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Porté par l’académie universitaire Wallonie-Bruxelles, le CMMI, Centre de Microscopie et d’Imagerie Moléculaire, concrétise la volonté de 2 universités, l’ULB et l’UMONS, de mutualiser et de compléter leurs équipements en imagerie, de manière à augmenter leur potentiel de recherche et à offrir une plateforme attractive, tant pour les entreprises que pour les centres de recherches. Le CMMI est une success story dont l’idée a germé dans l’esprit des Pr. Robert MULLER (UMONS) et Michel GOLDMAN (ULB).

« Nous étions en voyage à l’étranger, explique Robert MULLER actuel directeur scientifique du CMMI, et on discutait comme le font régulièrement les scientifiques, de nos rêves et frustrations. On est assez rapidement arrivé à formuler le rêve suprême qui serait d’avoir une plateforme d’imagerie préclinique où on réunirait toutes les méthodologies modernes et toutes les compétences. »

Photo: CMMI

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Quelques années plus tard, ce rêve devient réalité. L’outil multidisciplinaire de pointe, dédié à la recherche biomédicale, est opérationnel depuis novembre 2011, au sein du Biopark Charleroi Bruxelles South dont il constitue l’un des emblèmes. L’investissement, tant pour les locaux que pour les équipements et l’engagement de personnel se monte à quelque 20 millions d’€, cofinancés à hauteur de 15 millions d’€ par le fonds européen FEDER et par la Wallonie.

Unique en Europe

Le CMMI est unique en Belgique et même en Europe car il regroupe, et c’est cela sa grande force, un maximum de technologies, d’équipements ultramodernes et de savoir-faire sur un même site. « Pour créer le CMMI – nous précise Dominique DEMONTE, directeur des partenariats – nous sommes partis du constat que si nous voulions être compétitifs en recherches dans le domaine biomédical, nous devions absolument avoir accès à des techniques d’imagerie nous permettant de faire ce que l’on appelle de l’imagerie fonctionnelle. Nous avons donc regroupé toute une série d’équipes actives dans l’imagerie et nous avons complété l’équipement existant par des acquisitions exceptionnelles, concrétisées grâce aux fonds FEDER. Cet argent nous a permis de constituer une masse critique et de structurer notre organisation, dans l’environnement particulièrement porteur du Biopark. »

Le CMMI emploie à ce jour quelque 70 personnes, dont 17 sont engagées via les fonds publiques. Les disciplines représentées au centre sont très larges puisqu’il est interuniversitaire et interfacultaire. Des physiciens, médecins, biologistes, chimistes, ingénieurs ou encore mathématiciens s’y côtoient chaque jour. L’interdisciplinarité est une importante vertu du CMMI.

Photo: CMMI

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In vivo… veritas !

Le CCMI offre un très large éventail d’instrumentations et de méthodologies adaptées, s’étendant de la microscopie électronique à l’imagerie in vivo. Il propose aux industriels et aux laboratoires académiques des outils et des services de qualité ainsi que des modules de formation spécifiques à l’utilisation de ses équipements. Le centre est formé de 2 grandes composantes que nous explique le Pr Serge Goldman, responsable de l’axe imagerie.

 «  Le CMMI comprend une composante d’évaluation préclinique in vivo et un autre in vitro. In vitro, c’est celle avec laquelle on évalue les tissus ex vivo. On effectue des prélèvements de tissus sur lesquels nous menons ensuite des investigations extrêmement précises. Nous travaillons également in vivo, c’est-à-dire que nous avons la capacité d’obtenir des images sur des animaux qui sont indemnes et simplement anesthésiés. L’avantage est de pouvoir obtenir des infos biochimiques sur le fonctionnement des organes et des tissus, sans devoir sacrifier l’animal, et de tester ensuite sur le même animal l’effet d’un médicament, par exemple, sur différentes périodes. » 

Photo: CMMI

Photo: CMMI

Un potentiel prometteur

Le CMMI travaille pour le monde académique mais aussi pour les entreprises. Il collabore avec une trentaine d’entre elles et, à ce titre, son implantation sur le Biopark est un sérieux atout. Ce n’est pas Dominique DEMONTE, également directeur du Biopark qui nous démentira. « Le Biopark est un écosystème dans la mesure où il représente la chaîne complète de l’innovation scientifique. Nous participons à la création d’entreprise et les aidons par la suite à se développer.»

Depuis sa création, le CMMI a mis en place 180 partenariats et plus de 200 publications scientifiques ont honoré ses travaux. Ce bulletin devrait encore s’embellir à l’avenir puisque le centre d’imagerie de Charleroi est désormais éligible aux importants programmes européens relatifs aux infrastructures de recherche. Sa crédibilité est inversement proportionnelle à la taille des cellules qu’il observe chaque jour.  

