées, certaines sont restées modestes, en maîtrisant volontairement leur croissance, d’autres ont véritablement décollé et sont devenues plus emblématiques, suite, entre autres, à l’intérêt des médias.

Caroline Decamps et Patrice Thiry sous le feu des questions

Caroline Decamps et Patrice Thiry sous le feu des questions

Scintillantes pépites

Le Centre d’entreprise prépare actuellement la troisième édition d’une publication baptisée « les pépites de LME ».Il s’agit d’une brochure qui regroupe, environ tous les 2 ans, un bref portrait et les contacts de 50 entreprises « supported by La Maison de l’Entreprise ». Un ouvrage qui, s’il n’était pas gratuit, devrait être remboursé par la Sécurité sociale, surtout en cette période de crise. Consulter ces « success stories » est en effet particulièrement boostant. Quelques exemples parmi bien d’autres : Polymédis, actif dans l’informatique au service de la médecine, est passé, en 5 ans, de 1 à 55 ingénieurs et vient d’être racheté par un grand groupe. I-Care, société de maintenance prédictive des équipements industriels, a débuté en 2004 avec son seul fondateur. Aujourd’hui l’entreprise emploie environ 60 ingénieurs, possède des filiales à l’étranger et va disposer prochainement de ses nouveaux locaux dans le parc Initialis. Fishing Cactus est la référence belge, et même mondiale, dans l’univers très concurrentiel des jeux vidéo. I-Movix est connue aussi à travers le monde pour ses super-ralentis réalisés lors d’évènements sportifs … de premiers plans. Neuro TV, Laserco ou encore Biorius, pour prendre un exemple dans le secteur des services, sont d’autres pépites qui scintillent en Hainaut, en partie grâce à LME.

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Dans une micro-zone pour un max de résultats

Le nouveau bâtiment LME de La Louvière vient d’être inauguré. Il est l’œuvre des architectes Alland et Godimus et a été construit par l’association momentanée Dherte-Galère. Il se trouve à l’arrière du LouvExpo, sur la nouvelle micro-zone économique urbaine dite du site Ubell. Pour Patrice Thiry, l’endroit est stratégique. «  L’implantation est idéale à plusieurs égards. Nous sommes proches du centre d’expo et de congrès qui représente un attrait pour les entreprises. On est aussi dans le cœur d’une ville en mutation et on participe au dynamisme engendré par la reconversion des espaces. Le fait d’être sur micro-zone d’activité économique est également intéressant car on peut très bien imaginer de lancer une entreprise dans notre incubateur et que cette PME s’installe ensuite dans un espace disponible sur la nouvelle zone. Enfin la proximité de l’IFAPME (institut de formation en alternance) laisse augurer de futures collaborations ».

Sur plus de 600 m², le bâtiment louviérois dispose de tous les bureaux et salles de réunion nécessaires et il peut héberger simultanément 16 entreprises naissantes. Particularité du site, il est doté d’un espace de coworking (the cowork factory), unique dans la région du Centre. Patrice Thiry : « Nous sommes mandatés par le Gouvernement wallon pour tenir ici un espace de travail partagé. C’est un concept américain qui fait en sorte que nous puissions proposer à des entrepreneurs de se stimuler mutuellement et de s’échanger des idées. Le coworking engendre un mouvement positif d’entraînement, il a un effet de « contamination » et « d’évangélisation » indéniable. L’objectif pour LME, c’est d’aller chercher dans les utilisateurs de l’espace de coworking les futurs clients du business center en tant que tel. »

Marie-Caroline Frappart, société "Mosaîque", première locataire LME La Louvière.

Marie-Caroline Frappart, société « Mosaîque », première locataire LME La Louvière.

Une première cliente enthousiaste

Marie-Caroline Frappart est la 1ère locataire d’un bureau de LME La Louvière, pour sa SPRL de traduction « Mosaïque ». Très satisfaite de son bel espace vitré, à l’angle du 1er étage, elle est aussi séduite par les services à sa disposition. « De façon générale, ce que je trouve très positif ici, c’est l’esprit d’entreprise, c’est le dynamisme, ce sont les échanges. Toute l’attention est portée à votre projet pour le développer au départ de l’élaboration d’un business plan bien ficelé. Depuis que je suis là, j’ai intégré des ateliers de créativité qui s’appellent Créazoom. J’en suis ravie car ils me permettent de réfléchir autrement, d’oser explorer des pistes parfois inattendues, de partir dans tous les sens, avant de revenir à mon projet et de le faire avancer. Les locaux sont aussi très fonctionnels et l’accueil du personnel fantastique. Je me sens très bien ici et je progresse dans mon projet professionnel. »

Question cinglante

Pour conclure, Patrice Thiry répond sans détours à une traditionnelle question impertinente : la Maison de l’Entreprise est une SA qui aide les entreprises à se développer et à être rentable. Elle-même ne l’est pas car elle ne peut pas vivre sans l’intervention des pouvoirs publics. N’est-ce pas paradoxal ?

« On l’a dit, il y avait sur notre territoire une carence au niveau des structures d’aide à la création d’entreprise. On a donc créé LME, dans le giron d’une intercommunale qui a un rôle de développeur de l’économie régionale. Il s’agit là clairement d’une mission d’utilité publique. Cela signifie que si on ne travaillait pas avec des fonds publics (européens et wallons), on ne pourrait pas proposer les mêmes services aux mêmes tarifs, c’est-à-dire essentiellement la gratuité. Nous ne sommes pas subsidiés, en tant que tel. Nous bénéficions de recettes publiques pour des services publics que nous rendons. Ce n’est pas un caprice littéraire ou lexical ! Nous remplissons des missions, nous menons à bien des projets et, lorsqu’ils sont performants et acceptés par la Wallonie et l’Europe, nous sommes partiellement remboursés (+/-70%) des dépenses exposées. Nous gérons en fait une PME qui a des recettes publiques. Il n’est pas question pour nous de rentabilité mais plutôt d’équilibre. Le gros boulot à notre niveau, et j’insiste là-dessus, c’est d’aller capter des fonds publics avec des projets crédibles et performants ».   

Infos complémentaires : www.lme.be / www.coworkfactory.be / www.creazoom.be

                                                                                                                                                Michel Bellefontaine