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Mémoire de Patrimoine est une jeune société dont les locaux se trouvent au parc Initialis, dans l’incubateur d’entreprises technologiques de l’IDEA. L’entreprise est spécialisée dans les relevés de précision par laser des bâtiments et objets d’art. Il s’agit d’une activité de niche, porteuse d’espoir de développement, et que commence à connaître et à apprécier ses clients ; les architectes, bureaux d’études, musées et organismes travaillant sur le patrimoine.  

Photo: Mémoire de Patrimoine

Photo: Mémoire de Patrimoine

L’idée de porter Mémoire de Patrimoine sur les fonts baptismaux émane de Jean-Pierre GODEFROID. Une exposition réalisée il y a 3 ans au Grand-Hornu, et qui aborde la technologie de mémorisation du patrimoine architectural, lui sert de déclic. Un tour d’horizon des acteurs européens actifs dans ce domaine le conforte ensuite dans sa volonté. Cette niche étant libre en Belgique, let’s go ! Aujourd’hui, une équipe de 4 personnes constitue le noyau de la TPE, auquel s’ajoutent des collaborateurs extérieurs en fonction des besoins. Architectes, historiens de l’art, ingénieurs géomètres, dessinateurs d’architecture et infographistes sont les profils utiles pour ce passionnant boulot. 

Document: Mémoire de Patrimoine. Etude de déformations.

Document: Mémoire de Patrimoine. Etude de déformations.

 » Notre core-business, nous dit le président fondateur et administrateur délégué, Jean-Pierre GODEFROID, c’est le relevé de haute précision, que ce soit sur des édifices architecturaux ou sur des objets d’art. Nous travaillons essentiellement par la technique laser qui peut être complétée par de la photogrammétrie. Pour imager mes propos, ce que nous faisons, c’est prendre des empreintes digitales qui nous permettront de restituer nos cibles en 2 ou 3 dimensions ». 

Analyses de structures et réalité augmentée

La société a investi dans son propre matériel qu’elle a adapté à ses activités. Les relevés qu’elle réalise sont utilisés pour établir des plans, des coupes, des façades, de manière extrêmement précise. Son travail peut déboucher aussi sur de l’analyse de structures. Jean-Pierre GODEFROID. « En scannant un bâtiment dont on connaît les plans de départ, on peut relever des éventuelles déformations. Les millions, voire milliards, de points fournis par notre laser ne laissent passer aucun détail. Tout cela constitue une source d’information importante pour les ingénieurs qui peuvent visualiser en 3 D des déformations, des fissures, des murs qui ont bougé, … et prévoir ainsi les corrections nécessaires ».

La réalité augmentée est une autre tâche que peut effectuer Mémoire de Patrimoine sur un édifice. La technique consiste à redessiner, sur base de documents anciens ou d’hypothèses historiques, des éléments d’un bâtiment qui ont disparu. Ces éléments et les relevés sur les parties existantes sont ensuite mis ensemble pour reconstituer l’édifice tel qu’il était à l’origine. D’impressionnantes visites virtuelles sont aussi proposées aux clients. 

De beaux projets comme cartes de visite

La clientèle de la société est à la fois privée et publique, bruxelloise et wallonne. Le Hainaut n’est pas encore significatif dans son chiffre d’affaires, même si elle peut faire valoir de belles références, comme le Beffroi et l’Hôtel de Ville de Mons, ou encore le projet de la maison « Losseau », toujours à Mons, digitalisée en vue d’une restauration à l’identique. 

Dans un contexte de crise économique, l’entreprise montoise est d’un optimisme pondéré quant à ses perspectives. Jean-Pierre GODEFROID. « On souhaite évidemment que la conjoncture s’améliore. Nous misons aussi sur les architectes qui découvrent peu à peu notre pratique relativement novatrice. Il nous appartient de convaincre de l’intérêt de nos techniques par rapport aux relevés traditionnels. Ça commence à prendre mais c’est un travail de fond ».

Document: Mémoire de Patrimoine

Document: Mémoire de Patrimoine

Mémoire de Patrimoine commence à travailler dans le nord de la France et envisage des pistes de croissance à l’exportation, dans les pays voisins. L’entreprise place aussi beaucoup d’espoirs dans le développement de l’autre versant de son activité ; le travail de valorisation multimédias des œuvres muséales. La modélisation des collections du Grand Cursus, à Liège, est en cours et notre interlocuteur compte bien utiliser cette carte de visite pour ouvrir d’autres portes.