                                                                                                               Michel BELLEFONTAINE

Cet article a été publié dans le magazine économique « B2 Hainaut » de juin 2014

NANOLAC est un projet initié lors du programme transfrontalier européen INTERREG III, qui s’est poursuivi entre 2007 et 2013 et qui devrait également bénéficier d’un nouveau soutien entre 2014 et 2020. Le projet est porté par le centre de recherche Materia Nova, situé sur le Parc Initialis, à Mons.

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Materia Nova a été initié par les aides européennes, « Objectif 1 ». Le centre de recherche était alors une activité renforcée de l’Université de Mons pour le service à la société, l’une des 3 missions de l’institution avec l’enseignement et la recherche.

Lors du « Phasing Out », l’Europe a exigé que des structures propres portent les divers projets subsidiés. Materia Nova est ainsi devenu une asbl indépendante, en 2000, tout en conservant un lien très étroit avec l’université dont un professeur agit comme directeur scientifique pour tout projet.

« Convergence », le plan d’aides actuel, a renforcé l’activité de Materia Nova vers les entreprises et a favorisé son ouverture à l’étranger, concrétisée par des partenariats avec des centres similaires au Pays Basque et en Allemagne.  

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MABIOLAC puis NANOLAC 

NANOLAC est un projet qui a débuté en 2003 (sous l’appellation MABILOAC), grâce aux fonds INTERREG III. L’opérateur chef de file est Materia Nova, avec l’appui du service du professeur Philippe DUBOIS. Les partenaires transfrontaliers complémentaires sont l’Ecole Nationale Supérieure de Chimie de Lille et l’Ecole Nationale Supérieure des Arts et Industries Textiles de Roubaix. Il faut encore ajouter 3 partenaires associés, soit des entreprises donnant un avis industriel sur les recherches ; NANOCYL à Sambreville, COUSIN Biotech à Wervicq et MECAPLAST à Lens, en France.

Karl BERLIER, chef de projet, précise la teneur de cette recherche centrée sur le domaine des plastiques. « Le principe du projet, c’est d’utiliser les ressources naturelles locales pour faire des plastiques. On vise ainsi à réduire progressivement notre dépendance à la pétrochimie, tout en concevant des matières durables. »

Tout a démarré d’un brevet déposé par le prof. Philippe DUBOIS, mis en œuvre dans les labos de Materia Nova, avant un transfert technologique vers l’entreprise GALACTIC à Escanaffles, où il est passé à l’échelle de production. Explication didactique de Karl BERLIER. «  On part d’une ressource naturelle locale qui contient du sucre (maïs, betteraves, pommes-de-terre, …). On extrait ce sucre et on le fermente pour faire de l’acide lactique. La suite du processus consiste à traiter chimiquement les molécules d’acide lactique pour obtenir une poudre (le lactide) qui devient l’élément de base du futur plastique. En associant cet élément à d’autres, on aboutit à des granules semblables à celles issues de la pétrochimie. »

Une carotte de maïs devient granules de plastique dont on peut produire des fils qui deviendront des textiles à usages divers. NANOLAC est résumé en une seule photo.

Une carotte de maïs devient granules de plastique dont on peut produire des fils qui deviendront des textiles à usages divers. NANOLAC est résumé en une seule photo.

Recyclage

L’énorme avantage des nouvelles granules est un impact nettement moindre sur l’environnement (pas de pétrole ni de solvant). De plus, alors que le produit est biodégradable, on peut dire qu’il est désormais également recyclable. En effet, une joint-venture entre GALACTIC et TOTAL Petrochemicals, créant la société FUTERRO, a déposé un brevet de récupération des plastiques en fin de vie, de traitement chimique, puis de réinjection dans le cycle pour faire … un nouveau plastique. La boucle est bouclée grâce à ce brevet baptisé LOOPLA.

Un appuie-tête pour appuyer la recherche

En cette fin de cession de recherche, NANOLAC (budget: 1.804.300 €) a abouti à la création d’un démonstrateur, soit un produit à présenter aux entreprises, en vue de sa production. Ce démonstrateur est un appuie-tête non-tissé destiné aux transports à longues distances (cars de tourisme, TGV, avions). Pour le développer, Materia Nova s’est adjoint les services du Centre Européen de Textile Innovant, basé à Tourcoing.  « Dans les derniers mois de l’actuel programme, nous explique Karl BERLIER, on va ajouter 2 fonctions importantes à notre démonstrateur; une fonction antibactérien et des propriétés de résistance au feu. Pour le futur, c’est-à-dire INTERREG V, nous serons candidat avec un projet qui s’appellera DURALAC, de manière à associer lactide et durabilité. Avec notre démonstrateur, nous sommes pour l’instant sur un produit fonctionnel mais à courte durée de vie. Nous voulons désormais nous lancer vers des produits composites durables, traçables et donc plus facilement recyclables puisque nos procédés le permettent déjà. »

                                                                                                                       Michel BELLEFONTAINE

Cet article a été publié dans le magazine économique de la Province de Hainaut « B2Hainaut » de janvier 2014.