                                                                                                                Michel Bellefontaine 

Cet article a été publié dans le magazine économique « B2Hainaut » de mars 2013. http://www.hainaut-developpement.be/publications/b2h21.php?page=12

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C’est une histoire comme on les aime, relativement classique dans l’univers des entrepreneurs de la construction mais remarquable par sa longévité. En 1896, le patriarche de la famille De Poorter démarre son activité, en Flandre, avec une brouette et une pelle. Quelques temps plus tard, il passe au cheval et au charriot puis, peu à peu, la mécanisation fait son apparition. Aujourd’hui, après 117 ans d’existence, la famille est propriétaire d’un groupe qui totalise quelque 630 personnes, actives en Belgique, aux Pays-Bas et en France. La spécialité du Groupe MONUMENT, c’est la restauration de bâtiments historiques. Le passé se conjugue donc au présent pour des ouvriers talentueux et passionnés dont le savoir-faire remet en valeur notre illustre patrimoine.

Photo: Notre Dame à la Rose

Photo: Notre Dame à la Rose

La maison-mère MONUMENT VANDEKERCKHOVE est implantée à Ingelmunster. Le groupe comporte aussi des entités à Brasschaat, à Rouen où il a repris une société âgée de 236 ans, et à Tournai, tête de pont pour la Wallonie. Une entreprise générale démarre actuellement en Hollande et plusieurs autres sites apportent leur appui, en sous-traitance, dans des domaines spécifiques comme le parachèvement, le matériel et la logistique ou encore des activités de recherche et de conseil. Depuis longtemps le Hainaut est important pour le groupe. Ghislain CLAERBOUT, administrateur délégué de MONUMENT HAINAUT : « Tournai n’est pas très loin d’Ingelmunster et MONUMENT est présent dans la région depuis la fin des années 70. Au début, nous étions à Mouscron, nous avons déménagé ensuite vers un terrain de la Zone Tournai Ouest et, depuis 2009, nous sommes dans ces locaux de Marquain. Nous possédons aussi, toujours à Tournai, un site de plus de 3 ha où nous avons décidé, il y a 5 ans, de rassembler toutes les menuiseries du groupe. 8000 m² d’ateliers et 700 m² de bureaux sont dédiés à cette activité essentielle. L’investissement de 6,5 millions d’€ est le plus important réalisé jusqu’ici par le Groupe MONUMENT ».  

Photo: Notre Dame à la Rose

Photo: Notre Dame à la Rose

Une main-d’œuvre qui met ses mains à l’œuvre

L’implantation en Hainaut s’explique par des éléments géographiques (position centrale, moyens de communication aisés, proximité de la Flandre, de Bruxelles et de la France), historiques (proche du berceau flamand des fondateurs) et patrimoniaux (Tournai est une ville chargée d’histoire). Mais une autre motivation a également donné sa pleine mesure à l’heure du choix ; la disponibilité des compétences nécessaires en termes d’ouvriers spécialisés. « Nous employons ici plus de 100 personnes et nous avons besoin d’une main-d’œuvre bien formée », nous explique Ghislain CLAERBOUT. « A Tournai, nous avons la chance de disposer de 2 bonnes écoles pour les métiers de la menuiserie et de l’ébénisterie ; Saint-Luc et Don Bosco. Nous puisons nos collaborateurs dans ce vivier. En ce qui concerne les charpentiers, comme il n’existe pas d’école spécifique, nous formons en interne, en utilisant la technique du trinôme ; un maître charpentier expérimenté travaille avec un ouvrier de 4/5 ans de métier et avec un débutant. Nous assurons ainsi une continuité dans le savoir-faire ». Pour les tailleurs de pierre, la démarche est encore plus poussée puisque l’entreprise a créé sa propre école. Celle-ci ne fonctionne pas tout le temps mais ouvre des sessions quand c’est nécessaire pour renouveler ou rajeunir la main-d’œuvre. « En tant qu’employeur, nous avons la responsabilité d’assurer la continuité du carnet de commande. Nous devons par conséquent être attentifs à la bonne adéquation entre nos commandes et le personnel formé et disponible pour assumer le travail. C’est pour cela que MONUMENT HAINAUT est une société à croissance lente. Notre chiffre d’affaires (environ 12 millions d’€ en 2012) évolue de 10 à 15% par an, pas plus. De cette manière, nous pouvons assurer nos engagements ».

Diversification avec des PPP   

MONUMENT HAINAUT a travaillé sur quelques bâtiments emblématiques de notre province. On peut citer, entre autres ; la Cathédrale et le Beffroi de Tournai, l’Hôpital Notre-Dame à la Rose de Lessines, l’Abbaye d’Aulne ou encore l’Ecomusée de Bois-Du-Luc. Dans le cadre de Mons 2015, capitale européenne de la Culture, la société aura prochainement quelques autres chantiers de rénovation. Elle est active également en Wallonie et à Bruxelles et tente de pénétrer le marché français, tout proche. « Notre business dépend  majoritairement (à 70-80%) d’investissements publics », précise encore Ghislain CLAERBOUT. « Nous comptons toujours sur ces investissements mais nous savons aussi qu’en cette période de crise qui perdure, ils sont hélas revus à la baisse. Nous devons donc nous adapter. C’est pour cela que nous avons conclu 2 contrats PPP (Partenariat Public-Privé). A Chapelle-lez-Herlaimont, nous avons débuté un beau chantier de construction-rénovation sur un ancien site industriel. L’objectif, compliqué par des lourdeurs administratives, est de créer du logement, public et privé, et des espaces de bureaux. Un autre projet important est la transformation de « La Chartreuse », à Liège, en Maison de repos ».   

Photo: Notre Dame à la Rose

Photo: Notre Dame à la Rose

MONUMENT HAINAUT a décroché à Paris un gros chantier (4,7 millions d’€) de confection et de placement de châssis. Il s’agit ici d’un contrat avec un privé qui va transformer l’ancien hôpital LAENNEC en appartements. Le bâtiment classé implique que les châssis soient refaits à l’identique. C’est l’une des spécialités de l’entreprise belge qui compte beaucoup sur ce travail pour faire connaître et reconnaître ses talents chez nos voisins. « Nous exerçons des métiers passionnants qui nous obligent à être curieux, à être ouverts sur la culture, le patrimoine, les matériaux et les techniques anciennes de construction », nous confie en conclusion Ghislain CLAERBOUT. « On rencontre des interlocuteurs enthousiastes et chaque chantier est valorisant, même si certains peuvent être très compliqués. Prenons en exemple la rénovation des 5 clochers de la Cathédrale de Tournai. Nous devrons installer 17.000 m² d’échafaudages et travailler à 86 m de haut. C’est hors norme, c’est un défi humain et technique que seuls des artisans passionnés peuvent assumer ».    

                                                                                                                Michel Bellefontaine

Une version plus courte de cet article a été publiée dans le magazine économique « B 2 Hainaut » de mars 2013. http://www.hainaut-developpement.be/publications/b2h21.php?page=12

Ce mardi 5 février 2013, les Députés fédéraux, Olivier Destrebecq (MR) et Laurent Devin (PS) ont interpellé, le Secrétaire d’Etat en charge de la Régie des Bâtiments à propos des travaux du lavoir de Péronnes-lez-Binche, arrêtés depuis deux ans, en raison d’impératifs budgétaires.

En Commission des Finances, Servais Verherstraeten (CD&V) a affirmé que le chantier reprendrait dans le courant du mois de mai 2013. Les travaux consisteront à aménager l’intérieur du bâtiment dont la toiture, les bétons extérieurs et les châssis ont été rénovés lors de phases précédentes. Ils devraient durer environ 400 jours ouvrables, ce qui mène à une possible inauguration en mai ou juin 2014 (période pré-électorale !).

Le Secrétaire d’Etat a également réaffirmé la volonté de 4 institutions scientifiques fédérales de s’installer dans le bâtiment réhabilité ; l’Institut des Sciences naturelles-services géologique et paléontologique, les Musées Royaux d’Art et d’histoire, les Musées Royaux des Beaux-Arts et la Bibliothèque Nationale.

lavoir 2

En outre, le Secrétaire d’Etat a mentionné la possibilité d’une acquisition du lavoir par la Régie des Bâtiments, à la fin des travaux (financement sur 10 ans). Une réflexion poussée, avec une vision à long terme, est en tous cas menée sur la question du coût budgétaire.

Le patrimoine architectural, industriel et emblématique, aux portes de Binche,  est donc bel et bien voué à une seconde vie. 

                                                                                               Michel Bellefontaine